Les forces spéciales de l’Otan, déployées en Bosnie et en Macédoine, peuvent effectuer en zone hostile des missions de renseignement ou d’action psychologique, de sabotage, de guidage d’avions pour des frappes aériennes, de récupération de pilotes abattus ou d’exfiltration de prisonniers. En Bosnie, des criminels de guerre serbes recherchés par le Tribunal pénal international de la Haye ont ainsi été arrêtés par des forces spéciales néerlandaises, britanniques ou françaises. Trois pays — États-Unis, Grande-Bretagne, France — disposent en Bosnie et en Macédoine d’effectifs significatifs de forces spéciales. Selon des spécialistes, ils seraient de l’ordre d’un millier de commandos. Les états-majors sont traditionnellement réticents à confirmer la présence de forces spéciales et les missions dont elles pourraient être chargées. Pour l’action des forces spéciales, popularisée au cinéma par les Bérets Verts avec John Wayne ou par les Rambo avec Sylvester Stallone, la discrétion est en effet le gage de leur efficacité. Leur mission de base est la reconnaissance dans la profondeur du dispositif adverse pour faciliter l’action des avions de combat ou de transport et préparer l’arrivée de forces terrestres. Des commandos peuvent rester plusieurs jours dans une cache rustique d’où ils observent le dispositif de l’adversaire et transmettent des informations. La mobilité, la précision et la portée des armes (bombes à guidage laser, missiles) nécessitent une détection et une sélection des objectifs par des hommes au sol pour compléter et recouper les données des satellites-espions ou des avions de reconnaissance avec ou sans pilote. Récupération d’otages Placées, depuis avril 1987, sous le commandement de l’US special operations command (USSOCOM) dont le quartier-général est à Tampa (Floride), les forces spéciales américaines comptent plusieurs milliers d’hommes : de la force Delta antiterroriste, engagée dans l’opération manquée pour récupérer les otages américains en Iran, aux unités SEAL (Sea Air Land) de la marine actuellement en Bosnie, en passant par les Rangers et les Bérets Verts. Elles disposent de moyens de transport aérien considérables, regroupés dans l’Air Force Special Operations Command (AFSOC), avec des appareils de combat et de transport spécialisés. Le Combat Talon, un C-130 Hercules ravitaillable en vol, quasi indétectable, protégé contre les menaces sol-air, peut déposer plusieurs dizaines d’hommes de nuit, et par tous temps, en profondeur dans le dispositif adverse. Les Britanniques, inventeurs du concept de forces spéciales en 1941 avec David Stirling, créateur du Special Air Service (SAS) et des raids en profondeur derrière les lignes ennemies, observent une très grande discrétion. Pourtant, Andy McNab, un ancien SAS fait prisonnier pendant la guerre du Golfe par les Irakiens, a brisé ce tabou dans plusieurs ouvrages. Le SAS group compte deux régiments de réserve (21e et 23e) et un d’active (22e) et le Special Boat Squadron (SBS) du Royal marines. Les SAS sont intervenus contre des preneurs d’otages (ambassade d’Iran à Londres en 1980), des membres de l’Ira en Ulster ou à Gibraltar, des soldats argentins aux Malouines ou plus récemment en Bosnie. La France a créé en 1992 un commandement des opérations spéciales (COS) qui dispose pour emploi de 1 500 commandos (1er régiment parachutiste d’infanterie de marine, commandos-marine, commando- parachutiste de l’air numéro 10) et de moyens aériens (hélicoptères et avions) spécialisés. Ils sont intervenus dans des opérations nationales (évacuation de ressortissants en Afrique, arrestation du mercenaire Bob Denard aux Comores) ou dans le cadre de coalitions (Somalie, ex-Yougoslavie).
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