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Actualités - Chronologie

Témoignages concordants sur des massacres de civils au Kosovo

Les témoignages de réfugiés kosovars faisant état de massacres en série par les forces serbes au Kosovo se multiplient, chaque jour plus concordants. Depuis le début de l’exode massif des populations albanaises de certaines régions, les récits d’exécutions, d’exactions, de tirs sans sommations sur des civils sont recueillis chaque jour par les journalistes, les observateurs de l’OSCE ou les volontaires humanitaires au poste-frontière de Morine, dans le nord de l’Albanie. Impossibles à vérifier de sources indépendantes, ces témoignages se recoupent pourtant tellement – des témoins rapportant des faits exactement semblables alors qu’ils sont interrogés à plusieurs jours d’intervalle et ne peuvent donc être suspectés de s’être mis d’accord pour mentir – que les présomptions de tueries se renforcent au fil des jours. Vendredi, trois femmes affirmaient avoir été encerclées, avec tous leurs voisins du village de Krusa-Emahde, près de Prizren (sud du Kosovo), par la police et des miliciens serbes dans les bois où ils avaient fui les bombardements. «Ils ont tué sous nos yeux un jeune garçon qui tentait de se cacher, puis ont fait descendre les femmes et les enfants vers les maisons, d’où nous avons fui pour l’Albanie», racontait l’une d’elles, trop effrayée pour révéler son nom. «Ils ont gardé les hommes, mains en l’air. Nous n’avons plus de nouvelles». C’est aux abords de Krusa-Emahde qu’un réfugié assure avoir filmé, avec un caméscope, les images de dix-sept cadavres, la plupart tués d’une balle à bout portant. Selon les témoignages de cinq personnes, interrogées à Morine à des moments différents au cours des trois derniers jours, un autre drame semble s’être produit la semaine dernière à Negrovsk, dans le sud de la province. De nombreux blessés venus de ce village ont été hospitalisés à Kukes (nord de l’Albanie) et soignés pour des blessures par éclats d’obus. Tous racontent la même histoire : plusieurs centaines de personnes rassemblées de force par les Serbes dans quelques maisons puis, en pleine nuit, trois formidables explosions qui font s’effondrer les bâtiments. «Ma mère, l’un de mes enfants sont morts», se lamente, sur son lit d’hôpital, Selvishe Ukaj, 28 ans. «Nous n’avons emporté que les blessés que nous avons pu tirer des décombres». «Il doit y avoir des dizaines de morts», ajoute Mario Berisha, 46 ans, qui affirme également avoir survécu aux explosions. C’est, pour l’instant, de Suva Reka (sud) que proviennent le plus grand nombre de récits d’atrocités. «J’ai vu huit membres de la famille de Hoxne Berisha, professeur à l’université de Tirana, enfermés dans leur maison dans le centre de Suva Reka et brûlés vifs», rapporte Mehmet Elshani, 49 ans. «J’ai vu son cousin Shaban Berisha et dix membres de sa famille fusillés contre un mur. Les Serbes leur reprochaient d’avoir loué leur maison à l’OSCE». Dans cette région, plusieurs dizaines de civils serbes sont portés disparus depuis une offensive de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) début juillet et des actes de vengeance sont probables. «C’est un massacre!», s’insurge un médecin français, occupé depuis trois jours à prodiguer les premiers soins aux blessés tout près du poste-frontière. «Les témoignages sont trop nombreux : des mutilations, des pères abattus devant leurs enfants. C’est terrible». Plusieurs personnes ont également raconté, alors qu’elles étaient soignées, que des miliciens serbes masqués avaient enlevé les jeunes filles les plus jolies dans certains convois de réfugiés.
Les témoignages de réfugiés kosovars faisant état de massacres en série par les forces serbes au Kosovo se multiplient, chaque jour plus concordants. Depuis le début de l’exode massif des populations albanaises de certaines régions, les récits d’exécutions, d’exactions, de tirs sans sommations sur des civils sont recueillis chaque jour par les journalistes, les observateurs de l’OSCE ou les volontaires humanitaires au poste-frontière de Morine, dans le nord de l’Albanie. Impossibles à vérifier de sources indépendantes, ces témoignages se recoupent pourtant tellement – des témoins rapportant des faits exactement semblables alors qu’ils sont interrogés à plusieurs jours d’intervalle et ne peuvent donc être suspectés de s’être mis d’accord pour mentir – que les présomptions de tueries se renforcent...