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Actualités - Chronologie

CHYPRE La communauté grecque commémore le coup d'État de 1974

Les Chypriotes-grecs commémorent aujourd’hui le 25e anniversaire du coup d’État à Nicosie, fomenté par les colonels alors au pouvoir à Athènes et qui devait conduire, cinq jours plus tard, à l’invasion turque du nord de l’île et à la création d’une «république» chypriote-turque. Dès dimanche dernier, divers partis politiques et mouvements sociaux ont organisé des messes de requiem un peu partout dans le Sud de Chypre pour les victimes du coup d’État. Les six jours qui ont changé l’histoire de Chypre n’ont pas fini de donner des soucis à l’Onu dont les Casques bleus séparent les deux zones de l’île divisée et dont les résolutions appelant à restaurer son unité et sa souveraineté n’ont toujours pas été appliquées. Lorsque les chars amphibies de l’armée turque débarquent sur les côtes nord de Chypre, le 20 juillet, les Chypriotes-grecs qui s’entretuaient depuis le 15 juillet se rendent compte qu’ils viennent d’offrir à la Turquie le prétexte tant attendu de prendre pied sur cette île stratégique de l’est méditerranéen. Arguant de son droit de garant – avec Athènes et Londres – de l’indépendance de l’île depuis 1960, Ankara affirme vouloir «protéger» les Chypriotes-turcs qui vont enfin réaliser leur rêve du «taksim», la partition, qu’ils réclament depuis les années 1950. Des heurts accompagnés d’exactions ont déjà opposé la majorité grecque et la minorité turque (18 % de la population) en 1963, et les Casques bleus de l’Onu sont présents dans l’île depuis 1964. Les dés ont été jetés le 15 juillet: un coup d’État inspiré par les colonels d’Athènes renverse le président chypriote Mgr Makarios. Ce dernier avait réclamé le retrait du contingent grec qui appuyait ses opposants, les adeptes de l’Enosis, partisans de l’union avec la Grèce. Désordres et tueries font 200 morts entre Grecs, et un journaliste d’extrême-droite, Nicos Samson, choisi par les militaires, fera office de «président» durant huit jours. Mgr Makarios déploie de vains efforts diplomatiques à Londres puis à New York pour empêcher l’intervention de la Turquie mais, le 20 juillet, le Premier ministre turc (alors et aujourd’hui) Bülent Ecevit lance ses troupes qui occupent en trois jours 27 % de l’île. Ce «désastre» entraîne la chute de la junte militaire d’Athènes et de ses «pions» à Nicosie. L’armée turque poursuit son avancée et s’empare, le 15 août, de la région de Famagouste (est), dont les 60 000 Chypriotes-grecs s’enfuient. Depuis, l’armée turque occupe 37 % de l’île, où vivent près de 190 000 habitants, dont la moitié sont des colons venus du continent après 1974. La «République turque de Chypre du nord» (RTCN), proclamée en 1983, n’est reconnue que par Ankara. La République de Chypre, reconnue internationalement, compte 650 000 Chypriotes-grecs, dont 200 000 déplacés du nord. Vingt-cinq ans après, les Chypriotes-grecs célèbrent aux chandelles, dans les larmes et les chansons, la «terre des ancêtres, grecque depuis 3000 ans», dans la tradition des grandes «catastrophes» de Constantinople (1453) et de Smyrne (1922). Les discours politiques prononcés pour l’occasion dénoncent «la trahison» de ceux qui ont causé la débâcle. L’idée du retour devient de plus en plus hypothétique. Le temps semble jouer en faveur des Turcs qui veulent «légaliser» le fait accompli, soulignent certains analystes. Les résolutions de l’Onu sont restées, à ce jour, lettre-morte, ainsi que les efforts de l’Organisation pour réunifier l’île dans un État fédéral, bizonal et bicommunautaire (accepté depuis 1977). Une réunion des chefs des deux communautés doit se tenir en principe à l’automne. Mais les Chypriotes-turcs refusent dorénavant de discuter sur une base communautaire et exigent que la «RTCN» soit traitée en État souverain. Les Chypriotes-grecs misent plutôt sur le processus – déclenché en mars 1998 – d’adhésion à l’Union européenne, comme un catalyseur en faveur d’une solution devant assurer aux deux parties sécurité et prospérité.
Les Chypriotes-grecs commémorent aujourd’hui le 25e anniversaire du coup d’État à Nicosie, fomenté par les colonels alors au pouvoir à Athènes et qui devait conduire, cinq jours plus tard, à l’invasion turque du nord de l’île et à la création d’une «république» chypriote-turque. Dès dimanche dernier, divers partis politiques et mouvements sociaux ont organisé des messes de requiem un peu partout dans le Sud de Chypre pour les victimes du coup d’État. Les six jours qui ont changé l’histoire de Chypre n’ont pas fini de donner des soucis à l’Onu dont les Casques bleus séparent les deux zones de l’île divisée et dont les résolutions appelant à restaurer son unité et sa souveraineté n’ont toujours pas été appliquées. Lorsque les chars amphibies de l’armée turque débarquent sur les côtes...