Le secrétaire d’État américain Madeleine Albright a appelé hier à Pristina les Serbes du Kosovo à rester dans la province et affirmé que la communauté internationale défendait l’existence d’un «Kosovo multiethnique». «Le système est en place pour protéger les Serbes. Nous voulons tous un Kosovo multiethnique et la Kfor est ici, la mission de l’Onu est ici» pour permettre cela, a déclaré Mme Albright après une rencontre avec le commandant de la force multinationale de paix (Kfor), le général britannique Michael Jackson, et l’administrateur de l’Onu au Kosovo, le Français Bernard Kouchner. Le massacre, le 23 juillet, de 14 paysans serbes dans le village de Gracko (centre du Kosovo), avait suscité des réactions d’hostilité de la communauté serbe à l’encontre de la Kfor et de l’Onu, accusées de ne pas assurer sa protection contre les représailles albanaises. Protéger toutes les communautés «C’est évidemment un événement affreux. Mais vous ne pouvez oublier qu’il s’est passé des choses assez dégoûtantes» avant l’entrée des troupes de l’Otan au Kosovo en juin, a ajouté Mme Albright. La Kfor, a-t-elle dit, assure maintenant la protection de toutes les communautés du Kosovo et les Serbes «doivent rester», a-t-elle affirmé, en demandant aux leaders serbes de «jouer leur rôle en faisant en sorte qu’il existe une société multiethnique» au Kosovo. Le secrétaire d’État, arrivé hier matin pour la journée au Kosovo, a ensuite rencontré les représentants des Albanais du Kosovo, le chef politique de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), Hashim Thaçi, ainsi que des responsables de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), le parti du leader modéré Ibrahim Rugova, qui séjourne toujours en Italie. Le chef de la diplomatie américaine a d’ailleurs souhaité que M. Rugova rentre au Kosovo. «Si nous voulons un système pluraliste au Kosovo, il est important que chacun joue son rôle. J’espère que Rugova va rentrer», a-t-elle dit. Interrogée sur les récentes critiques formulées aux États-Unis sur la lenteur de la mise en place de la mission civile de l’Onu au Kosovo (Minuk), Mme Albright a nié y avoir elle-même participé. «J’ai compris que c’est une mission très difficile comparée à d’autres missions de l’Onu ailleurs dans le monde, je pense que tout se met en place très bien», a-t-elle ajouté, tout en souhaitant plus de coopération entre la Minuk et la Kfor. «Je respecte ce que fait» Bernard Kouchner, l’administrateur de l’Onu au Kosovo, a-t-elle assuré. M. Kouchner a pour sa part souligné que l’Onu dans la province «était partie de zéro» dans sa mission d’installation d’une administration civile. Il a souligné que l’urgence était maintenant la mise en place de la police et l’arrivée des 3 000 hommes promis par les pays de l’Onu, dont environ 200 seulement sont déjà arrivés au Kosovo. Un entretien était prévu ensuite entre Mme Albright et l’évêque orthodoxe du Kosovo, Mgr Artemije, représentant de la minorité serbe. Le secrétaire d’État devait rendre visite hier après-midi aux troupes américaines de la Kfor stationnées dans le sud-est du Kosovo, avant de gagner l’Italie.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire d’État américain Madeleine Albright a appelé hier à Pristina les Serbes du Kosovo à rester dans la province et affirmé que la communauté internationale défendait l’existence d’un «Kosovo multiethnique». «Le système est en place pour protéger les Serbes. Nous voulons tous un Kosovo multiethnique et la Kfor est ici, la mission de l’Onu est ici» pour permettre cela, a déclaré Mme Albright après une rencontre avec le commandant de la force multinationale de paix (Kfor), le général britannique Michael Jackson, et l’administrateur de l’Onu au Kosovo, le Français Bernard Kouchner. Le massacre, le 23 juillet, de 14 paysans serbes dans le village de Gracko (centre du Kosovo), avait suscité des réactions d’hostilité de la communauté serbe à l’encontre de la Kfor et de l’Onu, accusées de ne...