Que l’on soit prêt ou non, le bogue risque de frapper ce soir. Après des années de mises en garde, de propos rassurants et de milliards de dollars dépensés pour y faire face, l’heure de vérité approche. Alors que des dizaines de millions de fêtards se préparent à investir les rues de New York, Londres, Paris, Sydney et Rio pour célébrer le passage à l’an 2000, les autorités du monde entier espèrent que les festivités ne seront pas gâchées par de graves dysfonctionnements dus au bogue. En effet, nul ne peut prévoir l’étendue des dégâts que pourrait provoquer le bogue. La grande majorité des informaticiens estime que l’impact global sera loin d’être catastrophique. Ils prévoient néanmoins une série d’incidents irritants et d’erreurs sporadiques affectant, par exemple, ascenseurs et feux de signalisation. Le problème du bogue tient au fait que nombre de microprocesseurs et de programmes en service ne prennent en compte que les deux derniers chiffres de l’année pour la date. Le 1er janvier 2000, ils liront 00 au lieu de 2000 et risquent d’interpréter cette date comme le 1er janvier 1900. Ils peuvent alors refuser toute instruction, s’arrêter, altérer ou détruire les fichiers. Selon le Gartner Group, un organisme spécialisé qui surveille la question du bogue depuis plusieurs années, moins de 10% d’erreurs dues au bogue interviendront dans la semaine précédant le 1er janvier ou dans celle suivant cette date. Près de 30% de problèmes se sont déjà produits et le reste sera étalé sur les deux années à venir, estime le Gartner Group. Cela n’empêche que, partout, techniciens, ministres, hommes d’affaires, militaires et assureurs suivront de très près l’évolution de la situation lorsque sonneront ce soir les douze coups de minuit, d’abord dans le Pacifique, puis en Asie, en Afrique, en Europe et enfin aux États-Unis. Les pays à risques Les secteurs bancaires et de l’assurance, dont les activités sont étroitement régies par les dates, sont conscients des risques depuis longtemps et ont investi lourdement dans les préparatifs antibogue. Ailleurs, l’état de préparation varie de secteur en secteur et de pays à pays. Les secteurs alimentaire et de la santé sont considérés comme étant assez vulnérables au bogue. Certains experts indiquent que les télécommunications, les transports, notamment ferroviaires, pourraient aussi être atteints, même si l’aviation civile est considérée comme particulièrement sûre. Les autorités américaines et britanniques, notamment, ont placé la Russie, la Chine, le Japon et l’Italie parmi les pays «à risque». Les pays moins industrialisés d’Afrique, d’Europe de l’Est et d’Amérique latine – nettement moins informatisés que les pays riches – pourraient, eux, connaître des problèmes dans les services d’aide sociale. Dans les pays occidentaux, quelques «M. Bogue» admettent désormais que la volonté d’éviter une psychose du bogue a quelque peu entravé la mise en place de mesures réellement efficaces. Outre les effets théoriques du bogue, il y a aussi la possibilité que des pirates informatiques profitent du passage à l’an 2000 pour créer une floraison de virus. Ainsi, aux États-Unis, les éditeurs de logiciels antivirus ont signalé il y a 15 jours l’apparition d’un nouveau virus informatique qui exploite la peur du bogue en se présentant comme un antidote et qui se propage rapidement par Internet. Ce virus, W95.Babylonia, affecte les utilisateurs de forums de discussion utilisant le logiciel de communication MIRC, selon Symantec et Computer Associates. Une fois qu’un ordinateur est infecté, le virus se transmet aux autres utilisateurs du même forum et essaie d’infecter tous les fichiers exécutables et d’aide dans un PC fonctionnant sous Windows.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Que l’on soit prêt ou non, le bogue risque de frapper ce soir. Après des années de mises en garde, de propos rassurants et de milliards de dollars dépensés pour y faire face, l’heure de vérité approche. Alors que des dizaines de millions de fêtards se préparent à investir les rues de New York, Londres, Paris, Sydney et Rio pour célébrer le passage à l’an 2000, les autorités du monde entier espèrent que les festivités ne seront pas gâchées par de graves dysfonctionnements dus au bogue. En effet, nul ne peut prévoir l’étendue des dégâts que pourrait provoquer le bogue. La grande majorité des informaticiens estime que l’impact global sera loin d’être catastrophique. Ils prévoient néanmoins une série d’incidents irritants et d’erreurs sporadiques affectant, par exemple, ascenseurs et feux de...