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Actualités - Chronologie

SOCIÉTÉ - Campagne desensibilisation au Bénin Les exciseuses rendent leurs outils

«Nous ne pouvons continuer à soumettre nos enfants à cette horrible pratique, alors nous vous remettons ces instruments». En larmes, une veille femme offre à l’association Dignité féminine une nouvelle victoire dans sa lutte contre l’excision au Bénin. Quatre exciseuses de la région de Savè (180 kilomètres au nord de Cotonou), réputées pour leur pratique, ont renoncé à ces mutilations, rendant très symboliquement leurs «outils de travail» pendant une grande cérémonie organisée devant les caméras. La plus âgée du groupe, une septuagénaire, affirme avec emphase qu’il est grand temps de détruire «tous ces objets souillés qui ont fait pendant des décennies tant de mal à nos enfants». «Je ne maîtrisais pas la gravité de mon acte, c’est pour cette raison que je vous demande pardon», a-t-elle lancé en sanglotant. Dignité féminine, une ONG béninoise qui lutte contre l’excision, a remis aux quatre femmes 125 000 francs CFA (1 250 francs français ou 190 euros) chacune, en guise de reconnaissance pour des «services rendus aux futures jeunes filles», à l’occasion de cette cérémonie, la toute première du genre dans le pays. Au Bénin, le taux de fillettes excisées connaît depuis quelques années une baisse sensible en raison des campagnes menées par les ONG afin de décourager cette pratique, qui n’est pas illégale. En cachette Selon les responsables de Dignité féminine, le nombre de filles excisées par an est passé de 2 500 au début des années 1990 à moins de 1 000 l’année dernière. La pratique persiste principalement dans le nord du pays, majoritairement musulman, avec plus de 70 % des cas enregistrés, et le centre, avec environ 25 % des cas. Selon Honorine Atikpa, présidente de Dignité féminine, l’excision se pratique surtout dans les milieux les plus pauvres et des localités les plus reculées. «Certaines femmes rencontrées font parfois la ferme promesse d’abandonner, mais elles continuent toujours leurs activités en cachette», explique-t-elle. C’est à destination de ces exciseuses rebelles que Dignité féminine a entamé l’année dernière, avec le soutien d’autres associations, une vaste campagne de sensibilisation, afin de les convaincre d’abandonner l’excision puis de les amener à détruire leurs instruments. «C’est le seul moyen pouvant permettre, pour l’instant, de bannir cette odieuse pratique, car aucun texte ne la réprime», souligne Mme Atikpa. Les exciseuses sont sollicitées par les parents de jeunes filles, moyennant rémunération de 1 500 à 2 500 francs CFA (15 à 25 francs français ou 2,2 à 3,8 euros) par opération, sans oublier les quelques noix de kola destinées à s’assurer des bons auspices pour l’intervention. Des cérémonies de libations sont organisées la veille, afin d’implorer les âmes des ancêtres pour une réussite parfaite de la cérémonie, à laquelle assistent traditionnellement les chefs de villages, les chefs coutumiers et les rois.
«Nous ne pouvons continuer à soumettre nos enfants à cette horrible pratique, alors nous vous remettons ces instruments». En larmes, une veille femme offre à l’association Dignité féminine une nouvelle victoire dans sa lutte contre l’excision au Bénin. Quatre exciseuses de la région de Savè (180 kilomètres au nord de Cotonou), réputées pour leur pratique, ont renoncé à ces mutilations, rendant très symboliquement leurs «outils de travail» pendant une grande cérémonie organisée devant les caméras. La plus âgée du groupe, une septuagénaire, affirme avec emphase qu’il est grand temps de détruire «tous ces objets souillés qui ont fait pendant des décennies tant de mal à nos enfants». «Je ne maîtrisais pas la gravité de mon acte, c’est pour cette raison que je vous demande pardon», a-t-elle lancé en...