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Actualités - Chronologie

Voile - Handicapés Un équipage mixte handicapés-valides en quête de l'Amérique

Six Marseillais, dont trois sont handicapés, s’attaqueront mi-décembre à une traversée de l’Atlantique à la voile en laissant à quai fauteuils roulants et préjugés. Armés de leurs qualités de marins, d’un bateau aménagé depuis 1997 par leurs soins et de la volonté de prouver leur complémentarité, ils entendent faire connaître leur association, Voile au large, et son message : la vie ne s’arrête pas avec un accident. Le président fondateur de l’association, Marc Mollo, veut «donner un coup de pied dans la fourmilière». Victime d’un accident de moto il y a une dizaine années, il a commencé par faire du sport réservé aux handicapés. Et en est vite sorti. «Une compétition handisport, visuellement, c’est difficile à supporter», explique-t-il alors que «dès l’instant que tu fais de la mixité, ça ne fait plus cour des miracles». Marc Mollo a commencé la voile après son accident : «Je voulais faire quelque chose qu’handisport ne faisait pas». Il a acheté sur ses propres deniers le bateau de l’association, Angiolina, et, à force d’obstination, a trouvé des partenaires, publics pour la plupart. voile au large accueille indifféremment des personnes valides et des handicapés. Chacun se met à la manœuvre avec en tête la maxime de l’association : «Ni handicapé ni valide, seulement marin». L’important, selon Marc Mollo, étant de garder des proportions «qui n’effraient pas les gens». Selon un autre membre historique de l’association, Philippe Marin, les réticences disparaissent vite à bord: «Comme on laisse nos fauteuils à terre, l’obstacle visuel disparaît. Le handicap s’efface». Bienfaits thérapeutiques Le bateau a été adapté petit à petit par l’association, au fil des années et des sorties: des trampolines amovibles pour se déplacer, un système automatique pour descendre du cockpit au roof, des poignées en aluminium un peu partout, une jupe arrière adaptée pour d’éventuelles chutes à la mer, un système qui permet d’effectuer toutes les manœuvres depuis le cockpit... «Les connaissances de notre handicap et celles du milieu marin font qu’on arrive à faire des choses simples», fait observer Philippe Marin. La traversée de l’Atlantique, avec une escale aux Canaries, a aussi pour objectif de «prouver que le bateau est adapté» et qu’il ne faut pas forcément des millions pour permettre aux handicapés de naviguer. «J’ai vu des projets mégalomanes avec des vérins hydrauliques de partout, mais où rien n’était prévu pour les toilettes», sourit Marc Mollo, ancien dessinateur industriel à la Comex (Compagnie maritime d’expertise). Les navigateurs espèrent également revenir avec des données prouvant les bienfaits thérapeutiques de la mer. «On fait des mouvements qu’on n’a pas l’habitude de faire et le fait d’être sans cesse en mouvement atténue les contractures», dit Philippe Marin, selon qui «le roulis a également des effets bénéfiques». Leurs observations seront analysées par le professeur Hubert Tournebise, du centre spécialisé d’Hyères, où l’association organise régulièrement des sorties d’initiation avec les patients. Mais le but ultime de ces marins un peu particuliers est que leur association disparaisse un jour faute de raison d’être: «Ce dont on rêve, c’est de pouvoir aller dans n’importe quel club faire de la voile». Et qu’à Pointe-à-Pitre, au bout de 4 200 milles de traversée, Angiolina soit suffisamment connu pour que tous les centres nautiques s’équipent du même genre de navire.
Six Marseillais, dont trois sont handicapés, s’attaqueront mi-décembre à une traversée de l’Atlantique à la voile en laissant à quai fauteuils roulants et préjugés. Armés de leurs qualités de marins, d’un bateau aménagé depuis 1997 par leurs soins et de la volonté de prouver leur complémentarité, ils entendent faire connaître leur association, Voile au large, et son message : la vie ne s’arrête pas avec un accident. Le président fondateur de l’association, Marc Mollo, veut «donner un coup de pied dans la fourmilière». Victime d’un accident de moto il y a une dizaine années, il a commencé par faire du sport réservé aux handicapés. Et en est vite sorti. «Une compétition handisport, visuellement, c’est difficile à supporter», explique-t-il alors que «dès l’instant que tu fais de la mixité,...