La Champagne est allée jusqu’au bout de ses réserves pour permettre au monde entier de pouvoir entrer sans la moindre fausse note dans l’an 2000 : plus que jamais le champagne, le vin fou par excellence, reste synonyme de fête. Les premières projections de ventes pour l’année 1999, de janvier à décembre, montrent que les ventes s’établiront aux alentours de 315 à 320 millions de bouteilles, soit une progression de 13 à 15 % par rapport à l’an dernier : tous records battus. Il apparaît dès à présent que les principaux acteurs de la mise en bouteille d’un des vins les plus prestigieux du monde ont su se préserver des principaux écueils qui les guettaient. Ils ont pu tout d’abord éviter une «surchauffe» des prix à la consommation, par une prévision à moyen terme de la «bulle» du millénaire. Les analystes soulignent qu’une partie des 292 millions de bouteilles vendues l’an dernier constituait déjà une «anticipation 2000», notamment à l’étranger, en partie grâce aux mises en garde commerciales des Champenois à leurs clients. À la sortie des caves, les principales maisons ont, à la fois, limité l’augmentation de leurs prix (plus 6 % en moyenne) et «contingenté» leurs expéditions. Elles ont géré la rareté relative, limitant les accroissements de volume en fonction des commandes antérieures de chacun des clients. Tout au plus a-t-on assisté à une petite «flambée» de prix sur le vin dit «sur lattes», c’est-à-dire le champagne non identifié, vendu embouteillé, mais sans habillage et qui fait l’essentiel des «marques de vendeurs» (notamment les grandes surfaces). Ce champagne, marginal et à contre-courant de la politique de qualité de l’appellation, se vendait à la sortie de cave autour de 40 francs la bouteille en début d’année. Il se négocie en fin de campagne autour de 60 francs la bouteille. Mais au-delà, aidés du ciel, les Champenois ont su reconstituer leurs stocks entamés par ces ventes records, et ont «rentré» en septembre une exceptionnelle vendange, équivalant 330 millions de bouteilles, d’une qualité très remarquable. Il faut y voir le double effet d’une politique de progrès agronomiques de longue haleine, réaffirmée depuis la «crise» des ventes de 1992. Commercialement, cela permettra, à partir de 2003, de prolonger l’effet «millénariste» en vendant des millésimés 1999, dernière étiquette en «mille», qui iront garnir les caves «symboliques». Au-delà de la «bulle» de l’an 2000, et face à des concurrences multiples (Australie, Californie, Afrique du Sud, voire Espagne et Italie) de vins mousseux qui se sont lancés dans des démarches «qualitatives», la Champagne veut conforter son avantage de renommée et de qualité sur tous les marchés conquis. Premier client historique, le Royaume-Uni a progressé en 1999 de 43 % à plus de 18 millions de bouteilles, les États-Unis s’affirment bons seconds à près de 16 millions de cols (+77 %), la Belgique a augmenté ses achats de 26 %, comme l’Italie, mais le Canada a acheté près de 1,7 million de bouteilles faisant un bond de 149 % et que dire de Singapour (+461,5 % à plus de 1,5 million de bouteilles), des Pays Bas (+59 %) ou de l’Autriche qui progresse de 44 %.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Champagne est allée jusqu’au bout de ses réserves pour permettre au monde entier de pouvoir entrer sans la moindre fausse note dans l’an 2000 : plus que jamais le champagne, le vin fou par excellence, reste synonyme de fête. Les premières projections de ventes pour l’année 1999, de janvier à décembre, montrent que les ventes s’établiront aux alentours de 315 à 320 millions de bouteilles, soit une progression de 13 à 15 % par rapport à l’an dernier : tous records battus. Il apparaît dès à présent que les principaux acteurs de la mise en bouteille d’un des vins les plus prestigieux du monde ont su se préserver des principaux écueils qui les guettaient. Ils ont pu tout d’abord éviter une «surchauffe» des prix à la consommation, par une prévision à moyen terme de la «bulle» du millénaire. Les...