Le Premier ministre israélien sortant, Ehud Barak, a tenté hier de couper court aux rumeurs insistantes selon lesquelles il songeait à se désister au profit de Shimon Peres comme candidat travailliste au poste de Premier ministre lors de l’élection du 6 février. Il était toutefois très improbable que ce démenti suffise pour mettre fin aux pressions croissantes qui s’exercent actuellement sur lui pour l’inciter à se retirer de la course en raison des sondages désastreux qui prédisent sa déroute face au candidat de la droite, Ariel Sharon. Pour sa part, le Likoud, le parti de M. Sharon, a affirmé que le remplacement de M. Barak par M. Peres ne changerait rien, les Israéliens rejetant la politique que symbolise l’ancien Premier ministre et prix Nobel de la paix 1994. «M. Barak n’abandonnera la course dans aucun cas de figure», a déclaré la présidence du Conseil dans un communiqué, accusant certaines personnes, non identifiées, de se livrer à de la «désinformation». Il s’agissait d’une référence à une information de la télévision israélienne selon laquelle ses collaborateurs les plus proches et les membres de sa famille auraient appelé le Premier ministre démissionnaire à se retirer et à faire place à M. Peres «dans l’intérêt de la paix». La loi électorale israélienne donne à un candidat au poste de Premier ministre la possibilité de se retirer jusqu’à quatre jours avant l’ouverture du scrutin. M. Barak a donc jusqu’au vendredi 2 février à 07h00 heure locale pour changer d’avis. Les pressions sur M. Barak pour qu’il jette l’éponge résultent de la désaffection croissante de l’opinion publique à son égard, son retard sur M. Sharon dans les intentions de vote ne cessant de se creuser de semaine en semaine au point de prendre des allures vertigineuses. Les deux plus récents sondages, publiés vendredi, chiffraient cet écart à 18 points (50 % des intentions de vote contre 32 %) et à 28 points (50 % contre 22 %). Or, la situation n’a fait que s’aggraver depuis pour M. Barak, ses derniers espoirs d’une percée dans les négociations avec les Palestiniens s’étant définitivement envolés, comme en témoigne le report sine die de la mission de la dernière chance que devait effectuer l’émissaire américain Dennis Ross. Ce qui donne à réfléchir aux membres du Parti travailliste de M. Barak, c’est qu’à en croire le sondage Gallup publié vendredi par le Yediot Aharonot, M. Peres, l’artisan des accords d’Oslo sur l’autonomie palestinienne, aurait, pour sa part, une chance réelle de l’emporter sur M. Sharon, puisqu’il est crédité de 49 % des intentions de vote, contre 44 % au leader du Likoud. De plus, 62 % des Israéliens se disant prêts à voter pour M. Barak admettaient aussi qu’ils souhaiteraient voir M. Barak céder la place à M. Peres. M. Barak était parvenu en décembre à bloquer une candidature de M. Peres, 77 ans, en arguant du fait qu’elle risquait de diviser la gauche et de faire le jeu de M. Sharon, 72 ans. Dans l’entourage de M. Barak, on fait remarquer avec un certain mépris que M. Peres a toujours été donné par les sondages vainqueur d’élections qu’il a ensuite systématiquement perdues. Il n’empêche que la pression s’intensifie. Mais le conseiller de politique étrangère de M. Sharon, Zalman Shoval, a estimé mercredi qu’une entrée en lice de M. Peres n’aurait pas d’incidence, dans la mesure, a-t-il dit, où il personnifie des politiques qui ont échoué : «Oslo, le nouveau Proche-Orient, son accord avec (le président palestinien Yasser) Arafat pour arrêter la violence». «La plupart des électeurs israéliens veulent voir des hommes d’expérience» au pouvoir, «que ce soit Sharon ou peut-être Peres, mais Peres est identifié à ses politiques et il perdrait donc face à M. Sharon tout comme M. Barak va probablement perdre face à M. Sharon», a-t-il assuré. Un duel Sharon-Peres serait en tout cas le premier duel pour le pouvoir dans l’histoire d’Israël entre deux septuagénaires.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre israélien sortant, Ehud Barak, a tenté hier de couper court aux rumeurs insistantes selon lesquelles il songeait à se désister au profit de Shimon Peres comme candidat travailliste au poste de Premier ministre lors de l’élection du 6 février. Il était toutefois très improbable que ce démenti suffise pour mettre fin aux pressions croissantes qui s’exercent actuellement sur lui pour l’inciter à se retirer de la course en raison des sondages désastreux qui prédisent sa déroute face au candidat de la droite, Ariel Sharon. Pour sa part, le Likoud, le parti de M. Sharon, a affirmé que le remplacement de M. Barak par M. Peres ne changerait rien, les Israéliens rejetant la politique que symbolise l’ancien Premier ministre et prix Nobel de la paix 1994. «M. Barak n’abandonnera la course dans aucun cas...