Leurs morts enterrés, les rescapés quittent la ville maudite
le 20 novembre 1999 à 00h00
En bus avec un sac, en camion ou en charrette avec des meubles, les rescapés de Duzce quittent en masse leur ville maudite, laissant derrière eux un passé en ruines, une fois le choc du séisme passé et leurs morts enterrés. Presque la moitié de la population est partie, beaucoup pour ne jamais revenir, estime un responsable de la municipalité, même si pour l’instant il est impossible de chiffrer ces départs. Vers les grandes villes ou les villages alentour, l’exode timidement commencé en début de semaine s’est accéléré hier, alors que la quasi-totalité des chantiers de recherche des cadavres et survivants se sont arrêtés, près d’une semaine après le tremblement de terre qui a frappé la région. «Jusqu’à présent, on avait tous quelque chose à faire, récupérer les meubles des décombres, attendre que les secouristes finissent leur travail. Mais une fois que tout est réglé, il faut partir», explique Yusuf Dural qui a déjà envoyé ses deux enfants à Ankara chez sa sœur. Avec sa femme, il attend maintenant qu’on lui rende les corps de sa cousine et de son mari, ensevelis sous les ruines d’un supermarché où les recherches se poursuivent. Ici, pour faire le deuil, le corps doit être enterré entier, rappelle-t-il. «Presque toutes les maisons sont détruites et dans les autres, il est impossible de vivre. Il n’y a que ceux qui n’ont pas d’endroit où aller qui restent ici», dit-il. D’autant que l’État prend en charge le déménagement et offre l’équivalent de 200 dollars à ceux qui ont décidé de quitter la ville, déjà touchée par le séisme du 17 août. En deux jours, les rues, encombrées d’objets disparates et de tentes, se sont vidées, laissant certains quartiers désespérément figés. À la gare routière, Guldane Acaran s’apprête à prendre le bus qui doit la mener chez son fils à Antalia, avec pour bagages les seuls biens qu’elle a pu récupérer dans son appartement dévasté, des habits entassés dans deux petites valises et trois sacs en plastique. «Je laisse mes 20 ans, mes élèves, mon vieux père qui résiste et préfère mourir ici que de partir», dit cette institutrice de 50 ans. Elle regarde avec tristesse l’avenue en face. «C’était le centre toujours animé. Il y avait tous les magasins, les restaurants, les cafés, des bouchons. La vie est complètement finie à Duzce».
En bus avec un sac, en camion ou en charrette avec des meubles, les rescapés de Duzce quittent en masse leur ville maudite, laissant derrière eux un passé en ruines, une fois le choc du séisme passé et leurs morts enterrés. Presque la moitié de la population est partie, beaucoup pour ne jamais revenir, estime un responsable de la municipalité, même si pour l’instant il est impossible de chiffrer ces départs. Vers les grandes villes ou les villages alentour, l’exode timidement commencé en début de semaine s’est accéléré hier, alors que la quasi-totalité des chantiers de recherche des cadavres et survivants se sont arrêtés, près d’une semaine après le tremblement de terre qui a frappé la région. «Jusqu’à présent, on avait tous quelque chose à faire, récupérer les meubles des décombres, attendre que...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.