Le dollar continuait à être recherché à Beyrouth et parfois à un rythme dépassant le potentiel de l’offre sans que cela puisse perturber l’équilibre du marché. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, que le billet vert est parvenu à achever la journée d’hier au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Dans ce contexte, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar tout près de ce taux indicatif entre 1 505,50 et 1 506,50 LL puis entre 1 504,00 et 1 505,00 LL et finalement entre 1 503,00 et 1 503,50 LL et ce au gré de l’évolution de l’offre et de la demande, indique-t-on dans les milieux cambistes. Ce mouvement s’est déroulé dans un marché modérément étoffé avec quelque dix millions de dollars entièrement négociés à l’achat et à la vente par les banques de la place, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Dollar soutenu malgré la hausse des taux américains À l’étranger, le dollar s’est apprécié face au yen tout en évoluant dans des marges étroites face à l’euro sur les marchés des changes internationaux, avant et après la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed) qui a décidé de relever les taux directeurs aux États-Unis d’un quart de point en pourcentage de 5 1/4 à 5 1/2 % pour le taux interbancaire (Fed funds) et du taux d’escompte de 4 3/4 à 5 %. La Fed a donc décidé de resserrer un peu sa politique monétaire à l’issue de cette réunion, alors que les économistes étaient partagés sur l’évolution du loyer de l’argent américain, fixé à 5,25 % pour les Fed funds et à 4 3/4 % pour le taux d’escompte le 24 août dernier, après avoir été remonté à deux reprises cet été. Le dollar restait néanmoins soutenu par le sentiment que, quelle que soit l’initiative de la Fed, les marchés financiers américains devraient bien réagir, surtout le marché obligataire. De son côté, l’euro est demeuré pratiquement vulnérable après une série de statistiques allemandes décevantes la semaine dernière qui ont fait douter les investisseurs sur la vigueur de la reprise économique de la zone euro. Dans ce contexte, les analystes vont être particulièrement attentifs demain à la publication du rapport IFO sur le climat des affaires en Allemagne le mois dernier. Si l’IFO déçoit les marchés, la pression montera sur l’euro, ont souligné les opérateurs. Les dernières perspectives économiques d’automne publiées hier par l’OCDE, qui a révisé fortement à la hausse ses prévisions de croissance pour ses 29 pays membres, n’ont pas eu d’effet sensible sur les marchés des changes, les cambistes ayant déjà largement pris en compte la reprise économique mondiale. Quant au yen, il a souffert d’un regain d’intérêt des investisseurs japonais pour le billet vert, anticipant que la devise américaine ne subirait pas de revers même si le comité de l’open market de la Fed renonçait à relever les taux directeurs aux États-Unis. À cet égard, les annonces hier de la Banque du Japon, qui a révisé à la hausse son évaluation de la situation économique du pays dans son rapport mensuel pour novembre, et de l’agence de planification économique, qui a laissé son évaluation inchangée, n’ont eu aucun impact sur le yen qui a continué de battre en retraite face au dollar jusqu’à la fin de la journée. De son côté, la livre sterling a fini aussi par plier face au billet vert alors qu’elle était parvenue à se maintenir dans la matinée au-dessus de 1,62 dollar. Le recul de la devise britannique est advenu en dépit de l’annonce hier d’une légère accélération de l’inflation en Grande-Bretagne le mois dernier, l’indice des prix à la consommation ayant progressé de 0,2 % par rapport à septembre et de 1,2 % sur un an. Finalement, le dollar s’est négocié sur un ton généralement soutenu, à New York, comme suit : – 1,0314 pour un euro contre 1,0318, la veille – 1,6185 pour un sterling contre 1,6200 – 1,8965 DM contre 1,8960 – 6,3595 FF contre 6,3575 – 1,5535 FS contre 1,5565 – 1 877,25 lires contre 1 876,60 – 105,90 yens contre 104,85. Bourse de Beyrouth : marché étriqué À la Bourse de Beyrouth, toujours étriqué, la tendance a été gouvernée hier par la hausse des actions A de Solidere de 6 1/4 à 6 1/2 dollars, dans un marché sur lequel les actions B de la même société et celles de la Bank of Beirut n’ont subi aucune modification. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,30 % à 74,33 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 177,00 points. Cette reprise de la cote s’est déroulée hier dans un volume d’affaires excessivement mince avec seulement 5 000 actions négociées d’une valeur globale de 34 594 dollars. Wall Street : légère réduction des gains après la Fed Sur les places boursières internationales, Wall Street a perdu hier un peu de ses gains après la décision de la Fed d’augmenter d’un quart de point son taux directeur interbancaire et son taux d’escompte. Avant ce relèvement d’un quart de point des taux américains, la publication de nouvelles statistiques hier, montrant une progression de 0,7 % de la production industrielle américaine le mois dernier contre un recul de 0,1 % en septembre, est venue soutenir la cote dans la mesure qu’elle reflétait une grande vigueur de l’économie. Cela d’autant que les opérateurs boursiers apprenaient que le taux d’utilisation des capacités industrielles a augmenté aussi à 80,70 % contre 80,40 % pendant la même période. Les investisseurs se sont montrés donc soulagés en apprenant que la plus grande partie du rebond de la production industrielle en octobre a été imputable à la reprise de l’économie après l’ouragan Floyd, qui avait touché la côte Est des États-Unis à la fin de l’été. «Ces chiffres ne devraient refléter aucun signe de surchauffe économique», a-t-on indiqué hier dans les salles de marché. C’est dans ce contexte que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, qui était remonté d’un plus bas à 10 757,39 points à un plus haut à 10 896,24 points, a dû afficher en préclôture 10 869,63 points, en hausse de 108,88 points sur la veille. Nouveaux records pour les Bourses européennes Les Bourses européennes ont terminé mardi sur des records, soutenues par la fermeté de Wall Street avant l’annonce de la décision de la Réserve fédérale américaine sur les taux d’intérêt. Le comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed a annoncé un relèvement de ses taux d’intérêt, le troisième depuis le début de l’année. Le marché a été partagé sur l’attitude que va adopter la Fed pour tempérer les pressions inflationnistes, mais les analystes ont estimé qu’une hausse de 25 points a déjà été prise en compte. Le compartiment des télécommunications a été particulièrement agité. Le volume des transactions sur les titres Vodafone Air Touch a progressé après que le géant des télécoms anglo-américain eut annoncé qu’il préparait une offre hostile sur Mannesmann AG. Vodafone a indiqué qu’il lancerait une nouvelle offre sur Mannesmann avant vendredi afin de créer le numéro un de la téléphonie mobile en Europe. Mannesmann a gagné jusqu’à 9 % après cette annonce avant de finir en hausse de 2,3 % à 207,65 euros. Vodafone a terminé en baisse de 7,18 %, les investisseurs craignant que le groupe ne paie trop cher son acquisition. Parallèlement, le groupe britannique Orange PLC, que Mannesmann est en train de reprendre pour 32 milliards de dollars, a gagné 10 %. Par ailleurs, le groupe de défense suédois Celsius a gagné 26 % à 172,50 après avoir accepté l’offre amicale de cinq milliards de couronnes (600 millions de dollars) lancée par Saab AB. Saab s’est adjugé 1,52 %. Le groupe allemand Thyssen-Krupp AG a progressé de 12,32 % après avoir annoncé une réorganisation majeure et l’introduction en Bourse en 2000 de sa filiale sidérurgique. Les Bourses européennes, après une matinée morose, ont atteint des plus hauts historiques grâce à la grande fermeté de Wall Street. L’indice multipays Eurotop 300 affichait en fin de journée une hausse de 0,64 % tandis que l’Euro Stoxx finissait en progression de 0,5 %, établissant tous deux de nouveaux records. L’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a clôturé en hausse pour la 13e séance consécutive à 5 191 points, soit une progression de 0,25 %. À Amsterdam, l’AEX a atteint un nouveau record historique à 604,11 points (+0,73 %) tiré par Royal Dutch qui a progressé de 2,78 % à 61,80 euros. L’opérateur de téléphonie mobile Libertel a gagné 0,25 % à 20,20 euros. Madrid a atteint son plus haut niveau depuis janvier à 10 619,7 points, en progression de 0,6 %. Londres a terminé en hausse pour la 12e fois en 14 séances. Le FTSE a gagné 0,76 % à 6 583 points, son plus haut niveau depuis le 7 juillet. Le marché britannique a bénéficié de la progression des valeurs pétrolières comme BP Amoco et Shell ainsi que des bancaires comme HSBC Holdings et Lloyds TSB qui ont apporté au FTSE environ 53 points. Francfort a progressé de 0,86 % ou 50,23 points à 5 909,52 points et Milan a été en hausse de 0,34 % à 23 935 points. Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,2 % à 18 155,14 points mardi à la suite d’une vague de ventes touchant surtout les valeurs vedettes des secteurs de l’information et des télécommunications. L’indice Nikkei 225 a cédé 42,95 points à 18 155,14 après avoir atteint le niveau de 18 289,41. Les investisseurs «ont vendu des valeurs liées à la technologie de l’information et des télécommunications qui avaient dominé les transactions récemment sur le marché», a indiqué Kazunori Jinnai, analyste à Daiwa SB Capital Markets. Mais le marché est «resté ferme», a-t-il ajouté. Le Topix a perdu 8,77 points à 1 580,39. Le montant des transactions s’est élevé à 640 millions d’actions contre 685,39 millions la veille. Les valeurs en hausse ont dominé à 657 contre 583, 112 restant inchangées. Selon Masatoshi Sato, opérateur à Kankaku Securities, les investisseurs attendent l’issue du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale qui doit se tenir au plus tard mardi. Le titre du géant des télécoms Nippon Telegraph et Telephone Corp. a perdu 40 000 yens, soit 2,1 % à 1,84 million de yens. Son unité de téléphone mobile, NTT Mobile Communications Network Inc, connu sous le nom de NTT DoCoMo, a perdu 160 000 yens, soit 5,2 % à 2,92 millions de yens. Les actions de KDD Corp. ont plongé de 1 700 yens, soit 12,6 % à 11 800 yens. Casio Computer Co. Ltd. a perdu 20 yens, soit 3,1 % à 625 yens après l’annonce d’un plongeon de 56,8 % des bénéficies nets de sa compagnie mère au cours des six mois précédant septembre. Mitsubishi Heavy Industries Ltd. a abandonné cinq yens, soit 1,4 % à 361 yens en partie à cause de sa responsabilité dans le projet gouvernemental de la fusée H2.
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