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Actualités - Chronologie

PROCHE - ORIENT En rencontranr Barak, Bouteflika a brisé un tabou

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a brisé un tabou en rencontrant à Rabat le Premier ministre israélien Ehud Barak, montrant qu’une normalisation avec Israël était possible. En serrant la main de M. Barak lors des obsèques du roi Hassan II et en lui parlant, M. Bouteflika a commis un sacrilège selon les intégristes islamistes. Son geste n’est pas également exempt d’audace en raison de l’atavique inimitié envers les Israéliens encore très vivace dans les masses populaires algériennes. Le président algérien, élu le 15 avril, a déjà, à plusieurs reprises, évoqué l’éventualité d’une normalisation avec Israël. Selon lui, cette normalisation est dictée par les changements dans le monde, alors que l’État hébreu est désormais reconnu par un très grand nombre de pays. «Si Israël veut s’associer et coopérer économiquement avec les Arabes, il faudra tout d’abord restituer le Golan, cesser les agressions contre le Liban et permettre aux Palestiniens d’avoir droit à un État», avait-t-il toutefois précisé fin juin lors d’un forum à Crans-Montana, en Suisse. Il avait également affirmé qu’il aurait pris la défense des Israéliens s’ils avaient été à la place des Palestiniens pour avoir une patrie. La presse privée algérienne a salué lundi, «chapeau bas», le geste de M. Bouteflika à Rabat, estimant qu’il allait «avoir des conséquences difficiles à concevoir» mais «très importantes». En revanche, les médias officiels l’ont passé totalement sous silence. Les prédécesseurs de M. Bouteflika n’ont jamais évoqué le sort des juifs d’Algérie qui avaient quitté précipitamment le pays lors de la guerre israélo-arabe de 1967. À Constantine, la capitale de l’est algérien, lors de la célébration du 2 500e anniversaire de la ville, il y a quinze jours, il a rendu un hommage appuyé et remarqué aux israélites qui avaient vécu dans cette ville. «Il y a lieu de signaler que les habitants juifs de la ville, et ils étaient nombreux, ont joué un rôle dans la préservation du patrimoine commun: coutumes, vêtements, art culinaire et vie artistique», avait-t-il dit. Au cours d’interventions reprises intégralement par la télévision, le président Bouteflika a souvent raconté «l’anecdote du malade et du pharmacien juif», devenue depuis célèbre en Algérie. «Si j’ai un malade qui agonise à la maison et que je parte à la recherche d’un médicament en pleine nuit, et que tous les pharmaciens soient fermés sauf l’Israélien, je ne sais pas ce que vous auriez fait, mais, moi, j’achète», a-t-il à nouveau martelé lors d’une visite, la semaine dernière, à Oran. Au pouvoir depuis trois mois, M. Bouteflika a opté pour «le pragmatisme et le réalisme» dans sa gestion des affaires de l’État. Il n’hésite pas à bousculer les mentalités des Algériens qu’il juge figées. Il a ainsi fait voter, tambour battant, une loi sur la «concorde civile» prévoyant une amnistie partielle des islamistes armés, et gracié des milliers d’autres emprisonnés, s’attirant la colère des familles des victimes du terrorisme. Il a souvent répété que sa «traversée du désert de 20 ans», qui l’avait écarté des arcanes du pouvoir depuis 1979 à la mort du président Boumediene dont il avait été le ministre des Affaires étrangères, l’avait «mûri», justifiant ces positions actuelles qui sortent parfois des schémas traditionnels des régimes passés.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a brisé un tabou en rencontrant à Rabat le Premier ministre israélien Ehud Barak, montrant qu’une normalisation avec Israël était possible. En serrant la main de M. Barak lors des obsèques du roi Hassan II et en lui parlant, M. Bouteflika a commis un sacrilège selon les intégristes islamistes. Son geste n’est pas également exempt d’audace en raison de l’atavique inimitié envers les Israéliens encore très vivace dans les masses populaires algériennes. Le président algérien, élu le 15 avril, a déjà, à plusieurs reprises, évoqué l’éventualité d’une normalisation avec Israël. Selon lui, cette normalisation est dictée par les changements dans le monde, alors que l’État hébreu est désormais reconnu par un très grand nombre de pays. «Si Israël veut...