Le nouveau Congrès américain, qui commencera à siéger aujourd’hui et où les républicains ne disposent que d’une très courte majorité, pourrait mener la vie dure au président élu George W. Bush. Au Sénat, divisé à égalité entre 50 sénateurs démocrates et 50 républicains, le vote du vice-président élu républicain, Dick Cheney, qui présidera la Chambre haute, devrait souvent être décisif. Les républicains ne disposeront également que d’une majorité de dix sièges sur 435 à la nouvelle Chambre des représentants, qui compte aussi deux indépendants et un siège vacant. Avec une marge aussi étroite, George W. Bush pourrait être davantage tenu par sa promesse de «réconciliation et d’unité» que ne le voudraient les éléments les plus conservateurs au sein du Parti républicain, au risque de s’aliéner leur soutien. Mais une politique de main tendue à l’égard des démocrates pourrait aussi être refusée par ceux qui pensent déjà à regagner dès 2002 le contrôle du Congrès et n’ont aucune envie de jouer la carte centriste. L’année 2002, à mi-mandat pour le président Bush, sera cruciale sur le plan politique avec le renouvellement de la totalité de la Chambre et d’un tiers du Sénat. «Il (Bush) aura des difficultés avec les représentants conservateurs... et aussi avec les démocrates qui pensent qu’ils peuvent récupérer le Congrès dans deux ans», estime Eric Davis, professeur de science politique au Middlebury College. Bush avait centré sa campagne autour d’un programme d’importantes réductions d’impôts, ainsi que d’une volonté de réformer l’éducation et l’armée. Le nouveau président pourrait toutefois être obligé de se contenter de changements mineurs. «Il y a quelques possibilités pour des petits changements graduels dans la politique fiscale, quelques autres pour un modeste programme de remboursements des médicaments et peut-être en matière de soutien du gouvernement fédéral pour l’éducation», estime l’universitaire. Mais considérant le programme d’allègement fiscal de 1 300 milliards de dollars promis par M. Bush, M. Davis «ne le voit pas passer au Congrès dans la composition» qu’il aura à compter du 3 janvier. En dépit de la victoire à l’arraché de l’ancien gouverneur du Texas à la présidentielle grâce au système des grands électeurs, le candidat démocrate Al Gore avait emporté le vote populaire en gagnant plus de voix au niveau national, un atout qui pourrait profiter aux démocrates lors des prochains scrutins législatifs. «Une victoire aussi ténue à l’élection présidentielle et au Congrès signifie que personne n’obtiendra ce qu’il voudra», selon le stratège républicain John Czwartacki, ancien porte-parole du chef de file de la majorité républicaine au Sénat, Trent Lott. Pour William Delahunt, un représentant démocrate modéré du Massachusetts, Bush devra choisir une orientation centriste. «Les gens ne veulent pas de changements radicaux, que ce soit vers la gauche ou vers la droite», a déclaré récemment ce député. Les nouvelles nominations de juges à la Cour suprême des États-Unis, alors qu’est attendu le départ volontaire à la retraite de plusieurs des neuf plus hauts magistrats du pays, pourraient s’avérer délicates pour M. Bush, ces choix devant être approuvés par le Sénat. «Il sera très difficile pour des juges clairement perçus comme des hérauts du conservatisme» de recueillir cette approbation, selon M. Davis. Bush devra aussi affronter des défis venus de son propre camp, comme par exemple de son ex-rival aux primaires républicaines, le sénateur John McCain, qui a promis de présenter un projet sur le mode de financement des campagnes politiques immédiatement après l’ouverture mercredi de la session parlementaire.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le nouveau Congrès américain, qui commencera à siéger aujourd’hui et où les républicains ne disposent que d’une très courte majorité, pourrait mener la vie dure au président élu George W. Bush. Au Sénat, divisé à égalité entre 50 sénateurs démocrates et 50 républicains, le vote du vice-président élu républicain, Dick Cheney, qui présidera la Chambre haute, devrait souvent être décisif. Les républicains ne disposeront également que d’une majorité de dix sièges sur 435 à la nouvelle Chambre des représentants, qui compte aussi deux indépendants et un siège vacant. Avec une marge aussi étroite, George W. Bush pourrait être davantage tenu par sa promesse de «réconciliation et d’unité» que ne le voudraient les éléments les plus conservateurs au sein du Parti républicain, au risque de...