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Actualités - Chronologie

Côte d'Ivoire Retour d'Alassane Ouattara, opposant au président déchu

Mettant à profit le nouveau climat créé par le coup d’État militaire en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, opposant au président déchu Henri Konan Bédié et candidat à l’élection présidentielle prévue l’an prochain, a quitté hier Paris pour Abidjan. M. Ouattara a pris l’avion avec son épouse française et sa fille, après un séjour de près de quatre mois en France. Âgé de 57 ans, ancien Premier ministre du président défunt Félix Houphouët Boigny, mort en 1993, et ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Alassane Dramane Ouattara, surnommé Ado, est un musulman du nord de la Côte d’Ivoire, contrairement à Houphouët Boigny et Konan Bédié, tous deux chrétiens de l’ethnie Baoulé (centre). Avant son départ, M. Ouattara n’a fait aucune déclaration à la presse. «Il s’exprimera une fois rentré en Côte d’Ivoire et pas avant», avait prévenu Ali Coulibaly, porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR, opposition libérale), le parti de M. Ouattara. Le parti d’Alassane Ouattara avait «pris acte» dimanche, à Abidjan, du changement de pouvoir en Côte d’Ivoire, après le coup d’État militaire conduit par le général Robert Gueï. En prenant le pouvoir, le général Gueï s’était entouré de militaires proches de M. Ouattara figurant au sein du Conseil national de salut public (CNSP) constitué afin de rétablir l’ordre public. En outre, les sept plus influents cadres du RDR, dont la secrétaire générale du parti, Henriette Diabaté, qui étaient emprisonnés depuis début novembre, ont tous été libérés par les mutins, peu après le coup d’État. Dans ce contexte, le retour de M. Ouattara dans son pays s’effectue dans un contexte a priori favorable. Il intervient en effet alors que le général Robert Gueï a annoncé lundi la formation d’un gouvernement pour la semaine prochaine, demandant aux partis politiques de lui présenter des candidats ministres, à l’exception de quatre portefeuilles réservés aux militaires. Son retour constitue en outre une revanche contre Henri Konan Bédié –aujourd’hui exilé – qui avait utilisé tous les moyens dans le but de lui interdire de briguer la présidence lors du scrutin d’octobre 2000. Lorsqu’il était au pouvoir, le camp de M. Bédié s’était acharné à empêcher M. Ouattara d’être candidat en 2000 au titre qu’il ne serait pas ivoirien, mais burkinabé. M. Ouattara s’était déjà vu interdire une première fois l’autorisation de se présenter à la présidentielle de 1995. La position de la France critiquant l’attitude de M. Bédié dans sa lutte acharnée contre M. Ouattara et sa neutralité dans le coup de force militaire ont également contribué à renforcer l’opposant. Paris est le principal partenaire et soutien de la Côte d’Ivoire, quelles que soient les relations entretenues entre ces deux pays. Ces derniers mois, Paris avait critiqué à plusieurs reprises l’attitude d’Abidjan dans l’affaire Ouattara, et déploré le récent mandat d’arrêt lancé contre l’ancien Premier ministre par les autorités ivoiriennes pour «faux et usage de faux» concernant deux de ses cartes d’identité ivoiriennes, considérant cette décision comme peu favorable à un «climat serein pour la préparation des élections». Cependant, Paris a semble-t-il préféré faire la sourde oreille aux appels de M. Ouattara d’user de sa médiation, devenue aujourd’hui inutile, dans le conflit l’opposant à l’ancien pouvoir ivoirien.
Mettant à profit le nouveau climat créé par le coup d’État militaire en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, opposant au président déchu Henri Konan Bédié et candidat à l’élection présidentielle prévue l’an prochain, a quitté hier Paris pour Abidjan. M. Ouattara a pris l’avion avec son épouse française et sa fille, après un séjour de près de quatre mois en France. Âgé de 57 ans, ancien Premier ministre du président défunt Félix Houphouët Boigny, mort en 1993, et ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Alassane Dramane Ouattara, surnommé Ado, est un musulman du nord de la Côte d’Ivoire, contrairement à Houphouët Boigny et Konan Bédié, tous deux chrétiens de l’ethnie Baoulé (centre). Avant son départ, M. Ouattara n’a fait aucune déclaration à la presse....