Une simple empreinte de chaussure changeait il y a 30 ans la face du monde : l’homme, ce 20 juillet 1969, posait le pied sur la lune et faisait faire «un pas de géant à l’humanité». Plus de 500 millions de téléspectateurs, un record pour l’époque, ont suivi en direct les premières foulées de l’Américain Neil Armstrong sur l’astre, filmé par son camarade Edwin «Buzz» Aldrin. Les États-Unis avaient gagné leur pari, débarquer sur la lune avant la fin des années 1960. La grande aventure lunaire avait débuté huit ans auparavant lorsque le président John Kennedy avait pris publiquement l’engagement d’envoyer un homme avant 1970. La mission a été préparée méticuleusement, avec la mise au point de la fusée la plus puissante jamais construite, Saturne V. Haute de quelque 120 m, elle coûte la bagatelle de 225 millions de dollars. Le 16 juillet, Armstrong, Aldrin et Michael Collins, couchés dans la capsule Apollo placée au sommet de cette machine infernale, s’élèvent à 08h32 locales du pas de tir 39-A du centre spatial de Cap Canaveral dans un grondement dantesque. Quatre jours plus tard, dans le silence de l’espace sidéral, Apollo se met sur orbite autour de la lune. Armstrong et Aldrin se glissent dans le compartiment du module lunaire (LEM), surnommé «Eagle» (Aigle, l’emblème des États-Unis), qui se détache ensuite du module de commande pour entamer sa descente. À une centaine de kilomètres d’altitude, un signal se met en marche : l’ordinateur est trop chargé. La Nasa décide de ne pas en tenir compte. À quelque 30 m du sol au-dessus de la mer de la Tranquillité, nouvelle alerte. Le terrain d’alunissage se révèle trop accidenté et Armstrong décide de se poser plus loin. À 16h18, Armstrong peut enfin annoncer à la terre : «Houston, ici la base la Tranquillité. L’Aigle a atterri». Six heures plus tard, il ouvre l’écoutille du LEM, descend une petite échelle et pose son pied dans la poussière. «C’est un petit pas pour un homme, un pas de géant pour l’humanité», déclame-t-il avec emphase. Aldrin, qui le suit peu après, s’exclame : «Beau, beau, beau. Une magnifique désolation». Les deux hommes plantent un drapeau américain et se mettent très rapidement au travail. «Il y avait beaucoup de choses à faire et nous avons eu du mal à les terminer» pendant les deux heures et 32 minutes de la sortie, a noté Armstrong au retour. Mais le LEM «a fonctionné magnifiquement bien» et travailler dans des conditions lunaires «très confortables», a-t-il ajouté. Les astronautes mettent en place des instruments scientifiques et récoltent environ 25 kilos d’échantillons de roches au cours de leur randonnée dans les alentours immédiats du LEM. Marchant prudemment ou «sautant comme des kangourous, les deux pieds à la fois», ils besognent sans s’arrêter par des températures extérieures variant de 100 degrés Celsius au soleil à moins 80 à l’ombre. Puis, ils remontent dans le LEM, après avoir déposé une plaque commémorative : «Ici des hommes de la planète terre ont posé pour la première fois le pied sur la lune. Juillet 1969 après J.C. Nous sommes venus en paix pour toute l’humanité». Douze heures après leur arrivée, ils quittent la lune. La montée pour rejoindre Collins resté sur orbite dans le module de service «a été un vrai plaisir», selon Armstrong. Les trois astronautes plongent finalement vers la terre le 24 juillet, terminant leur course dans l’océan Pacifique, à 1 500 km au sud-ouest de Hawaï. Le président Richard Nixon les accueille sur le pont du navire chargé de la récupération, le «Hornet», et ils s’isolent à nouveau pour 21 jours de quarantaine. Armstrong et Aldrin avaient vengé triomphalement les États-Unis, après les humiliations infligées à Washington dans l’espace par l’Union soviétique avec les vols de Spoutnik et du cosmonaute Youri Gagarine. Ils avaient également ouvert la voie pour la venue de dix autres Américains sur la lune et, au XXIe siècle, un débarquement sur la planète Mars.
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