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Actualités - Chronologie

Des heurts émaillent la réouverture du pont de Kosovska Mitrovica

L’action de la brigade Leclerc et des gendarmes français a permis hier la réouverture symbolique du pont principal de Kosovska Mitrovica, franchi sans incident par des milliers de Kosovars albanais, mais la tension demeure vive dans cette ville divisée du nord du Kosovo. Une manifestation de quelque 5 000 Albanais, selon le détachement de gendarmerie française, a défilé en applaudissant sous bonne escorte française dans le quartier nord, à majorité serbe, avant de revenir par un autre pont vers la quartier albanais. La tête de la manifestation est passée sans incident vers 9h00 GMT devant quelques centaines de Serbes agitant des drapeaux serbes et criant «Serbie, ici c’est la Serbie». De nombreux militaires et gendarmes français avaient été déployés sur le parcours. Le colonel Claude Vicaire, commandant le détachement de gendarmerie de 150 hommes déployés dans le secteur français de la Kfor, a parlé d’une «réouverture symbolique» du pont. «Tout s’est bien passé grâce à un excellent travail en amont; nous sommes heureux car nous craignions un incident isolé», a-t-il dit. «Le pont est ouvert mais les esprits sont fermés», avait-il cependant averti. Peu après la fin de la manifestation, vers 11h00 GMT, des incidents ont en effet éclaté entre quelque 200 Serbes armés de bâtons et de pierres et des Albanais massés à l’entrée du pont côté serbe. Un renfort de gendarmes et de militaires a dû être dépêché sur place pour empêcher les deux communautés d’en venir aux mains. Un cordon de gendarmes et de militaires a ensuite de nouveau dû barrer les accès au pont tandis que les deux communautés hurlaient de part et d’autre des slogans nationalistes, «UCK» répondant à «Serbia» dans un concert de sifflets. Deux blindés français ont également été placés côté serbe. Les Albanais ne passeront pas «Les Albanais ne passeront pas», criait la foule serbe. Plus loin, une vieille femme regardait la scène d’un air pensif, «si c’est comme cela tous les jours, je vais devenir folle», dit-elle. Une personne a été interpellée côté serbe, ont constaté les correspondants de presse sur place. La réouverture du pont, qui a donc été de courte durée, a cependant été qualifiée de «geste très fort» par le commandant de l’UCK local, Enver Oruqi. «Cela va permettre aux Albanais chassés du secteur serbe de reprendre espoir», a-t-il dit. De chaque côté, des interrogations demeuraient quant à l’avenir de la vie dans cette ville et de la possibilité de reprendre un appartement «de l’autre côté». «Je n’ai pas d’autre endroit où vivre», soupire Emir, en désignant l’appartement dont il a été expulsé il y a dix jours dans le quartier serbe. La ville où est basé le détachement français de la Kfor (4 000 hommes), divisée par une rivière entre un secteur serbe et albanais, a été comparée à Mostar (Bosnie) ou Berlin. La brigade Leclerc, très critiquée face à la poursuite de la division à Kosovska Mitrovica et au fréquent blocage du pont, a toujours indiqué que la situation devait être débloquée progressivement en instaurant un dialogue entre les communautés. Les militaires français avaient obtenu le report d’une manifestation de l’UCK prévue lundi et avait poursuivi les négociations avec les chefs des deux communautés jusqu’à 22h00 lundi soir. Un militaire français soulignait peu après la manifestation qu’il restait à présent à «transformer l’essai» dans une ville où la haine entre les deux communautés reste tenace.
L’action de la brigade Leclerc et des gendarmes français a permis hier la réouverture symbolique du pont principal de Kosovska Mitrovica, franchi sans incident par des milliers de Kosovars albanais, mais la tension demeure vive dans cette ville divisée du nord du Kosovo. Une manifestation de quelque 5 000 Albanais, selon le détachement de gendarmerie française, a défilé en applaudissant sous bonne escorte française dans le quartier nord, à majorité serbe, avant de revenir par un autre pont vers la quartier albanais. La tête de la manifestation est passée sans incident vers 9h00 GMT devant quelques centaines de Serbes agitant des drapeaux serbes et criant «Serbie, ici c’est la Serbie». De nombreux militaires et gendarmes français avaient été déployés sur le parcours. Le colonel Claude Vicaire, commandant le...