Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les mannequins : le côté noir du miroir(photos)

Plumes, lumière, musique... Les défilés de ces superbes créatures mettant en valeur les créations des couturiers font rêver les foules. Mais voilà que la BBC de Londres vient de jeter un gros pavé dans cette mare scintillante. Diffusé le 23 novembre passé sur les écrans de la télévision britannique, un reportage du célèbre journaliste Donald Maclutyre faisait éclater le monde de la mode et ses clichés idylliques. Se faisant passer pour un photographe de mode, ce reporter a réussi à s’introduire, une année durant, dans le milieu des mannequins. Bardé de magnétophones miniaturisés, dissimulés, et d’une caméra, il a investi les coulisses des plus grandes manifestations de mode : en commençant par la Fashion Show de Londres. Par la suite vint le tour des plus grands défilés internationaux. Au cours de ce reportage, réalisé entre Paris, Milan, Nice et Moscou, drogue, abus sexuels, exploitation de mineurs et autres dérivés dévoilent le visage caché de ces fabuleux contes de fées modernes. Déjà, l’année passée, l’hospitalisation de Kate Moss et de Naomi Campbell suscitait maintes interrogations, et les raisons invoquées ont été loin de convaincre que seul le surmenage était la cause de leurs malaises. Le reportage en question révèle que les jeunes recrues, souvent âgées d’une quinzaine d’années, font souvent l’objet d’une exploitation sexuelle discrète mais parfaitement orchestrée. Le journaliste britannique n’hésite pas de nommer des dirigeants des plus célèbres agences de mannequins européennes, ayant aussi des branches aux États-Unis. L’un d’entre eux raconte au cours du reportage sa stratégie pour convaincre les jeunes modèles à lui prêter leurs faveurs. Dans une séquence de l’émission, la secrétaire d’une agence parisienne reconnaît fournir elle-même des stupéfiants à un mannequin afin de pouvoir contrôler ses doses. Après la diffusion de ce documentaire, quatre responsables de l’agence Elite ont été suspendus de leurs fonctions. Le président de l’agence, John Casablancas, a présenté ses excuses aux mannequins et à leur famille, assurant que toutes les mesures nécessaires seront prises pour que de semblables accusations ne puissent jamais plus être adressées à l’agence. Le lendemain de la diffusion de l’émission, une «enquête intime» fut ouverte par Elite, l’agence en question. Entre-temps, les méthodes utilisées par Donald Maclutyre (caméra et magnétophones cachés) tombent, en France, sous le coup de la loi dont l’article 226-1 stipule qu’on peut être condamné pour avoir enregistré ou transmis, sans le consentement de leur auteur, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel. Ce qui signifie que les agences françaises mises en cause pourraient intenter un procès contre la BBC, dans la mesure où les enregistrements ont eu lieu en France. La législation britannique est loin d’être aussi stricte en matière d’atteinte à la vie privée et à la liberté d’expression. De son côté, le président de l’Union nationale française des agences de mannequins n’a pas hésité à déclarer que les agences françaises mentionnées dans le reportage de la BBC ne faisaient pas partie de son institution. «Ça fait des années, déclare-t-il, que nous crions au scandale. Ces agissements portent préjudice à notre profession, mais à chaque fois on étouffe. Il était temps de donner un coup de pied dans la fourmilière». Témoignant sur les problèmes de drogue et de harcèlement récurrent dans le milieu des mannequins, le président de l’Union national poursuit : «Nous recevons sans arrêt à l’Union des gamines en pleurs, mineures pour la plupart, et qu’on fait venir en France avant de les abandonner en pleine rue». Mais Milan, outré par les révélations du reportage, reproche à Londres d’avoir voulu ternir sa réputation de capitale de la mode par le biais des révélations faites dans le document projeté... La présidente du syndicat français des mannequins, par contre, se félicite qu’on réagisse enfin. «Elite est la plus grande agence au monde, elle a usé de sa réputation pour abuser de filles sans défense», déclare-t-elle.
Plumes, lumière, musique... Les défilés de ces superbes créatures mettant en valeur les créations des couturiers font rêver les foules. Mais voilà que la BBC de Londres vient de jeter un gros pavé dans cette mare scintillante. Diffusé le 23 novembre passé sur les écrans de la télévision britannique, un reportage du célèbre journaliste Donald Maclutyre faisait éclater le monde de la mode et ses clichés idylliques. Se faisant passer pour un photographe de mode, ce reporter a réussi à s’introduire, une année durant, dans le milieu des mannequins. Bardé de magnétophones miniaturisés, dissimulés, et d’une caméra, il a investi les coulisses des plus grandes manifestations de mode : en commençant par la Fashion Show de Londres. Par la suite vint le tour des plus grands défilés internationaux. Au cours de ce...