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Actualités - Chronologie

Le nouveau président prend en main un pays en crise

Le nouveau président algérien Abdelaziz Bouteflika, qui entend remettre ses compatriotes au travail, va prendre en main un pays touché par une grave crise sociale alors que le terrorisme continue de frapper. Tout au long de la campagne électorale intense qu’il a menée à travers le pays, M. Bouteflika, sur un ton très direct que peu d’hommes politiques oseraient employer, a dit «ses quatre vérités» aux Algériens. «Ne vous contentez pas de votre thé, de votre cigarette. Vous comptez trop sur l’État. L’État providentiel c’est fini. Arrêtez de faire la sieste», a-t-il répété inlassablement dans ses meetings. M. Bouteflika a incité ses compatriotes à retrousser leurs manches en prenant notamment exemple sur les Tunisiens, qui ont réussi «en quelques années à mettre sur pied une industrie textile performante», et sur les Marocains. Pour le nouveau dirigeant algérien, issu de la vieille garde du Front de libération nationale de la guerre d’indépendance (1954-1962), le socialisme étatique des années soixante-dix en Algérie est «bel et bien fini». L’ancien ministre des Affaires étrangères du président Houari Boumediène (1965-1978) a expliqué aux Algériens qu’il n’existait pas d’autre voie pour l’Algérie que de s’engager résolument dans l’économie de marché si elle veut sortir de la crise sociale qui la frappe de plein fouet. L’Algérie, en pleine restructuration économique après l’accord conclu en 1994 avec le Fonds monétaire international (FMI), paye aujourd’hui un prix très lourd. Près de 400 000 personnes, en quatre ans, ont été licenciées des entreprises d’État qui ne subsistaient que grâce à des subventions que permettait la rente pétrolière. Stimuler l’investissement privé Quasiment en cessation de paiement en 1994, l’Algérie, qui produit plus de 900 000 barils/jour de pétrole et exporte de grandes quantités de gaz naturel, ne pouvait que s’exécuter face au FMI pour le rééchelonnement de sa dette extérieure de 30 milliards de dollars. Cette restructuration a rayé de la carte plus de 1 000 entreprises publiques. L’Algérie a ainsi évité la banqueroute alors qu’elle avait été dans les années 70 l’un des pays-phares du tiers-monde par sa politique d’indépendance nationale et sa volonté d’industrialisation à outrance. Pour enrayer ce déclin, M. Bouteflika veut «stimuler l’investissement privé» et favoriser la production agricole afin notamment de réduire les importations de denrées alimentaires qui coûtent près de 3 milliards de dollars par an, l’équivalent de près d’un quart de ses revenus pétroliers. Le terrorisme qui continue de frapper l’Algérie va constituer l’un des problèmes les plus délicats que M. Bouteflika aura à résoudre. Son prédécesseur, le président Liamine Zéroual, avait promis en 1995 lors de son élection son éradication. Malgré cette volonté, les islamistes tuent toujours en dépit des opérations que l’armée mène constamment contre les maquis. La trêve conclue en octobre 1997 avec l’Armée islamique du salut (AIS), branche armée du Front islamique du salut (FIS, dissous) n’a guère ralenti le rythme des attentats et des massacres. Le Groupe islamique armé (GIA) d’Antar Zouabri et le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) d’Hassan Hattab commettent toujours des attentats et des massacres. Depuis début mars, plus de 320 personnes ont été tuées en Algérie dans des actions liées à ces groupes. La population algérienne, lasse de ces tueries qui ont fait depuis 1992 entre 30 000 et 100 000 morts, selon les sources, attend un règlement du problème. La tâche de M. Bouteflika s’avère délicate. Il a déjà prévenu qu’il ne négocierait pas avec ceux qui ont commis des crimes de sang. «Les portes sont ouvertes à tous les égarés, mais je ne veux pas de ceux qui ont les mains tachées de sang», a-t-il répété. Toutefois il a précisé qu’il ne voyait pas pourquoi il ne croirait pas à une fraternité avec les «ex-gens du FIS qui n’ont pas sali leurs mains».
Le nouveau président algérien Abdelaziz Bouteflika, qui entend remettre ses compatriotes au travail, va prendre en main un pays touché par une grave crise sociale alors que le terrorisme continue de frapper. Tout au long de la campagne électorale intense qu’il a menée à travers le pays, M. Bouteflika, sur un ton très direct que peu d’hommes politiques oseraient employer, a dit «ses quatre vérités» aux Algériens. «Ne vous contentez pas de votre thé, de votre cigarette. Vous comptez trop sur l’État. L’État providentiel c’est fini. Arrêtez de faire la sieste», a-t-il répété inlassablement dans ses meetings. M. Bouteflika a incité ses compatriotes à retrousser leurs manches en prenant notamment exemple sur les Tunisiens, qui ont réussi «en quelques années à mettre sur pied une industrie textile...