Tout comme la princesse Diana, John F. Kennedy Jr. ne pouvait échapper à sa gloire – celle d’un personnage public dont la célébrité avait viré au mythe sous la pression permanente des médias. Et sa disparition tragique à 38 ans dans un accident d’avion a entraîné, comme pour la princesse, une extraordinaire mobilisation de la presse et un besoin de recueillement dont même lui aurait été étonné. «C’est affreusement dur de couvrir à outrance un événement comme celui-ci, surtout au début. Les normes de jugement journalistique ne s’appliquent tout simplement pas», a expliqué Howard Kurtz, critique des médias pour le quotidien The Washington Post et la chaîne CNN. «Ironiquement, Kennedy avait pourtant tout fait pour éviter de tomber dans les rouages de la machine à fabriquer des célébrités, mais celle-ci était autour de lui, pendant sa vie et aujourd’hui, pour sa mort», a ajouté le critique. Palm Beach, Washington, Manhattan et Martha’s Vineyard. Autant de lieux de vie des Kennedy, où des personnes endeuillées sont venues, de plus en plus nombreuses, déposer fleurs et bougies à la mémoire de ceux dont les chances de survie ont totalement disparu. La presse écrite a propulsé l’accident de John-John, de son épouse, Carolyn Bessette Kennedy et de la sœur de cette dernière, Lauren Bessette, à la une. Quant aux journaux télévisés, ils ont suivi sans relâche les bateaux et hélicoptères partis secourir, puis récupérer leurs corps, ponctuant le récit de commentaires sur le destin de ce Kennedy, privilégié parmi les privilégiés dont la vie s’est achevée tragiquement. Comme Diana, JFK Jr est mort dans un accident absurde, un week-end sans grandes nouvelles, plongé dans la moiteur de l’été. Et comme elle, il semblait traverser des heures fastes, professionnellement et sentimentalement. Selon Erik Mink, critique de télévision au Daily News, un quotidien new-yorkais, ces «ingrédients» jouent sans doute un rôle dans l’attention que suscite sa disparition. Les médias n’ont eu de cesse de chercher à répondre à tout prix à la question «et s’il était resté en vie... que serait-il devenu?». Mais comme pour Diana, l’icône médiatique est destinée à garder pour toujours son aura de glamour et de jeunesse, comme tous ceux, qui avant eux, sont morts trop tôt: feu le président John F. Kennedy, James Dean et Marilyn Monroe. John-John était un membre de la jet-set internationale, mais il incarnait aussi – en tant que fils du président assassiné – le véritable Américain, et provoquait à ce titre des sentiments d’attachement et d’indulgence presque viscéraux de la part de ses compatriotes. Enfant, JFK Jr a passé trois ans dans les couloirs de la Maison-Blanche sous le regard attentif des Américains, et ce, jusqu’à l’assassinat de son père, en novembre 1963. Depuis cet instant et celui, encore plus émouvant, où il fit un salut militaire au cercueil de son père qui s’éloignait, cette attention n’a pas fléchi.
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