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Actualités - Chronologie

AFRIQUE Le Bénin, plaque tournante du trafic d'enfants

Le Bénin est devenu depuis quelques années un véritable centre régional du trafic d’enfants, cédés par leurs parents dans la misère pour être employés dans des plantations, selon la police. Plus de 2 360 enfants, âgés pour la plupart de moins de 15 ans, ont été interceptés et refoulés aux frontières du pays par la police ces quatre dernières années, selon la Brigade de protection des mineurs (BPM). Et les chiffres sont en constante augmentation. Le nombre d’enfants interceptés par la police est ainsi passé de 43 en 1996 à 1 059 l’année dernière. Depuis le début de cette année, près de 600 enfants victimes de ce trafic ont été récupérés, dont 174 au seul mois de juin. Au total 22 passeurs, pour la plupart des Béninois, ont été arrêtés. Selon le commissaire Dègan Kocou, directeur de la BPM, le phénomène a pris un tour particulièrement inquiétant. «Le trafic est considérée comme une source de richesse et notre pays est devenu le véritable pôle d’attraction des passeurs», explique-t-il. Le responsable policier estime impérieux de prendre très tôt des dispositions pour «freiner» le phénomène. La semaine dernière, le gouvernement béninois a annoncé un train de mesures visant à décourager ce trafic. Une campagne de sensibilisation sera lancée dans les médias, la surveillance des frontières renforcée et le gouvernement a affirmé son intention de sanctionner «sans ménagement les auteurs de ces actes odieux». Une loi datant de 1960 prévoit déjà de très lourdes peines pour le trafic d’enfants, pouvant aller jusqu’à la peine capitale. Mais dans les faits, les condamnations des passeurs et des parents considérés comme complices sont très légères. «Il s’agit souvent de peines de principe de quatre mois, assorties de sursis», explique le commissaire Kocou, qui regrette la timidité des mesures annoncées par le gouvernement et souligne que le «vrai problème, c’est la pauvreté» qui pousse les parents à se séparer de leurs enfants. Pour des sommes allant de 15 000 à 25 000 francs CFA (150 à 250 FF, soit 23 à 38 euros), les parents démunis confient leurs enfants à des passeurs, qui promettent de prendre en charge leur éducation. Ces passeurs sont en fait au service d’exploitants agricoles à qui ces enfants sont ensuite cédés pour des sommes entre 200 000 et 300 000 CFA (2 000 à 3 000 FF, 305 à 457 euros). Ils sont ensuite utilisés par leurs «maîtres» dans des plantations de cacao et de canne à sucre. Des passeurs de nationalité béninoise, togolaise, nigériane et gabonaise ont été interpellés pour ce type de trafic, et les enfants – principalement béninois, mais aussi parfois togolais – ont été retrouvés dans des pays d’Afrique équatoriale et du golfe de Guinée. Au Bénin, seul le département du Borgou (environ 450 km au nord-est de Cotonou) est épargné par ce phénomène, selon la police. Les enfants de la région sont pour la plupart déjà employés à plein temps par leurs parents dans les plantations de coton.
Le Bénin est devenu depuis quelques années un véritable centre régional du trafic d’enfants, cédés par leurs parents dans la misère pour être employés dans des plantations, selon la police. Plus de 2 360 enfants, âgés pour la plupart de moins de 15 ans, ont été interceptés et refoulés aux frontières du pays par la police ces quatre dernières années, selon la Brigade de protection des mineurs (BPM). Et les chiffres sont en constante augmentation. Le nombre d’enfants interceptés par la police est ainsi passé de 43 en 1996 à 1 059 l’année dernière. Depuis le début de cette année, près de 600 enfants victimes de ce trafic ont été récupérés, dont 174 au seul mois de juin. Au total 22 passeurs, pour la plupart des Béninois, ont été arrêtés. Selon le commissaire Dègan Kocou, directeur de la BPM, le...