La direction politique de l’Otan et les militaires de l’Alliance se sont à nouveau opposés sur les cibles de l’opération «Force déterminée» et l’opportunité de désigner comme objectifs les radios et la télévision serbes. Au cours du point de presse quotidien à Bruxelles, le général britannique David Wilby, porte-parole du général américain Wesley Clark, le plus haut responsable militaire de l’opération «Force déterminée», a annoncé que «les radios et télévisions serbes» étaient des «cibles légitimes» pour l’Alliance. En lisant des notes, le général Wilby a déclaré que «les radios et les télévisions serbes sont un instrument de propagande et de répression. Slobodan Milosevic a rempli les ondes avec de la haine et des mensonges au cours des dernières années et spécialement maintenant. Donc, cela devient une cible légitime». Interrogé peu après sur la chaîne de télévision américaine CNN, le secrétaire général de l’Alliance, Javier Solana, a considérablement atténué la portée du message du général David Wilby. «En ce qui concerne la télévision (serbe), il est plus qu’évident qu’elle a des liens avec les relais militaires que l’armée (yougoslave) utilise», a déclaré M. Solana à CNN. «Dans ce cas, il faut considérer cela comme des cibles militaires», a-t-il ajouté. Selon un responsable de l’Otan sous couvert de l’anonymat, M. Solana voulait dire que seuls les relais de transmission utilisés à la fois par la télévision et les militaires serbes étaient des «cibles légitimes» des bombardements aériens. De tels relais ont déjà été touchés en début de semaine en Voïvodine (nord de la Serbie) par des frappes de l’Otan, ce qui a eu pour conséquence de perturber la diffusion d’émissions de la télévision serbe. En revanche, brouiller les émissions télévisées serbes n’est pas un objectif en tant que tel des raids, a assuré le même responsable. Phase 3 ou phase 2 Cette contradiction entre politiques et militaires à l’Otan n’est pas la première. De façon plus évidente encore, le secrétaire général Javier Solana avait dû, le 1er avril, corriger les déclarations du commandant suprême des forces alliées en Europe, Wesley Clark, alors que les deux hommes menaient une conférence de presse commune. Au sujet d’une éventuelle intervention terrestre de l’Otan au Kosovo, le général américain avait fait valoir que «les opérations aériennes seules ne peuvent pas arrêter les meurtres commis par les forces paramilitaires sur le terrain». «C’est parfaitement reconnu. Sur ce qui doit être fait, je vais en référer aux dirigeants politiques et aux gouvernements de l’Otan», avait-il ajouté, sans toutefois prôner explicitement le recours à des troupes terrestres. Javier Solana avait aussitôt réagi. Les pays de l’Otan ne «sont pas disposés» à un déploiement de troupes terrestres en situation de guerre et ne pourraient y procéder «qu’après un accord de paix», avait-il dit. Pour «permettre le retour des réfugiés, une présence internationale sera nécessaire», avait-il ajouté. Autre exemple de ces discordances : le général Clark, dans un entretien au quotidien français La Croix, s’est prononcé pour passer «immédiatement» à la «phase 3» de l’opération «Force alliée», qui permet de bombarder des concentrations de troupes au nord du 44e parallèle (Belgrade comprise). Jusqu’à présent, le Conseil de l’Otan (ambassadeurs) en est resté officiellement à la phase 2. Il a seulement élargi le 30 mars le nombre de cibles au nord du 44e parallèle, comme des bâtiments gouvernementaux serbes et yougoslaves à Belgrade.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La direction politique de l’Otan et les militaires de l’Alliance se sont à nouveau opposés sur les cibles de l’opération «Force déterminée» et l’opportunité de désigner comme objectifs les radios et la télévision serbes. Au cours du point de presse quotidien à Bruxelles, le général britannique David Wilby, porte-parole du général américain Wesley Clark, le plus haut responsable militaire de l’opération «Force déterminée», a annoncé que «les radios et télévisions serbes» étaient des «cibles légitimes» pour l’Alliance. En lisant des notes, le général Wilby a déclaré que «les radios et les télévisions serbes sont un instrument de propagande et de répression. Slobodan Milosevic a rempli les ondes avec de la haine et des mensonges au cours des dernières années et spécialement maintenant....