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Actualités - Reportages

PROSTITUTION - Marché aux esclaves d’Est-Européennes - Moldaves aux enchères

Mises aux enchères à 300 ou 400 DM (150 à 200 dollars), elles défilent devant les trafiquants d’un discret marché aux esclaves des temps modernes, à la frontière roumano-yougoslave, avant d’être sélectionnées pour les bordels occidentaux. Par dizaines, Moldaves, Roumaines, Bulgares, Russes ou Ukrainiennes sont livrées, au fil des mois, par des trafiquants roumains à leurs collègues serbes à Novi Sad, près de la frontière roumaine, en Yougoslavie, avant d’être convoyées clandestinement, via l’Albanie, vers les opulents pays européens, explique le lieutenant-colonel Tonin Vocaj, chef du service central albanais de lutte contre la traite des êtres humains. «L’Albanie, déclare l’officier supérieur albanais qui a participé le mois dernier à Prague au séminaire européen sur la traite des femmes d’Europe centrale, est essentiellement, pour ces futures prostituées, un pays de transit sur la route qui les mènera, par mer, vers l’Italie». L’itinéraire albanais n’est en fait que l’une des nombreuses pistes par lesquelles les jeunes Européennes de l’Est sont acheminées vers les pays occidentaux. L’Italie est souvent la première étape avant un transfert vers les maisons closes ou les trottoirs des pays voisins. Au début de l’itinéraire, les trafiquants roumains ramassent par exemple les Moldaves à Chisinau puis les convoient vers Bucarest après leur avoir promis l’eldorado. Le périple continuera vers Timisoara (Roumanie), sur le chemin menant à la ville yougoslave proche de Novi Sad, dit le lieutenant colonel. «Commence alors l’enfer, selon l’officier qui cite les témoignages de dizaines de victimes récupérées par la police albanaise. À Novi Sad, les filles sont dénudées sur ordre des convoyeurs roumains qui les proposent aux trafiquants serbes au prix plancher de 300 à 400 DM dans ce marché aux esclaves. Scrutées dans le moindre détail telles des bêtes, elles seront finalement vendues au prix moyen de 1 000 DM». Une mise en condition marquée par des viols répétés durant plusieurs jours en Serbie suivra cette vente avant que le voyage reprenne vers l’Albanie, toujours clandestinement. Les victimes se retrouvent au Monténégro, à la frontière avec l’Albanie qu’elles franchissent illégalement avec leurs nouveaux maîtres. Les proxénètes albanais payeront chacune au prix moyen de 1 500 DM. Le périple entre la Roumanie et l’Albanie aura duré quelque 15 jours. Après une nouvelle mise en condition, les filles seront transportées de nuit à bord de zodiacs ou canots pneumatiques vers les côtes italiennes afin d’être affectées vers leurs nouveaux lieux de travail. Pour le lieutenant-colonel Vocaj, il est difficile d’établir des statistiques sur ce trafic. Il se montre optimiste quant à la lutte contre cette criminalité en raison notamment du «soutien sans réserve» de policiers italiens présents en Albanie dans deux bases, à Dures et sur l’île de Sazan près du port de Vlora. Il cite ainsi la plus vaste opération policière en cours depuis novembre, qui a permis déjà la saisie de 25 hors-bord et l’arrestation de dizaines de trafiquants albanais.
Mises aux enchères à 300 ou 400 DM (150 à 200 dollars), elles défilent devant les trafiquants d’un discret marché aux esclaves des temps modernes, à la frontière roumano-yougoslave, avant d’être sélectionnées pour les bordels occidentaux. Par dizaines, Moldaves, Roumaines, Bulgares, Russes ou Ukrainiennes sont livrées, au fil des mois, par des trafiquants roumains à leurs collègues serbes à Novi Sad, près de la frontière roumaine, en Yougoslavie, avant d’être convoyées clandestinement, via l’Albanie, vers les opulents pays européens, explique le lieutenant-colonel Tonin Vocaj, chef du service central albanais de lutte contre la traite des êtres humains. «L’Albanie, déclare l’officier supérieur albanais qui a participé le mois dernier à Prague au séminaire européen sur la traite des femmes d’Europe...