Le dollar a continué à être recherché cette semaine, à Beyrouth, dans un marché qui ne manquait pas d’intérêt pour la livre à des fins de placements en bons du Trésor libanais. La demande du billet vert semble s’expliquer depuis le début du mois par la propension de certains opérateurs non résidents à convertir les montants de leurs bons du Trésor libanais échus en cette monnaie afin de clôturer leurs comptes à l’approche de l’échéance annuelle. Pourtant, d’autres opérateurs résidents manifestaient toujours de l’engouement pour les placements en livre libanaise sous le rapport de sa bonne rentabilité réelle dans un contexte de stabilité monétaire. En effet, un certain équilibre entre l’offre et la demande du dollar devait s’installer sur le marché sans le moindre recours à la Banque du Liban (BDL) qui a quand même maintenu ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente de cette monnaie entre 1 501,00 et 1 514,00 LL, pour la faire clôturer tous les jours, de lundi à vendredi, au prix moyen indicatif de 1 507,50 L.L, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu de cette structure de l’offre et de la demande, les établissements de crédit ont été encore une fois amenés à négocier pratiquement le dollar en deçà de ce taux indicatif et souvent à des cours légèrement supérieurs au bas de la fourchette d’intervention de la BDL Il a dû ainsi fluctuer toute la semaine dans des marges étroites entre 1 501,50 et 1 503,50 LL avec des volumes d’affaires ne dépassant que très rarement le seuil des dix millions de dollars quotidiennement, soit sur la semaine quelque 45 millions de dollars entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, dans un marché équilibré de lui-même, à en croire les milieux cambistes qui ont démenti tout lien entre la demande du dollar et les incertitudes politiques intérieures et régionales. Bonne semaine pour le dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar a encore volé la vedette aux autres grandes devises cette semaine sur les marchés des changes internationaux, soutenu par Wall Street qui a une nouvelle fois accentué sa hausse en dépit d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt américains par la Réserve fédérale (Fed). De son côté, l’euro ne semble toujours pas avoir retrouvé la faveur des investisseurs, la monnaie unique européenne ayant touché ses plus bas niveaux, hier, depuis juillet dernier, face au billet vert malgré une nouvelle amélioration de la conjoncture économique allemande. Le yen et la livre sterling sont restés à l’arrière-plan ces derniers jours et leurs mouvements ont été confinés dans des marges étroites. Une fois n’est pas coutume, Wall Street et, par répercussion, le dollar ont bien accueilli la décision prise mardi dernier par la Fed d’augmenter d’un quart de point en pourcentage à 5,50 % son taux interbancaire et à 5,00 % son taux d’escompte, prenant ainsi une assurance supplémentaire contre les risques inflationnistes. La réaction positive du Dow Jones s’explique par le fait que cette initiative avait été largement attendue mais également par le soulagement des investisseurs qui excluent désormais toute nouvelle hausse du loyer de l’argent aux États-Unis à moyen terme. Ce sentiment a été renforcé par la décision de la Fed d’abandonner sa directive, prise le 5 octobre, penchant vers un relèvement futur des taux, pour estimer désormais que les risques entre récession et inflation sont équilibrés. L’optimisme des opérateurs est tel que même une nouvelle aggravation du déficit commercial des Etats-Unis, annoncée jeudi, n’est pas parvenue à faire vaciller la Bourse de New York, le Dow Jones s’étant même payé le luxe, ce jour-là, de repasser la barre des 11 000 points, pour la première fois depuis le 13 septembre. Quant à la monnaie unique européenne, délaissée par les investisseurs, elle s’est enfoncée à moins de 1,0250 dollar hier, par moment, soit au plus bas depuis le 20 juillet dernier. Pourtant, le dernier rapport de l’institut munichois de conjoncture IFO a fait part jeudi dernier d’une nouvelle amélioration du climat des affaires en Allemagne de l’Ouest au mois d’octobre. Mais, bien que bons, ces chiffres n’ont fait qu’être conformes aux attentes des analystes. Les économistes semblent encore douter de la vigueur de la reprise économique de la zone euro, après la publication la semaine dernière de chiffres décevants sur la production industrielle et sur les ventes de détail en Allemagne. De plus, après l’importante hausse d’un demi-point en pourcentage à 3,00 % de son principal taux directeur décidée par la Banque centrale européenne (BCE) au début du mois, la grande majorité des économistes ne prévoient pas de nouvelles augmentations du loyer de l’argent de sitôt dans la zone euro. Pour ce qui est de la livre sterling, elle a oscillé autour de 1,62 dollar, s’appréciant brièvement après la publication d’une série de bons chiffres économiques britanniques, notamment sur l’emploi et les ventes de détail, qui tendent à soutenir les arguments en faveur d’un nouveau resserrement monétaire. Mais, pour l’instant, la plupart des économistes estiment que la Banque d’Angleterre, qui a relevé d’un quart de point à 5,50 % son taux directeur début novembre, ne procédera pas à une nouvelle augmentation à une nouvelle augmentation du loyer de l’argent avant l’année prochaine. Dans ce contexte, le dollar est parvenu à consolider ses gains de la semaine face aux monnaies européennes tout en s’appréciant davantage vis-à-vis du yen, se négociant à New York comme suit : – 1,0308 pour un euro contre 1,0313, à la fin de la semaine dernière – 1,6205 pour un sterling contre 1,6155 – 1,8975 DM contre 1,8965 – 6,3630 FF contre 6,3605 – 1,5550 FS contre 1,5575 – 1 878,25 lires contre 1 877,50 – 106,35 yens contre 105,20. Bourse de Beyrouth : poursuite de la hausse de Solidere Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a continué sur sa lancée de la semaine dernière avec la poursuite de la hausse des actions A de Solidere de 6 1/4 à 6 3/4 dollars et B de 6 3/4 à 7,00 dollars ainsi que celles des Ciments blancs au porteur de 1 13/16 à 1 7/8 dollar, dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,96 % à 74,77 points contre 74,06 points à la fin de la semaine dernière, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 177,00 points pendant la même période. Ce mouvement s’est déroulé cette semaine dans des volumes d’affaires peu étoffés avec au total 126 003 actions d’une valeur globale de 619 808 dollars contre 234 818 actions d’une valeur globale de 1 239 873 dollars la semaine dernière. Les grandes Bourses, sauf Londres, en hausse cette semaine Sur les autres places financières internationales, Wall Street a continué de progresser cette semaine sans manifester le moindre énervement à la décision de la Fed de resserrer le cran de sa politique monétaire. Le bilan hebdomadaire s’est soldé ainsi par une hausse de 2,43 %, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles s’élevant hier à 11 030,80 points contre 10 769,01 points à la fin de la semaine dernière. Le climat est resté bon pour les placements en actifs américains, surtout après la publication de bons résultats trimestriels par Hewlett-Packard et la forte progression de 53 % du titre de sa division instruments Agilent dont elle détient 85 % du capital. Toutefois, l’annonce par Caterpillar d’une révision à la baisse de sa prévision de bénéfice au quatrième trimestre 1999 est venue peser un peu sur la cote à la veille du week-end sans pour autant renverser la tendance haussière du marché sous la conduite des valeurs de la haute technologie qui ont poursuivi leur conquête des sommets. Quant aux Bourses européennes, elles n’on pas fait ressortir de tendance uniforme au terme d’une semaine marquée surtout par le lancement par le britannique Vodafone AirTouch sur l’allemand Mannesmann de la plus grosse OPE (offre publique d’échanges) à ce jour d’un montant de 124 milliards d’euros. Si les titres des deux sociétés intéressées ont assez mal réagi à l’annonce de cette opération, il n’en demeure pas moins que cette initiative a renforcé l’intérêt pour les autres valeurs du secteur des télécommunications. Tandis que la Bourse de Francfort a progressé de 2,85 % à 5 955,97 points pour l’Extra Dax et la Bourse de Paris de 2,37 % à 5 263,23 points pour le CAC 40, la Bourse de Londres a reculé sur l’ensemble d’une semaine marquée par l’offensive de Vodafone sur Mannesmann et un effondrement du secteur de l’habillement. Finalement, l’indice Footsie des 100 principales valeurs a terminé la semaine sur une baisse de 0,45 % à 6 482,30 points. De son côté, la Bourse de Tokyo a gagné au cours de cette semaine 1,7 % avec la remontée de l’indice Nikkei à 18 570,84 points, le niveau de clôture le plus élevé cette année, sous la conduite des valeurs de la haute technologie et du secteur immobilier.
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