L’avantage stratégique dont dispose Israël face à ses voisins arabes lui permet de prendre un «risque calculé» en restituant le plateau du Golan à la Syrie, selon un rapport du Centre Jaffee d’études stratégiques de l’Université de Tel-Aviv, publié hier. «Le rapport de forces entre Israël et la Syrie lui permet de prendre un risque calculé dans les négociations de paix», estime ce rapport. «Ce risque consiste à accepter qu’Israël ne soit plus présent sur le Golan», conquis en juin 1967 et annexé en 1981, a estimé le directeur du Centre, le professeur Shaï Feldman, lors d’une conférence de presse à Tel-Aviv. «La situation stratégique (très favorable) d’Israël lui donne une possibilité de progresser dans le processus de paix», a-t-il souligné, estimant qu’Israël devrait garder cet avantage encore plusieurs années. Israël et la Syrie ont repris la semaine dernière à Washington leurs pourparlers de paix, après pratiquement quatre ans de gel. M. Feldman a estimé qu’en cas de retrait du Golan, Israël aurait besoin d’une aide militaire d’un montant de 10 milliards de dollars, pour améliorer ses positions, son armement et ses capacités de riposte rapide, après la perte de cette région stratégique. Il a énuméré plusieurs raisons pour lesquelles Israël dispose d’une supériorité militaire sans précédent sur Damas et d’autres ennemis potentiels au Proche-Orient. D’une part, Israël jouit d’une avance technologique très nette, illustrée par sa capacité de développer des armes aussi sophistiquées que des missiles antimissiles Hetz (Arrow) en coopération avec les États-Unis. D’autre part, les adversaires d’Israël souffrent d’une série de handicaps : – La Syrie et les autres pays arabes qui s’équipaient en ex-URSS n’ont pas trouvé de fournisseurs d’armes de substitution. – Les pays arabes ne disposent pas des fonds nécessaires à l’amélioration de leurs forces. – L’Irak est encore soumis aux sanctions internationales et n’est pas en mesure de reconstruire sa machine militaire. – Les éléments islamiques extrémistes ont été stoppés, en particulier en Égypte et en Jordanie. – Le développement par les pays arabes de moyens non conventionnels chimiques ou nucléaires a été moins rapide que prévu. Selon le Centre Jaffee, la Syrie n’a en outre pas acquis de nouveaux avions depuis le milieu des années 1980, et son système de défense antiaérien souffre des mêmes carences. Elle aligne seulement 22 avions de combat de première qualité contre 340 pour Israël. La marine syrienne serait en outre devenue obsolète, tant pour ses bâtiments de surface que pour ses sous-marins. Enfin, le Centre Jaffee souligne que la Syrie n’a pas modernisé ses forces terrestres depuis une décennie, à quelques exceptions. Il relève toutefois la modernisation par l’Ukraine de 200 chars syriens d’un vieux modèle soviétique T-55 MV et l’achat auprès de la Russie de 1 000 missiles antichars de type Kornet d’une portée de 5,5 km. Selon un autre expert du Centre, le général d’aviation de réserve Shlomo Brom, Israël et l’Égypte sont les seuls pays du Proche-Orient qui réussissent à moderniser sérieusement leurs armées. «À l’exception de la Syrie, les voisins arabes d’Israël ne sont plus fortement motivés pour entrer en conflit avec Israël», a relevé ce spécialiste. Selon le Centre, l’armée israélienne aligne 633 000 hommes, dont 445 000 réservistes. Elle dispose de 3 895 chars de combat dont 1 210 ultramodernes, de 624 avions de combat et de 289 hélicoptères dont 136 d’assaut.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’avantage stratégique dont dispose Israël face à ses voisins arabes lui permet de prendre un «risque calculé» en restituant le plateau du Golan à la Syrie, selon un rapport du Centre Jaffee d’études stratégiques de l’Université de Tel-Aviv, publié hier. «Le rapport de forces entre Israël et la Syrie lui permet de prendre un risque calculé dans les négociations de paix», estime ce rapport. «Ce risque consiste à accepter qu’Israël ne soit plus présent sur le Golan», conquis en juin 1967 et annexé en 1981, a estimé le directeur du Centre, le professeur Shaï Feldman, lors d’une conférence de presse à Tel-Aviv. «La situation stratégique (très favorable) d’Israël lui donne une possibilité de progresser dans le processus de paix», a-t-il souligné, estimant qu’Israël devrait garder cet avantage...