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Actualités - Chronologie

Le directeur du journal "Salam" reconnu coupable(Photo)

La justice a reconnu coupable notamment de publication mensongère le directeur du journal réformateur Salam, dont la fermeture le 7 juillet avait entraîné une vague de manifestations sans précédent en Iran. L’hodjatoleslam Mohammad Khoeinia, 60 ans, faisait l’objet de plusieurs chefs d’accusation. Le procureur avait requis l’exécution d’une peine avec sursis de cinq ans infligée en 1995 à M. Khoeinia qui avait été condamné à trois ans d’interdiction d’exercer ses fonctions. Le jugement, qui pourrait se traduire par le maintien de la fermeture de Salam, doit être rendu «dans la période légale», c’est-à-dire dans un délai d’une quinzaine de jours, a indiqué l’agence officielle Irna lundi. M. Khoeinia, une figure de proue de la gauche iranienne proche du président Mohammad Khatami, avait comparu dimanche devant le Tribunal spécial du clergé de Téhéran, une juridiction d’exception composée de membres du clergé chiite. Le directeur de Salam était poursuivi pour diverses accusations de diffamation émanant de responsables officiels, mais surtout pour avoir publié une «lettre secrète», laissant entendre qu’une réforme durcissant les lois sur la presse, votée au Parlement, avait été inspirée par un agent louche des services de renseignements. Cet agent, Saïd Emami, accusé d’être l’instigateur d’une série d’assassinats d’opposants et d’intellectuels l’an dernier, s’est suicidé en prison depuis. M. Khoeinia était accusé de «publication d’informations mensongères créant le trouble dans l’opinion publique, et notamment de documents classés confidentiels». Le tribunal a retenu une plainte du ministère des Renseignements, bien que ce dernier eût annoncé avoir renoncé à ses poursuites contre le journal. À la barre, M. Khoeinia qui portait un turban noir, signe de descendance du prophète selon les chiites, a expliqué que la lettre était «authentique et pas confidentielle», et qu’elle avait été publiée dans la seule intention d’informer le public. «Restreindre les activités de la presse ne sert à rien», a-t-il ajouté à l’audience. Un membre influent du courant conservateur, le député de Machhad (nord-est) Mohammad-Reza Taraghi, a affirmé à la cour que la lettre confidentielle attribuée aux services secrets constituait une insulte au Parlement et aux élus du peuple. «En publiant cette lettre, M. Khoeinia a attisé la crise et la tension dans la société», avait estimé dimanche M. Taraghi. Le directeur du journal Salam, qui était lui-même un ancien procureur de la République jusqu’en 90, était également poursuivi par un ancien gouverneur d’Ardébil (nord-ouest), qui l’a accusé d’avoir publié dans ses colonnes au moins «21 cas d’offenses» contre lui-même et les responsables de la province. M. Khoeinia a expliqué qu’il n’était pas responsable «de tout ce que son journal a publié à ce sujet». La justice avait ordonné le 7 juillet la fermeture de Salam, sur ordre du ministère des Renseignements, provoquant une vague de manifestations et d’émeutes, à Téhéran et dans les provinces iraniennes, d’étudiants exigeant plus de libertés et de réformes. Mohammad Khoeinia est l’une des personnalités les plus influentes de la gauche iranienne ralliée, avec le courant modéré, au président Mohammad Khatami. Tenant pendant des années d’une ligne révolutionnaire radicale, il s’était rendu célèbre en dirigeant en 1979 la prise d’otages de l’ambassade américaine de Téhéran.
La justice a reconnu coupable notamment de publication mensongère le directeur du journal réformateur Salam, dont la fermeture le 7 juillet avait entraîné une vague de manifestations sans précédent en Iran. L’hodjatoleslam Mohammad Khoeinia, 60 ans, faisait l’objet de plusieurs chefs d’accusation. Le procureur avait requis l’exécution d’une peine avec sursis de cinq ans infligée en 1995 à M. Khoeinia qui avait été condamné à trois ans d’interdiction d’exercer ses fonctions. Le jugement, qui pourrait se traduire par le maintien de la fermeture de Salam, doit être rendu «dans la période légale», c’est-à-dire dans un délai d’une quinzaine de jours, a indiqué l’agence officielle Irna lundi. M. Khoeinia, une figure de proue de la gauche iranienne proche du président Mohammad Khatami, avait comparu...