Quelle que soit la richesse de ses promoteurs, un centre financier d’envergure internationale ne se décrète pas. La stratégie de Saadiyat repose donc tout d’abord sur sa situation géographique : les places financières internationales actuelles, qui se relaient d’un fuseau horaire à l’autre, n’assurent pas une activité effective 24 heures sur 24 et les échanges électroniques effectués dans l’intervalle ne sont pas satisfaisants en termes de fixation des prix. L’emplacement d’Abou Dhabi permettra au marché en préparation de «faire le pont» entre Singapour et Londres en comblant l’inactivité actuelle qui dure trois à cinq heures chaque jour en plus des samedi et dimanche. «Le circuit financier mondial sera ainsi bouclé», explique Michael Wheelhouse, de Nomura International. De plus, les incitations diverses, inégalées jusque-là dans la région, sont censées achever de convaincre les institutions internationales de participer au projet. «Nous avons contacté les 150 premières banques du monde, classées en fonction de leurs actifs, ainsi que les banques locales, les 30 premiers groupes mondiaux d’assurance et une centaine de sociétés diverses», dit Richard Edwards, l’un des directeurs d’EGCC, selon lequel plusieurs institutions internationales ont déjà demandé des licences pour opérer sur le marché de Saadiyat. Seule démarche rendue publique, celle du groupe français Crédit Agricole-Indosuez, annoncée en début de semaine. «Il faut dire que nous avons rendu notre marché très attractif», poursuit M. Edwards, l’un des experts étrangers – dont un nombre incalculable de Libanais – engagés pour la mise en œuvre du projet. Les sociétés autorisées à opérer dans la zone franche bénéficieront d’une exemption totale de taxe sur leurs revenus. Les revenus des personnes ne seront pas davantage imposés. En vertu d’une loi spécialement votée par les Émirats, des sociétés au capital entièrement étranger pourront obtenir une licence à Saadiyat, ce qui lève un obstacle majeur à l’implantation des groupes internationaux, d’ordinaire obligés de trouver un partenaire local. Dans le même ordre d’idée, les investisseurs auront la liberté de rapatrier la totalité de leurs capitaux et de leurs bénéfices. Il n’existera aucun quota d’emploi de personnel local et, pour la première fois aux Émirats, la totalité de la direction et du conseil d’administration d’une société pourra être confiée à des étrangers. À cette liste non exhaustive d’avantages, s’ajoute un élément essentiel : la zone franche de Saadiyat sera réglementée en vertu d’un système autonome conçu sur mesure par le cabinet Clifford Chance pour répondre aux normes internationales concernant le fonctionnement des marchés financiers, l’application des principes comptables, les règles de transparence, etc. Enfin la création d’un centre d’arbitrage est prévue pour la résolution des litiges commerciaux.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quelle que soit la richesse de ses promoteurs, un centre financier d’envergure internationale ne se décrète pas. La stratégie de Saadiyat repose donc tout d’abord sur sa situation géographique : les places financières internationales actuelles, qui se relaient d’un fuseau horaire à l’autre, n’assurent pas une activité effective 24 heures sur 24 et les échanges électroniques effectués dans l’intervalle ne sont pas satisfaisants en termes de fixation des prix. L’emplacement d’Abou Dhabi permettra au marché en préparation de «faire le pont» entre Singapour et Londres en comblant l’inactivité actuelle qui dure trois à cinq heures chaque jour en plus des samedi et dimanche. «Le circuit financier mondial sera ainsi bouclé», explique Michael Wheelhouse, de Nomura International. De plus, les incitations...