Donner aux pays en développement les moyens non seulement de maîtriser la technologie mais de l’adapter à leurs besoins, former des formateurs qui, à travers un système de compagnonnage, porteront assistance à ceux qui auront besoin d’expertise, tels sont les principaux objectifs du programme Transfer lancé par l’Agence universitaire de francophonie (Aupelf) depuis 1997. Une session de formation a été organisée à cette fin par l’Aupelf et Transfer-FFTI (Formation de formateurs en technologies de l’information) en partenariat avec l’Université libanaise (UL). Cette session s’est déroulée du 6 au 15 avril au rectorat de l’UL. Soixante personnes, parmi elles des universitaires et des employés du secteur privé, ont participé à la session, animée par des experts internationaux. Elles ont été réparties en trois ateliers : – Installation et gestion d’un réseau Internet. – Conception, production et mise en ligne des contenus. – Conception et utilisation des outils multimédias dans un but pédagogique. La séance de clôture a eu lieu hier en présence du directeur du Bureau du monde arabe à l’Aupelf-Uref, M. Éric Pinon, et du recteur de l’UL, M. Assaad Diab, qui ont prononcé des allocutions. Des prix ont été ensuite distribués aux meilleurs projets créés dans le cadre de chacun des trois ateliers. Trois équipes ont été récompensées dans chaque catégorie. Par ailleurs, Alain Caristan, responsable du programme Transfer, a répondu aux questions de L’Orient-Le Jour. «Le programme Transfer s’inscrit dans le cadre du codéveloppement tel qu’il a été défini par le sommet des chefs d’État francophones en 1995, explique-t-il. Il a été mis en œuvre à partir de 1997, date du sommet des chefs d’État à Hanoi. L’idée est de faire en sorte que, grâce aux nouvelles technologies de communication et d’information, le décalage se réduise entre les sociétés du Nord et du Sud, celles qui sont en développement et celles qui sont élaborées, notamment au niveau industriel». Profiter de l’essor économique et social Il a poursuivi : «On va essayer de travailler ensemble, avec les moyens du bord, c’est-à-dire dans les structures telles qu’elles sont. Il faut faire en sorte que l’expertise et le savoir-faire soient largement répandus dans les pays qui en ont besoin. Des experts occidentaux s’associent à des experts locaux pour assister des personnes moins informées selon la logique du compagnonnage : un compagnon apprend à un autre, un futur compagnon, son métier, son travail». L’objectif n’est pas seulement de savoir maîtriser la technologie, mais de l’utiliser et la transformer pour le développement d’un métier, que ce soit un métier d’enseignement ou de production. Une création de sites Internet serait évidemment envisagée. Y aura-t-il un suivi ? «Contrairement à d’habitude, on ne développe pas dans ce programme des cursus destinés à être répétés régulièrement», a dit M. Caristan. «On forme des formateurs. Il ne s’agit pas d’enseignants mais de personnes qui, en développant leur métier, apprendront également à le transmettre aux autres. Ils seront capables d’aider ceux qui en ont besoin». Il a conclu : «L’idée est que les pays en développement constituent leurs propres projets économiques et sociaux (en tourisme…) et qu’ils soient des partenaires économiques viables face aux pays du Nord. Ils pourront créer leur propre information et l’exploiter grâce aux nouvelles technologies». Les précédentes sessions se sont déroulées au Vietnam, à Madagascar, à Haïti et au Bénin.
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