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Actualités - Chronologie

Voile - Coupe Louis Vuitton Mise en garde après l'affaire Young America

Le président du jury de la Coupe Louis Vuitton, Bryan Willis, a «mis en garde» contre la demande de délai non justifiée, dimanche à Auckland, les syndicats qui participent aux éliminatoires de la Coupe de l’America, après la saga juridique déclenchée par Young America. Le défi new-yorkais, un des favoris de la Coupe, s’était vu accorder jeudi un point de dédommagement, le jury considérant que le comité de course avait commis une erreur en refusant au bateau américain un délai de 45 minutes pour réparer un problème de vit-de-mulet avant le départ d’une des courses. Mais le jury était revenu sur sa décision, vendredi, l’enquête ayant révélé que les dégâts du bateau, des fissures dans le pont étaient tels qu’ils n’auraient pu être réparés dans le délai imparti. «Si ça ne va pas plus loin, je pense que c’est une sonnette d’alarme pour que les gens fassent plus attention», a déclaré Bryan Willis dimanche. «S’ils demandent un délai, ils doivent soulever un vrai problème, ils doivent dire la vérité», a-t-il ajouté. Bryan Willis a par ailleurs estimé que, dans le cas de Young America, le jury n’avait pas commis d’erreur mais qu’il avait changé d’avis, une fois qu’il avait eu connaissance de nouvelles informations. Le troisième et dernier round robin commence le 2 décembre. Young America a terminé sixième sur onze challengers de la deuxième série de régates. Retour au chantier pour de nombreux bateaux La deuxième série de régates de la Coupe Louis Vuitton (Round Robin 2) s’est achevée samedi sur la domination confirmée de l’Italien Prada et sur la certitude que bon nombre de bateaux vont retourner au chantier d’ici à la troisième et dernière série pour améliorer leur performances, mais aussi leur solidité. Le Round Robin 2 (série de duels de chaque bateau contre tous les autres) a montré que les onze pur-sang qui s’affrontent pour mériter le titre de challenger officiel de la Coupe de l’America ont bien du mal à résister aux conditions difficiles qui règnent dans la baie d’Hauraki en ce printemps austral. Avalanche d’avaries Les organisateurs en sont conscients, qui annulent les régates dès lors que le vent dépasse les 22 nœuds (environ 40 km/h). Cela n’a pas empêché une avalanche d’avaries diverses. On ne compte plus depuis deux semaines les voiles déchirées, les bômes endommagées, voire les dématages... Sans compter la quille fissurée du bateau suisse Fast 2000 qui n’a pu disputer les trois dernières courses du Round Robin, ou, pire encore, le quasi-naufrage de Young America. Le défi de New York, pourtant l’un des favoris, a vraiment été le concurrent maudit de ce deuxième tour. Il a failli couler en pleine course lorsque la coque de son premier bateau (USA 53) s’est pliée au niveau du mât en heurtant une vague un peu plus forte que les autres. Forfait pour la course suivante, le temps de faire homologuer son deuxième bateau, USA 58, il a redoublé d’ennuis avec un nouveau forfait mercredi dernier à cinq minutes du départ. Les New-Yorkais ont fait valoir que le comité de course leur avait refusé un délai de 45 minutes pour réparer une avarie. Ils y ont gagné un point de dédommagement avant que le jury international ne se rende compte que l’incident allait bien plus loin qu’une petite avarie : une partie de l’équipage était en fait profondément angoissée par des craquements. Young America maudit Il a fallu se rendre à l’évidence, en fin de semaine, alors que le bateau a rétrogradé de la 2e à la 6e place du classement: ces craquements se sont traduits par des fissures dans le pont qui inquiètent sur la solidité du nouveau bateau, pourtant déjà renforcé. Les New-Yorkais seront donc largement occupés par les travaux entre la consolidation du deuxième bateau et la réparation du premier, en attendant le début du troisième Round Robin le 2 décembre. Il sera en bonne compagnie avec le bateau suisse dernier du classement qui doit non seulement rendre sa double quille plus manœuvrante mais aussi réparer ses fissures. Le défi français Bouygues Télécom Transiciel, actuel neuvième sur onze, avec seulement cinq victoires en 20 courses, doit lui aussi procéder à de nouvelles améliorations techniques. Pour avoir une chance de terminer le troisième Round Robin dans les six premiers qui auront droit aux demi-finales, Sixième Sens va être équipé d’un nouveau safran ainsi que de nouvelles ailettes au bulbe de sa quille. Le mât devrait être allégé et le bateau va également recevoir un nouveau jeu de voiles. Ce jeu de meccano risque d’être commun à la plupart des autres concurrents dans l’espoir de renverser la tendance lors du troisième et dernier Round Robin, où chaque course vaudra 9 points contre 4 au deuxième tour et 1 point pour le premier. L’Italien Prada a surfé jusqu’ici sur les difficultés avec 19 victoires en vingt courses, pour une seule défaite contre le vétéran américain Dennis Conner et son Stars and Stripes. Avec 46 points, il est pour l’instant solidement installé en tête devant trois Américains, America True (38) Stars and Stripes (36,5) et AmericaOne (36). Avec 29,5 points, le Japonais Nippon Challenge, cinquième, devance Young America actuellement en position de dernier qualifié. En queue de peloton, le bateau espagnol (17 points) et l’Hawaïen Abracadabra (16) ont l’avantage sur le trio défi Français (14), Young Australia (9) et Fast 2000 (8). Le monde de la voile rend un dernier hommage à Paul Vatine La petite église Sainte-Jeanne d’Arc des hauts du Havre était comble samedi pour le dernier hommage du monde de la voile au skipper Paul Vatine, disparu en mer le 21 octobre dernier, pendant la transatlantique en double Le Havre-Carthagène (Colombie). Mireille, son épouse, avec qui il s’était marié quelques jours seulement avant le départ de la course, après onze années de vie commune, avait tenu à ce que la cérémonie, très simple mais très émouvante, ait lieu dans cette même chapelle où Paul avait été baptisé le 25 septembre 1957. Un millier de personnes ont répondu présent à l’appel de Mireille pour cet hommage: de nombreux skippers, bien sûr, dont le dernier coéquipier de «Paulo», Jean Maurel, récupéré par un cargo britannique après le tragique chavirage de leur trimaran. Parmi l’assistance figuraient également des organisateurs et beaucoup de ces anonymes de la voile, équipiers, préparateurs, anciens compagnons de club ou de quartier. Tous avaient tenu à se retrouver aux côtés de la compagne du skipper pour se recueillir ensemble, dans cette petite église et autour d’une photo, un mois après une disparition qui a laissé un grand vide dans le petit monde de la voile. C’est sur un texte de Paul Vatine, écrit en novembre 1998, que le prêtre a ouvert la cérémonie; «Ne pleurez pas pourtant, car je suis de retour, je vous l’avais promis», écrivait le marin qui ne craignait pas de regarder en face les risques de son métier. «Vous sourirez quand même à me voir, là, debout, sans trace d’amertume, le combat fut superbe». Dans une atmosphère de recueillement, Mireille a tenu à réciter elle-même un poème qu’elle a écrit à Paul. «Je ne peux pas pleurer, j’ai versé tant de larmes quand tu étais en mer», écrit-elle, «je t’envie mon amour de t’être délivré à jamais de la boue qui nous colle aux souliers». «Comme cela te ressemble de nous avoir laissés», poursuit-elle, «nous n’avions qu’à te suivre ... d’horizons si lointains, toujours, tu nous parlais». Les gerbes de fleurs déposées au pied de la photo de Paul devaient être immergées samedi après-midi au large de la Hève, le cap qui garde l’entrée du Havre.
Le président du jury de la Coupe Louis Vuitton, Bryan Willis, a «mis en garde» contre la demande de délai non justifiée, dimanche à Auckland, les syndicats qui participent aux éliminatoires de la Coupe de l’America, après la saga juridique déclenchée par Young America. Le défi new-yorkais, un des favoris de la Coupe, s’était vu accorder jeudi un point de dédommagement, le jury considérant que le comité de course avait commis une erreur en refusant au bateau américain un délai de 45 minutes pour réparer un problème de vit-de-mulet avant le départ d’une des courses. Mais le jury était revenu sur sa décision, vendredi, l’enquête ayant révélé que les dégâts du bateau, des fissures dans le pont étaient tels qu’ils n’auraient pu être réparés dans le délai imparti. «Si ça ne va pas plus loin, je...