Les militaires veulent restaurer la discipline financière
le 19 novembre 1999 à 00h00
L’opération anticorruption déclenchée par les militaires au pouvoir au Pakistan vise à restaurer la discipline financière dans un pays rongé par la fraude fiscale et le pillage des richesses, soulignent les analystes. Avec des premiers résultats en deçà des espérances, l’arrestation d’au moins 21 industriels et politiciens influents au cours du premier jour de cette campagne est la démonstration que le gouvernement est déterminé à s’en prendre aux gros poissons. «C’est semble-t-il un bon début bien que le montant des sommes récupérées au cours des quatre premières semaines de la campagne n’ont pas été à la hauteur de ce qu’on en attendait», souligne l’économiste et commentateur Aslam Sheikh. «Le gouvernement affirme qu’il a récupéré dix milliards de roupies (200 millions de dollars) et je ne pense pas que ce soit du bluff», ajoute-t-il. Les deux milliards de roupies de taxes et de sommes dues au service public constituent une somme importante, note-t-il. Après un délai de quatre semaines, les contrevenants devaient rembourser mardi soir les sommes dues à l’État. Ce délai à peine expiré, le régime militaire pakistanais a engagé une vaste opération de police menaçant de longues années de prison ceux qui seraient reconnus coupables. Le général Pervez Musharraf a prévenu que la lutte contre la corruption constituait l’une de ses priorités. Selon la Banque centrale du Pakistan, un petit groupe appartenant à l’aristocratie du pays détient un total de 211 milliards de roupies (4,1 milliards de dollars US) sous forme de prêts attribués ces dernières années. Dans de nombreux cas, ces prêts obtenus moyennant des cautions ridicules ont été rééchelonnés sous la pression des gouvernements successifs ou alors les emprunteurs ont quitté le pays pour installer des affaires à l’étranger. Les spécialistes font cependant remarquer que la récupération de l’argent de ces emprunts devra être nécessairement lent en raison des réglementations bancaires compliquées et du système judiciaire défaillant. La nouvelle loi promulguée par le pouvoir frappe de peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison les gens reconnus coupables de corruption et de concussion. Les autorités ont mis en place un tribunal financier placé sous l’autorité d’un général de l’armée. Les auteurs seront poursuivis devant cette juridiction qui peut confisquer leurs actifs. Les journaux ont cependant souligné que cette loi, dont l’effet rétroactif peut s’appliquer jusqu’à 1985, pourrait conduire les autorités vers de graves dérives. «Plus une loi est sévère et plus il y a de risques d’abus. Ceux qui ont promulgué la loi doivent faire attention à ce qu’elle ne soit pas détournée», a souligné le quotidien Nation. Le ministre de l’Intérieur Moeenuddin Haider a souligné que la nouvelle loi était destinée à colmater les brèches dans la législation existante.
L’opération anticorruption déclenchée par les militaires au pouvoir au Pakistan vise à restaurer la discipline financière dans un pays rongé par la fraude fiscale et le pillage des richesses, soulignent les analystes. Avec des premiers résultats en deçà des espérances, l’arrestation d’au moins 21 industriels et politiciens influents au cours du premier jour de cette campagne est la démonstration que le gouvernement est déterminé à s’en prendre aux gros poissons. «C’est semble-t-il un bon début bien que le montant des sommes récupérées au cours des quatre premières semaines de la campagne n’ont pas été à la hauteur de ce qu’on en attendait», souligne l’économiste et commentateur Aslam Sheikh. «Le gouvernement affirme qu’il a récupéré dix milliards de roupies (200 millions de dollars) et je ne...
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