M. Abdelaziz Bouteflika est un fin diplomate qui adopte parfois un langage direct et rude. Tribun aimant manifestement s’adresser à la foule, M. Bouteflika a mené une campagne électorale durant laquelle il a dit «ses quatre vérités au peuple algérien» dans des termes que peu d’hommes politiques oseraient employer. «Vous comptez trop sur l’État, vous êtes paresseux. L’État providentiel c’est fini. Arrêtez de faire la sieste», a-t-il répété inlassablement soulevant à chaque fois des salves d’applaudissements. Pourtant, ce diplomate chevronné, né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc), issu d’une famille originaire de Tlemcen (ouest algérien), a dirigé la diplomatie algérienne de 1963 à 1979 avec un talent reconnu par tous ses interlocuteurs au moment où l’Algérie était l’un des pays phare du tiers monde. En 1956, il s’engage dans l’Armée de libération nationale (ALN) contre la présence française en Algérie. À l’indépendance en 1962, il est député de Tlemcen à la Constituante avant d’être ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement du président Ahmed Ben Bella. Il se fait connaître en devenant, à 26 ans, en 1963, le chef de la diplomatie algérienne. Il gardera ce poste pendant toute la présidence de Houari Boumédiène (1965-1978), dont il sera l’homme de confiance. Sourire charmeur, quand il le veut, moustaches fournies, à l’élégance recherchée, M. Bouteflika fut notamment le principal interlocuteur de Paris en 1965 et en 1971 pour la révision des accords d’Evian sur l’indépendance, puis la nationalisation des sociétés françaises d’hydrocarbure. Il souhaite que les rapports avec Paris soient désormais «sereins», «le moment est venu de sortir des clichés de banalisation et de rapports privilégiés», dit-il. Cela ne l’a pas empêché la semaine dernière à Béchar (sud) de critiquer sévèrement le président français Jacques Chirac «qui va dans toutes les capitales arabes, mais qui n’a pas encore donné une demi-journée à l’Algérie». Écarté de la succession du président Boumédiène à la mort de celui-ci en décembre 1978, M. Bouteflika fut progressivement éloigné du premier cercle du pouvoir. En juillet 1981, il quitte toute fonction politique. Deux ans plus tard, il est condamné par la Cour des comptes algérienne à rembourser l’équivalent de trois millions de francs français pour «irrégularités» dans sa gestion aux Affaires étrangères. Il a été par la suite blanchi. M. Bouteflika, de petite taille, l’œil bleu, entame alors une traversée du désert, passant notamment six ans dans les Émirats arabes unis comme conseiller, avant de revenir en 1989 et d’entrer au comité central du Front de libération nationale, le FLN, ancien parti unique, réintégrant la «vieille garde» opposée aux «réformistes». En janvier 1994, M. Bouteflika refuse la présidence de l’État alors attribuée à l’actuel président Liamine Zéroual. Il avait été le candidat malheureux à la succession du président Houari Boumédiène en 1979, l’armée ayant préféré le colonel Chadli Bendjédid.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats M. Abdelaziz Bouteflika est un fin diplomate qui adopte parfois un langage direct et rude. Tribun aimant manifestement s’adresser à la foule, M. Bouteflika a mené une campagne électorale durant laquelle il a dit «ses quatre vérités au peuple algérien» dans des termes que peu d’hommes politiques oseraient employer. «Vous comptez trop sur l’État, vous êtes paresseux. L’État providentiel c’est fini. Arrêtez de faire la sieste», a-t-il répété inlassablement soulevant à chaque fois des salves d’applaudissements. Pourtant, ce diplomate chevronné, né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc), issu d’une famille originaire de Tlemcen (ouest algérien), a dirigé la diplomatie algérienne de 1963 à 1979 avec un talent reconnu par tous ses interlocuteurs au moment où l’Algérie était l’un des pays phare du tiers...