Les Pays-Bas garderont les pieds secs lors du passage à l’an 2000, a promis la secrétaire d’État à la Gestion des eaux Monique de Vries aux députés d’un pays dont plus d’un quart du territoire est situé sous le niveau de la mer. Amsterdam, Rotterdam et la moitié des Pays-Bas seraient engloutis si des milliers de digues, écluses, pompes et barrages ne les protégeaient contre la mer du Nord et les eaux de la Meuse et du Rhin qui les traversent. Or la plupart de ces pompes, écluses et barrages sont gérés par ordinateur ou grâce à des systèmes électriques particulièrement vulnérables au bogue de l’an 2000. Pour éviter toute catastrophe dans la nuit du Nouvel An, le gouvernement a mis en place dès février 1998 une cellule de crise ayant pour mission d’adapter tous les équipements de gestion des eaux au passage à l’an 2000 et de mettre en place des plans d’intervention d’urgence. De leur côté, les waterschappen, syndicats des eaux qui gèrent les pompes et petites écluses au niveau local, ont eux aussi constitué leur cellule de crise. Au total, plus de 130 millions de florins (59 millions de dollars) ont été investis pour que le plat pays puisse se dire prêt à affronter l’an 2000 sans crainte d’avoir les pieds mouillés. «Tous les ponts-levis, les écluses, les barrages peuvent fonctionner même en cas d’une panne de courant d’une durée de huit heures», explique Frans Walraven, coordinateur de la cellule de crise du ministère des Transports et de la Gestion des eaux. Tous les logiciels informatiques ont été testés mais, par précaution, plus de 500 personnes seront mobilisées dans la nuit du 31 décembre afin de pallier les éventuelles défaillances des machines. Les ponts-levis Dans les polders, ces terres conquises sur la mer, des employés des syndicats de l’eau iront vérifier régulièrement le fonctionnement des pompes qui permettent de réguler le niveau des eaux et de rejeter le trop-plein vers la mer. «La plupart d’entre elles se trouvent dans des zones isolées et sont commandées à distance. Si les réseaux téléphonique et électrique ne marchent plus, nous devrons les mettre en marche à la main», explique Anja Buisman, coordinatrice de la cellule de crise des waterschappen, qui précise que les employés feront parfois leurs vérifications à vélo afin d’éviter un éventuel chaos sur les routes. De nombreux ponts-levis, également commandés à distance, verront réapparaître les anciens «gardiens de pont» dans la nuit du Nouvel An. À Hollandsche Ijssel (Nord-Ouest), une écluse vitale qui protège les Pays-Bas des tempêtes de la mer du Nord, dix employés se tiendront prêts à faire marcher l’ancien système de commande électrique, alimenté par un groupe électrogène, en cas de problème d’ordinateur. Actuellement, à peine une personne est nécessaire pour contrôler son fonctionnement par ordinateur. Par précaution, les écluses et ponts-levis resteront tout de même fermés à la circulation fluviale entre le 31 décembre à 22h00 et le 1er janvier à 02h00 du matin. Le niveau de l’eau dans les canaux sera abaissé de 10 à 15 centimètres par rapport à la normale afin de pouvoir agrandir les capacités de stockage en cas d’arrivée massive d’eau de la mer ou de crue des fleuves. «Nous sommes prêts», affirme M. Walraven, tout en rappelant qu’il subsiste quelques points à risque. «Si une forte tempête avec vent de nord-ouest se déchaîne alors que le courant est coupé et qu’il pleut des trombes d’eau, une des énormes pompes qui permet d’évacuer l’eau à Ijmuiden (Ouest) ne marchera pas. Il n’existe pas de groupe électrogène assez puissant pour la faire fonctionner», note-t-il.
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