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Actualités - Reportages

Le patrimoine, un luxe en Palestine

La guerre qui dure depuis plus d’un demi-siècle en Palestine a causé la mort de milliers de personnes et met en péril le patrimoine culturel de ce pays. Les sites archéologiques sont fouillés «occasionnellement», les monuments religieux survivent car ils sont toujours utilisés, quant aux vieilles demeures et aux médinas, elles sont dans un état de dégradation avancée. Les Palestiniens vivant sur cette terre sont pauvres dans leur majorité. Ils cherchent en premier lieu un travail qui leur permettra de garder leurs maisons, et ne pensent jamais à y effectuer des restaurations. En fait, ils n’en ont pas les moyens et en temps de guerre, ceci n’est pas la préoccupation première des peuples. Les spécialistes de ce patrimoine se font beaucoup de soucis. «Du fait que les gens habitent toujours les centres-villes centenaires, le tissu urbain est conservé. Mais quand ils le quittent, le risque pour toute forme de conservation est considérable, souligne Dr Ahmad Abou el-Haija, architecte restaurateur et professeur à la faculté de la réhabilitation urbaine de l’université de Gaza. Exemple type de centre-ville historique abandonné, la vieille ville de Hébron qui était habitée, il y a quelques annéés, par plus de dix mille personnes qui assuraient la continuité des modes de vie et les traditions centenaires. Certes, l’architecture des lieux était endommagée par les constructions mais le tissu urbain était sauvé. Toutefois, depuis trois ans, date de la construction d’une colonie israélienne sur les hauteurs d’Hébron, la vieille ville n’est plus la même. Elle a été abandonnée par ses habitants. Aujourd’hui, seulement quatre cent personnes vivent entre les vieilles ruelles. «Cette “migration” est due en premier lieu aux vexations infligées aux Palestiniens par les soldats israéliens, explique Dr Abou el-Haija. Ces derniers sont postés à l’entrée de la vieille ville et fouillent tous les habitants à chaque entrée et sortie. Des mois de vexations et la vie devient impossible. Petit à petit, les occupants de la vieille ville l’ont abandonnée». Le déplacement de cette population a fait perdre à Hébron un patrimoine vivant. Les modes de vie à l’intérieur de la médina sont devenus maintenant des traditions mortes. En fait, le danger est si menaçant qu’une association a été créée, le comité pour la sauvegarde d’Hébron qui a pour mission d’inciter les habitants à retourner à leurs maisons dans la médina. Car il y a encore une chance de sauver ces traditions et ce mode de vie, mais plus le temps passe, plus elles s’oublient. Dans les autres villes palestiniennes, d’autres problèmes se posent. À Gaza, par exemple, le tissu urbain de la vieille ville est sauvegardé, mais c’est la dégradation des édifices qui pose problème. «La médina a été morcelée par le percement de routes. Et de vielles maisons ont été détruites pour être remplacées par des immeubles. En fait, à Gaza, la préservation des anciens bâtiments est confrontée à deux handicaps de taille. Le premier est le prix élevé des parcelles de terrain, et le second est l’expansion démographique. Les habitants de la vieille ville détruisent les anciennes demeures afin de construire des maisons à plusieurs étages pouvant abriter toute la famille», souligne Dr Abou el-Haija. C’est pour faire face à ces dévastations de la vieille ville, que la faculté de la réhabilitation urbaine a été créée à l’Université de Gaza. Elle a pour premier objectif d’assurer une documentation sur la vieille ville et de sensibiliser les gens à sa conservation. «Notre faculté a été créée grâce à une donation de 28 000 $ fournie par une Organisation non gouvernementale américaine. L’argent a suffi pour créer la faculté, équiper un laboratoire pour l’étude de la pierre et former 15 architectes sur la restauration des bâtiments, note Dr Abou el-Haija. Grâce à cette équipe, nous espérons pouvoir sauvegarder quelques édifices. Mais notre mission est dure à accomplir car les fonds ne sont pas avancés. Les autorités palestiniennes considèrent cette sauvegarde comme étant un luxe qu’elles ne peuvent pas s’offrir. En attendant la paix, la Palestine risque d’être dépouillée de ses plus beaux édifices.
La guerre qui dure depuis plus d’un demi-siècle en Palestine a causé la mort de milliers de personnes et met en péril le patrimoine culturel de ce pays. Les sites archéologiques sont fouillés «occasionnellement», les monuments religieux survivent car ils sont toujours utilisés, quant aux vieilles demeures et aux médinas, elles sont dans un état de dégradation avancée. Les Palestiniens vivant sur cette terre sont pauvres dans leur majorité. Ils cherchent en premier lieu un travail qui leur permettra de garder leurs maisons, et ne pensent jamais à y effectuer des restaurations. En fait, ils n’en ont pas les moyens et en temps de guerre, ceci n’est pas la préoccupation première des peuples. Les spécialistes de ce patrimoine se font beaucoup de soucis. «Du fait que les gens habitent toujours les centres-villes...