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Actualités - Chronologie

Vache folle L'ESB se transmet à l'homme, affirme des chercheurs

L’agent responsable de la maladie de la vache folle a également infecté des humains et provoqué chez eux une nouvelle forme de la maladie mortelle de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), selon un article d’une équipe de chercheurs anglo-américains. Dans la revue américaine «Proceedings of the National Academy of Sciences» (PNAS, Annales de l’Académie des sciences), ces scientifiques estiment que la possibilité qu’une «large part de la population du Royaume-Uni soit à haut risque doit être sérieusement envisagée». Les auteurs de l’article – parmi lesquels le prix Nobel Stanley Prusiner et les experts Robert Will et James Ironside – expliquent que les deux maladies, vache folle et Creutzfeldt-Jakob qui entraînent des dommages cérébraux mortels, sont bien causés par le même agent, des protéines connues sous le nom de «prions». Cette conclusion pulvérise le concept – déjà bien mis à mal – de la «barrière des espèces», supposée protéger les êtres humains d’une épidémie d’origine animale. La maladie de la vache folle, connue aussi sous le nom scientifique d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), rend poreux le cerveau des animaux malades qui prend la forme d’une éponge. L’animal commence par perdre toute notion de l’équilibre, est pris de démence et finit par mourir. Les scientifiques de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) et de l’unité britannique de surveillance de la MCJ, basée à Edimbourg (Ecosse), ont d’abord créé une lignée de souris porteuses des gènes servant à contrôler des prions. Dans un premier temps, une partie de ces souris a reçu des injections de prions prélevés sur des bovins malades et, au bout de 250 jours, les rongeurs ont à leur tour développé la maladie. Un deuxième groupe de souris a alors reçu des injections de prions provenant du premier groupe de souris. Ces rongeurs sont eux aussi tombés malades, virtuellement dans le même laps de temps. Enfin, la troisième expérience a consisté à injecter aux souris des prions prélevés sur des êtres humains atteints de la nouvelle forme de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, suspectée d’être liée à la maladie de la vache folle. Résultat : le nouveau variant de la MCJ a présenté la même durée d’incubation chez ces souris que celui de la maladie de la vache folle et a provoqué dans le cerveau le même type de dommages. Ces observations font dire aux chercheurs que la maladie humaine et la maladie animale sont «interchangeables» et que la barrière entre espèces ne joue aucun rôle protecteur. Plus étonnant encore, selon les chercheurs, il est impossible de faire la distinction entre les prions provenant de cerveaux humains et ceux prélevés sur des bovins malades. «Le fait que, chez des souris transgéniques, les nouveaux variants de la maladie de Creutzfeldt-Jakob reproduisent si précisément les propriétés des prions de la maladie de la vache folle constitue un argument de poids en faveur de l’existence d’un lien» entre ces deux maladies, écrivent les auteurs. Ce lien avait déjà été évoqué, «mais, ajoutent-ils, les résultats présentés ici soulèvent une plus grande inquiétude, celle qu’une large partie de la population du Royaume-Uni courre un risque considérable». Au Royaume-Uni, plus de 175 000 bovins ont été atteints par la maladie de la vache folle et 48 personnes ont été touchées par la nouvelle forme de MCJ. Un cas a aussi été identifié en Irlande et deux en France. Les scientifiques soulignent qu’outre des bovins détectés, un nombre inconnu d’animaux ont probablement été exposés aux prions, mais ont été abattus avant de présenter des signes de maladie et pourraient être entrés dans la chaîne alimentaire. «Compte tenu de l’énormité de la population bovine affectée, un moyen de détection du risque dans la population humaine est primordial et des tests plus sensibles doivent impérativement être mis au point», estiment les chercheurs. Les scientifiques suspectent que les bovins ont été contaminés en consommant des farines animales fabriquées à partir de carcasses de moutons parfois atteints de leur propre forme de maladie de la vache folle, la tremblante du mouton.
L’agent responsable de la maladie de la vache folle a également infecté des humains et provoqué chez eux une nouvelle forme de la maladie mortelle de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), selon un article d’une équipe de chercheurs anglo-américains. Dans la revue américaine «Proceedings of the National Academy of Sciences» (PNAS, Annales de l’Académie des sciences), ces scientifiques estiment que la possibilité qu’une «large part de la population du Royaume-Uni soit à haut risque doit être sérieusement envisagée». Les auteurs de l’article – parmi lesquels le prix Nobel Stanley Prusiner et les experts Robert Will et James Ironside – expliquent que les deux maladies, vache folle et Creutzfeldt-Jakob qui entraînent des dommages cérébraux mortels, sont bien causés par le même agent, des protéines connues sous le nom de...