La Lazio Rome, grâce à sa victoire (1-0) sur le terrain de la Sampdoria à Gênes, a conservé sa place de leader du championnat d’Italie, lors de la 30e journée disputée dimanche. À quatre journées de la fin du tournoi, le 23 mai prochain, l’équipe romaine, après deux défaites consécutives à domicile contre l’AS Roma (1-3) dans le derby et la Juventus (1-3), a repris des couleurs et est parvenue à préserver son mince avantage d’un point sur le Milan AC, victorieux à Vicence (2-0). Face à une formation gênoise vive et entreprenante mais sans grande efficacité en attaque, la Lazio a toutefois de nouveau beaucoup souffert dans le domaine du jeu collectif. Le onze du Suédois Sven Goran Eriksson est encore visiblement à la recherche de son second souffle. Il n’en a eu que plus de mérite à enlever la mise par un but de son «cannoniere» (artilleur), Christian Vieri, d’un joli coup de tête à la réception d’un centre de la droite du Portugais Flavio Conçeiçao. Les deux équipes ont terminé à dix en raison après les exclusions des Argentins de la Lazio, Mathias Almeyda (66e) et de la Sampdoria Ariel Ortega (69e). Relancés par cette victoire, les Romains restent cependant sous la menace du Milan AC qui a confirmé à Vicence (2-0) sa grande condition actuelle et ses ambitions pour le titre national. La formation milanaise a pris les trois points grâce à l’Allemand Olivier Bierhoff, qui a inscrit son 12e but de la saison de la tête, et du Brésilien Leonardo, d’un tir croisé splendide sur une feinte de passe de George Weah en pleine surface de réparation. L’AS Rome, victorieuse de Parme (1-0), sur un coup franc de sa vedette Francesco Totti de près de 20 mètres, et la Juventus, qui a battu la Fiorentina (2-1), talonnent désormais leurs deux rivaux dans la course à la qualification en Ligue des champions la saison prochaine. Rien ne va plus à l’Inter Milan qui, à l’image de son Brésilien Ronaldo décevant, a fait les frais du réveil d’Udinese (1-3), après sa débâcle contre le Milan AC (1-5) le 18 avril dernier. Empoli, battu par Bari chez lui (0-2), est d’ores et déjà condamné à la rélégation en deuxième division. France : l’OM perd le nord mais pas la tête Indissociables dans la victoire, l’Olympique de Marseille et Bordeaux, battus à Lens (4-0) et à Sochaux (2-0), le sont aussi dans la défaite. Tel est l’enseignement majeur de la 30e journée où l’OM a perdu le nord, mais pas la tête du championnat de France de football. Chaque club a sa bête noire. Celle de l’OM se nomme Lens. Vainqueur des deux précédentes confrontations en coupe de la Ligue, puis en Coupe de France, le champion sortant, touché par la grâce, n’a pas fait dans le détail à Bollaert, où la défense marseillaise a volé en éclats. Les lendemains de qualification sont douloureux pour le finaliste de la Coupe de l’Uefa laminé en Artois. Cette déroute, la plus lourde de la saison, n’a pourtant pas eu d’incidences fâcheuses en raison de la surprenante déconvenue du dauphin bordelais à Sochaux. Le mano à mano se poursuivra donc dans la dernière ligne droite où les deux prétendants au titre auront deux adversaires en commun (Lyon et le PSG) lors des quatre dernières rencontres. À Sochaux, le duel des extrêmes a donc tourné en faveur d’une lanterne rouge doubiste orpheline d’une victoire depuis plus de cinq mois. Le premier revers subi par les Girondins en championnat en 1999 atteste des difficultés actuelles d’un groupe déjà muet à Lescure face Lorient (0-0), lors de la précédente journée. Monaco et Nantes accrochés Monaco a sans doute hypothéqué ses ultimes chances d’accrocher la troisième place, synonyme de participation au tour préliminaire de la Ligue des champions. Longtemps menés au score par une équipe bastiaise revigorée par le changement d’entraîneur, les Monégasques ont sauvé les meubles en égalisant en toute fin de rencontre (1-1). Nantes, qui mise tout sur un succès en Coupe de France pour retrouver l’Europe, a abandonné deux nouveaux points à la Beaujoire face à Metz (0-0). Les vice-champions de France craignent toujours pour leur maintien même si les défaites conjuguées de Lorient, piégé à domicile par Strasbourg (1-0), et de Toulouse dominé à Nancy (2-0), servent leurs desseins. Longtemps impliqué dans la bataille pour la relégation, Strasbourg, en s’imposant au Moustoir, s’offre un bol d’oxygène. Sauf improbable revirement, les Alsaciens officieront toujours dans l’élite l’an prochain. La remarque vaut également pour le voisin nancéien, même si celui-ci a encore besoin de grappiller quelques unités. Ses deux camarades d’accession, Lorient et Toulouse, déclinent en revanche leur avenir parmi l’élite au conditionnel. Auxerre, qui restait sur quatre échecs consécutifs sur sa pelouse, a stoppé l’hémorragie face à Montpellier (2-2). Le Paris St-Germain a grimpé dimanche à la neuvième place du classement du championnat en battant Le Havre 3-0 au Parc des Princes. Le PSG s’éloigne ainsi de la zone dangereuse puisqu’il compte maintenant, à quatre journées de la fin, sept points d’avance sur le premier relégable Lorient. Allemagne : le Bayern tenu en échec Le derby munichois s’est achevé dimanche sur un match nul 1-1 entre le Bayern et le TSV 1860. Les joueurs d’Ottmar Hitzfeld semblaient un peu émoussés par leur demi-finale retour de Ligue des champions jouée mercredi contre le Dynamo de Kiev. Ils ont pourtant ouvert la marque par Markus Babbel à bout portant à la 75e mais le voisin a égalisé par son défenseur Marco Kurz à une minute de la fin du match. Malgré ce léger faux pas, le Bayern compte toujours huit points d’avance à six journées de la fin sur son plus proche poursuivant, le Bayer Leverkusen, vainqueur du VfB Stuttgart 1-0. Angleterre : Leeds tient tête à Manchester Leeds a tenu tête à Manchester United (1-1), dimanche à Leeds, pour le compte de la 35e journée du championnat d’Angleterre, les finalistes de la Ligue des champions préservant ainsi leur invincibilité, mais perdant la tête du classement au bénéfice d’Arsenal. Quatre jours après leur victoire à Turin, les joueurs d’Alex Ferguson sont tombés sur une équipe de Leeds très motivée et souvent dangereuse, qui a ouvert le score en première période par son international néerlandais Jimmy-Floyd Hasselbaink (32). En deuxième période, les jeunes joueurs de David O’Leary ont continué à faire honneur à leur quatrième place au classement, mais Manchester a réussi à égaliser par Andy Cole, à la suite d’une tête de David Beckham repoussée par le gardien de Leeds, Nigel Martyn. Cole marquait là son 23e but de la saison. Les Red Devils étaient privés de leur défenseur central Jaap Stam, mais ils ont tenu jusqu’au bout. Leeds sera le véritable arbitre de la course au titre, puisqu’après avoir tenu tête à Manchester, il jouera contre Chelsea et Arsenal avant la fin du championnat. Conséquence immédiate de ce match nul, les Gunners d’Arsenal, faciles vainqueurs samedi à Middlesbrough (6-1), ont pris la tête du classement, pour la première fois de la saison, avec un point d’avance, mais un match en plus que Manchester. Manchester jouera ce match en retard le 5 mai à Liverpool. Pays-Bas : le quatorzième titre pour Feyenoord Le Feyenoord Rotterdam s’est assuré son 14e titre de champion des Pays-Bas de football, dimanche à l’issue de la 30e journée, son dernier sacre remontant à 1993. Grâce au match nul péniblement arraché à la «lanterne rouge» NAC Breda (2-2), les joueurs du Feyenoord ont ainsi offert à leur entraîneur, Leo Beenhakker, 56 ans, un 6e titre de champion national. Beenhakker a déjà été sacré champion des Pays-Bas avec l’Ajax Amsterdam en 1980 et en 1990, et champion d’Espagne avec le Real Madrid en 1986, 1987 et 1988. Son palmarès personnel comprend encore deux coupes nationales avec l’Ajax en 1979 et avec le Real Madrid en 1989. Seule ombre au tableau : Leo Beenhakker n’a jamais remporté la moindre coupe d’Europe. «Ce titre-ci est pour moi un peu spécial, a déclaré Beenhakker. Je suis né ici. C’est aussi un miracle, car on revient de très loin». La saison dernière, l’équipe-phare de Rotterdam avait terminé le championnat en quatrième position, à 28 points de l’Ajax Amsterdam. Un an plus tard, Feyenoord compte quinze points d’avance sur son plus proche poursuivant alors qu’il reste encore 4 journées à disputer. «Personne n’aurait osé parier un tel résultat en début de saison, a poursuivi Leo Beenhakker. C’est un rêve. L’objectif était de se qualifier pour la Ligue des champions, ni plus, ni moins. Mais personne ne pensait au titre». Pourtant, l’équipe de Rotterdam s’est retrouvée en tête du classement dès la quatrième journée. Heerenveen a ensuite occupé la première place un court moment, mais, à partir de la mi-novembre, les hommes de Beenhakker ont repris la tête pour ne plus la lâcher. Feyenoord a aussi bénéficié de la faillite des autres favoris, le PSV Eindhoven, et surtout l’Ajax Amsterdam, tenant du titre, actuellement septième du classement, et même pas assuré de jouer une coupe européenne la saison prochaine. «C’est vrai que les malheurs de nos adversaires nous ont servis, a reconnu Leo Beenhakker. Mais ils ne suffisent pas à expliquer notre titre et les quinze points d’avance que nous comptons. Cette consécration, nous la méritons». Avec 71 points, Feyenoord ne peut donc plus être rejoint, possédant 15 points d’avance sur Willem II Tilberg, vainqueur à domicile de l’Ajax Amsterdam (3-1) et qui s’est emparé de la deuxième place, profitant de la défaite de Vitesse Arnhem à Nimègue (1-3). Le Feyenoord Rotterdam est sacré champion des Pays-Bas pour la première fois depuis 1993.
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