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Actualités - Chronologie

LES SORTIES DE LA SEMAINE Un "piège" et autres affaires

Il y a «Entrapment», de Jon Amiel, qui est un spectacle fort agréable. Et puis, il y a des films, plusieurs films, qu’on a vus – ou pas vus. «Entrapment», par ailleurs, est le morceau de résistance du programme d’inauguration du nouveau complexe Galaxy : on lui a déjà souhaité un bon départ et une heureuse suite, et on remet ça. Espérons que la conjoncture locale – en particulier pour les cinémas – ne va plus tarder à s’améliorer. Mais il y faudrait aussi des films de qualité... On laisse donc tomber «Fairy Tale : A True Story» (peut-être intéressant?) et «The Out – of – Towners» (encore un remake!), cependant que Raya Abi-Rached s’occupe des produits «ados» de la semaine («Best Laid Plans» et «She’s All That»). On note que le film de Tom Shadyac, «Patch Adams», a disparu de l’affiche. Sorties prévues pour la semaine prochaine (5/6 août) : «Pleasantville» (Gary Ross) – «Forces of Nature» (Bronwen Hugues) – «Very Bad Things» (Peter Berg) – et, peut-être, «Rounders» (John Dahl). Qui piège qui ? Entrapment, de Jon Amiel On pourrait se contenter – se satisfaire – de regarder Entrapment comme on a suivi les images de tant d’autres films relevant du même registre. Soit une action dramatico-romanesque, avec suspense policier à la clé (la première référence qui vient à l’esprit remonte à 1968 : The Thomas Crown Affair, de Norman Jewison – avec Steve McQueen et Faye Dunaway – dont on vient de faire un remake à Hollywood. En se disant que le spectacle est plaisant, alertement mené et joué par un couple forcément destiné à s’attirer les faveurs du public. Rien d’extravagant, donc, mais pas si mal. Mais le film de Jon Amiel impose, de lui-même – sans qu’on puisse vraiment parler d’un «second degré» –, quelques remarques intéressantes. D’abord au point de vue technique : l’utilisation des gadgets les plus sophistiqués, constamment employés par le couple cambrioleur, est intégrée dans la réalisation avec un naturel curieusement «distancié». Au point que, paraphrasant un texte de Lautréamont, écrivain français précurseur du mouvement surréaliste, on pourrait parler de ces «filières technologiques (là où Lautréamont les qualifiait de “sanglantes”) par où l’on fait passer la logique aux abois». À ce propos, l’histoire que nous conte Entrapment ne brille pas toujours par la vraisemblance. Mais qu’importe. Seconde considération, plus proche du public. Elle concerne les personnages et leurs interprètes. Pas tellement Virginia «Gin» Baker, que joue la belle Catherine Zeta-Jones (révélée dans le dernier Zorro). Mais bien plutôt Sean Connery, maître d’œuvre de toute l’affaire. On n’aura pas l’incorrection de vous présenter celui qui incarna, d’insurpassable manière, l’espion le plus célèbre de la planète (le plus racé, le plus habile, le plus séduisant, etc., etc.). Même après avoir abandonné – volontairement – son emploi code «007» et travaillé avec des gens comme Hitchcock, Huston ou De Palma (entre autres cinéastes notables), Connery restait, aux yeux du souvenir, avant tout, encore et toujours James Bond. Il a pris de l’âge, bien sûr, mais en gardant du style. Dans Entrapment (film qu’il a coproduit, soit dit en passant), Sean Connery, truand distingué, lorgne moins du côté de «James» (qu’il avait presque réincarné dans The Rock, de Michael Bay, en 96), que vers la mémoire lointaine d’un certain Arsène Lupin. Comme le héros de Maurice Leblanc, Robert «Mac» Dougal a des goûts culturels apparemment très sûrs. Mais se glisse aussi, dans sa relation avec sa féline compagne, une part de secret qui ajoute au charme d’un film par ailleurs dépourvu de mystère (sinon de complications). Sean Connery, ou la nostalgie... On est reconnaissant à Jon Amiel de nous avoir épargné les clichés des films d’action à la mode du jour. Ce réalisateur, à qui l’on doit des Beignets de tomates vertes (Fried Green Tomatoes – 91) qui ne manquaient pas de saveur, a signé ici une mise en scène correcte. Avec une large partie finale localisée à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie. Il semble que cet État du Sud-Est asiatique n’ait guère apprécié ce qu’on voit dans le film : on se demande pourquoi... à moins qu’il ne préfère faire oublier les problèmes de son actualité politique (assez chargée). Au léger passif d’Entrapment, une fin tirée par les cheveux, pour ne pas dire d’une désinvolture frisant la négligence. D’un piège l’autre... Le titre français du film : Haute voltige. ÉLITE, EMPIRE/DUNES/ SODECO/SOFIL/ GALAXY, ESPACE, St.-ÉLIE, ATLANTIS Complications inutiles Best Laid Plans, de Mike Barker Après Wild Things l’année dernière et Suicide Kings tout récemment, le thème de films basés sur un plan de manipulation n’est plus nouveau, et ces plans commencent à tellement se ressembler que c’est à s’en demander pourquoi de nouveaux scénarios sont produits puisque la fin se devine a priori! En résumé, Best Laid Plans raconte les déboires d’un couple amoureux qui, à cause d’un pétrin, décide de se jouer d’un ami pour gagner de l’argent. Pour le reste, s’il est vrai que Mike Barker (jeune réalisateur anglais) a signé une réalisation par moments originale, notamment une scène de torture filmée dans une atmosphère mystérieuse qui tient le spectateur en haleine – les interprètes, eux, ne font pas le poids et le film en sort assez banal, comparé à d’autres du même genre comme Lock, Stock and Two Smoking Barrels de Guy Ritchie. Reese Witherspoon, la star montante d’Hollywood, décroche ici encore un des rôles dramatiques qu’elle ne sait assumer. Bien que révélée dans Fear en 1996 et ayant figuré dans Cruel Intentions dernièrement, nous n’avons jamais senti que ses prestations faisaient le poids. Elle sera bientôt à l’affiche de Election, aux côtés de Matthew Broderick, où elle incarne une étudiante obsédée à l’idée de se faire élire à la tête de la délégation de l’école. Pour le reste, Josh Brolin offre une prestation acceptable ; cet acteur est bien connu du public vu qu’il a figuré dans des films comme The Goonies de Richard Donner (en 85) et récemment Mimic de Guillermo Del Toro. Alessandro Nivola, (vu dans Face/Off et Inventing the Abbots) ne réussit pas à faire la différence. Un film légèrement intrigant, sans plus. EMPIRE/DUNES/ GALAXY, ESPACE Assez de soirées de promotion She’s All That, de Robert Iscove Les remakes de films classiques en comédies d’adolescents se font de plus en plus au grand dam des critiques! Nous avons déjà vu Cruel Intentions, remake «gonflé» de Dangerous Liaisons, après She’s All That ce sera au tour de 10 Things I Hate About You, reprise... osée de The Taming of the Shrew. Ne vous enthousiasmez pas, la nouvelle Liz Taylor ne s’est pas encore manifestée! She’s All That tourne autour du thème déjà connu du Pygmalion. Une jeune fille devient populaire du jour au lendemain, grâce aux attentions du jeune premier de l’école qui, après un pari avec ses copains, jure qu’il peut transformer n’importe quelle étudiante en Reine de promotion. Le thème ressemble étrangement à celui de My Fair Lady adapté à cette nouvelle mode du film d’adolescent et toutes ses caractéristiques : la soirée de promotion, la vie à l’école, la fille populaire, le sport, les professeurs... à croire que ces thèmes sont entrés dans l’inconscient collectif des Américains. Nul ne serait étonné d’apprendre que Robert Iscove fait ses débuts au grand écran après une carrière extensive dans la télévision (et le film en est fortement «contaminé»!). En tête des jeunes acteurs, Freddie Prinze Junior, vu dans la série des I Know What You Did Last Summer et, plus récemment, dans Wing Commander. Acteur de «relatif» talent, il promet d’assurer la relève. À ses côtés, Rachel Leigh Cook qui offre une prestation tout à fait charmante, vraiment crédible par moments. She’s All That est un film moyen, agréable... mais pour qui? CONCORDE, PLANÈTE ABRAJ/ZOUK
Il y a «Entrapment», de Jon Amiel, qui est un spectacle fort agréable. Et puis, il y a des films, plusieurs films, qu’on a vus – ou pas vus. «Entrapment», par ailleurs, est le morceau de résistance du programme d’inauguration du nouveau complexe Galaxy : on lui a déjà souhaité un bon départ et une heureuse suite, et on remet ça. Espérons que la conjoncture locale – en particulier pour les cinémas – ne va plus tarder à s’améliorer. Mais il y faudrait aussi des films de qualité... On laisse donc tomber «Fairy Tale : A True Story» (peut-être intéressant?) et «The Out – of – Towners» (encore un remake!), cependant que Raya Abi-Rached s’occupe des produits «ados» de la semaine («Best Laid Plans» et «She’s All That»). On note que le film de Tom Shadyac, «Patch Adams», a disparu de...