Le rachat de TWA par American Airlines marque la fin d’une des compagnies pionnières de l’aviation commerciale mondiale qui avait fait ses débuts, sous ce nom, en 1930. Tout comme la PanAm, la doyenne du voyage en avion, fondée en 1927 et qui avait cessé de voler en décembre 1991, Trans World Airways (TWA), la huitième compagnie américaine, a mal vécu la libéralisation du transport aérien à la fin des années 1970 aux États-Unis. Née de la fusion de Western Air Express et de Transcontinental Air Transport le 1er octobre 1930, la TWA a commencé ses liaisons transcontinentales 25 jours plus tard. La durée du voyage était à cette époque de 36 heures avec une escale à Kansas City. La TWA a alors surtout rivalisé avec la PanAm pour être à la pointe de l’innovation dans le transport aérien, en étant la première à disposer de service d’hôtesses à bord (fin 1935) puis la seule à offrir des couchettes sur les vols intérieurs (juin 1937). En 1940, TWA innove en proposant à ses passagers d’écouter des émissions radiophoniques avec des écouteurs individuels. En 1949, le millionaire légendaire Howard Hughes rachète la compagnie aérienne et six ans après, le 5 février 1946, TWA fait son premier vol commercial transatlantique entre New York et Paris avec une escale à Terre Neuve. La PanAm avait été la première à offrir un tel service en mai 1939 entre New York et Marseille avec un arrêt à Lisbonne. La TWA a encore été la première à projeter des films en 1961, à avoir des vols sans escale sur le nouveau jumbo jet Boeing 747 en 1970 entre Los Angeles et New York et à offrir un service trans-Pacifique ainsi qu’un vol autour du monde en août 1969. En septembre 1985, le financier Carl Icahn, un des «raiders» les plus célèbres de l’époque, prend le contrôle de TWA, mais est contraint à vendre six routes à American Airlines entre les États-Unis et Londres pour éponger une partie de la dette. Engluée dans des difficultés financières, la compagnie procède, se place une première fois sous la protection de la loi (chapitre 11) sur les faillites en 1992 et, l’année suivante, Carl Icahn démissionne. En 1994, TWA boucle sa deuxième restructuration financière sous le Chapitre 11. Ses activités étant surtout concentrées sur les vols internationaux, la TWA n’a pas réussi à se tailler une part notable de l’important marché américain avec un réseau limité comparativement aux grandes compagnies. Au moment de son acquisition par American, deuxième transporteur mondial, la TWA se trouve une nouvelle fois en situation financière précaire et s’est placée une troisième fois sous la protection de la loi sur les faillites. La compagnie doit faire face à des créances de 100 millions de dollars dont une partie arrive à échéance dès la mi-janvier. TWA, qui emploie environ 20 000 personnes et exploite une flotte de 190 appareils, exclusivement des Boeing, à partir de son principal centre de correspondance de St-Louis (Missouri, centre), a accusé des pertes de 115 millions de dollars sur les neuf premiers mois de son exercice 2000, pour un chiffre d’affaires de 2,74 milliards de dollars. La compagnie a transporté 26,4 millions de passagers en 2000.
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