Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Voile - Vendée Globe - Desjoyeaux, derniers milles dans le Pacifique

Michel Desjoyeaux (Fra/PRB) était au milieu des îlots de la pointe de l’Amérique du Sud et s’apprêtait à doubler le cap Horn dans la soirée d’hier en heure de Beyrouth, continuant de mener la course à la voile du Vendée Globe au moment d’entrer dans l’océan Atlantique. Desjoyeaux progresse vers cet endroit mythique dans un vent d’ouest très variable. Le leader de ce tour du monde en solitaire sans escale ni assistance doit notamment faire face à de nombreux grains. «Pour mon ETA (heure estimée d’arrivée), je ne sais pas trop encore... Les conditions ne cessent de changer», a avoué Michel Desjoyeaux. «Ce sont les incertitudes de la météo ! Dans quelques heures, je devrais voir la terre car je vais passer à moins de 30 milles. Je vais aussi voir mes premiers Terriens depuis deux mois puisque je n’ai même pas croisé d’autres concurrents», a ajouté le skipper de PRB. «Le Cap Horn va me faire passer dans l’Atlantique. J’ai vraiment l’impression qu’il y a une barrière pour passer d’un océan à l’autre, c’est des sensations bizarres, parfois c’est physique et rationnel et parfois c’est plutôt sensuel et intuitif». «C’est assez abstrait, mais même si c’est toujours de l’eau salée, elle n’est pas la même d’un océan à l’autre», a encore commenté le navigateur breton, en s’attendant à trouver autre chose dans l’Atlantique. Le Pacifique, on a l’impression que c’est plus calme et qu’il porte bien son nom. L’Indien, il porte également bien son nom, on a l’impression qu’il a des flèches plein son carquois. Il y a plus d’oiseaux, d’animaux et d’îles». Un cap annonciateur de victoire Les vainqueurs des trois éditions précédentes du Vendée Globe – Titouan Lamazou, Alain Gautier et Christophe Auguin - avaient tous les trois viré le Cap Horn en tête. Michel Desjoyeaux est le premier à atteindre cette performance sans jamais avoir accompli auparavant une course autour du monde en solitaire. Contrairement à lui, ses prédécesseurs n’étaient pas des novices en la matière. Pourtant, le double vainqueur de la Solitaire du Figaro sait que rien n’est joué et préfère rester prudent. Il reste encore un tiers de parcours à effectuer, soit 7 000 milles (13 104 km) pendant lesquels beaucoup de choses peuvent se produire. Lors de l’édition 1992-1993, Philippe Poupon avait démâté pendant la remontée de l’Atlantique. Il y a quatre ans, Bertrand de Broc avait perdu la quille de son bateau dans le golfe de Gascogne. Depuis le démâtage, le 17 décembre dernier, du voilier Aquitaine Innovations d’Yves Parlier, Michel Desjoyeaux a passablement levé le pied afin de préserver son bateau. «Dans le Grand Sud, j’aurais été prudent et au ralenti. J’avais deux autres critères qui me guidaient : ne pas descendre trop au sud pour éviter les glaces et ne jamais prendre une dépression à l’envers car nous n’avons pas des bateaux faits pour le près», a insisté Michel Desjoyeaux. Derrière le leader, Ellen Mac Arthur (GBR/KingFisher) reste deuxième. Après avoir rattrapé un peu de retard, elle a vu son handicap croître dans la matinée d’hier, étant pointée à 602 milles du premier. Même constat pour Roland Jourdain (Fra/Sill), troisième à 839 milles. Ces deux skippers ne seront pas tout de suite opérationnels en arrivant dans l’Atlantique car il leur faudra réparer des voiles (pour Mac Arthur) et le gréement (pour Jourdain). À la quatrième place, Marc Thiercelin (Fra/ActiveWear) s’est sérieusement rapproché de Jourdain (à 12 milles) et il n’est pas du tout impossible de retrouver le skipper de La Rochelle mieux placé dès les premiers jours de la remontée de l’Atlantique. À noter que Desjoyeaux, en passant le cap Horn au 63e jour de navigation, aura été le plus rapide entre les Sables-d’Olonne (port de départ et d’arrivée du Vendée Globe) et le Horn. Il lui restera 7114 milles à couvrir pour rejoindre l’arrivée. Pour parcourir cette distance, Titouan Lamazou (Fra/Ecureuil d’Aquitaine 89) et Alain Gautier (Fra/Bagage Superior 93) avaient mis 34 jours, tandis que Christophe Auguin (Fra/Géodis 97) en avait mis 38.
Michel Desjoyeaux (Fra/PRB) était au milieu des îlots de la pointe de l’Amérique du Sud et s’apprêtait à doubler le cap Horn dans la soirée d’hier en heure de Beyrouth, continuant de mener la course à la voile du Vendée Globe au moment d’entrer dans l’océan Atlantique. Desjoyeaux progresse vers cet endroit mythique dans un vent d’ouest très variable. Le leader de ce tour du monde en solitaire sans escale ni assistance doit notamment faire face à de nombreux grains. «Pour mon ETA (heure estimée d’arrivée), je ne sais pas trop encore... Les conditions ne cessent de changer», a avoué Michel Desjoyeaux. «Ce sont les incertitudes de la météo ! Dans quelques heures, je devrais voir la terre car je vais passer à moins de 30 milles. Je vais aussi voir mes premiers Terriens depuis deux mois puisque je n’ai...