En dépit d’un état de santé déclinant, le président syrien Hafez el-Assad est comme à son habitude omniprésent, mais de loin, aux pourparlers de paix avec Israël. «Le deus ex machina de la négociation, côté syrien, est Assad», qui a chargé son ministre des Affaires étrangères Farouk el-Chareh de le représenter à Washington lors de la reprise des négociations, aux côtés du Premier ministre israélien Ehud Barak, a indiqué le journaliste britannique Patrick Seale, biographe du président syrien. À un journaliste qui demandait à Bill Clinton ce qui empêchait M. Assad – en tant que véritable chef de l’exécutif – de se rendre personnellement dans la capitale américaine, le président a répondu que cela ne voulait pas dire une absence de motivation de sa part. Hafez el-Assad est «très impliqué personnellement», a ajouté M. Clinton. «Assad a un style de gouvernement et de négociation qui lui est très propre. Ce n’est pas un Sadate, ni un Hussein, ni un Arafat. Il pense que les dirigeants peuvent se retrouver face-à-face seulement lorsqu’un accord est prêt à être signé», selon Patrick Seale. «C’est une carte qu’il ne veut pas jouer trop tôt car, à ses yeux, s’il y a désaccord à qui pourra-t-on faire appel ? C’est lui le juge de dernière instance. Il n’est certainement pas prêt à rencontrer Barak à ce stade», a ajouté le journaliste qui a été ces derniers temps une sorte d’ambassadeur personnel d’Assad. Pour Ghassan Salamé, directeur de recherches au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et professeur à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, «Assad a toujours tout géré personnellement et il continuera tant qu’il le pourra». Ceci ne veut pas dire qu’Assad ne fait pas entièrement confiance dans certains de ses plus proches collaborateurs, estime M. Seale. «Au contraire, souligne-t-il, Farouk el-Chareh a toute la confiance d’Assad, notamment en ce qui concerne le dossier du processus de paix dont il est officiellement en charge depuis des années». Cependant, poursuit-il, le président syrien «fait une grande distinction entre les décisions politiques et le côté technique de l’affaire. Il pense que les dirigeants doivent définir les grandes lignes et décider des grands choix politiques, en laissant à leurs subordonnés la charge de compléter les détails techniques». «Il n’en demeure pas moins qu’au-delà de la réunion préliminaire de Washington, Assad suivra le cours des pourparlers minute par minute», a ajouté M. Seale. Patrick Seale a ainsi raconté que Walid el-Mouallem, ambassadeur de Syrie à Washington qui dirigeait la délégation syrienne aux précédentes négociations, lui avait dit une fois avoir «envoyé à Assad quelque cinq ou six mille feuillets sur les pourparlers que son chef avait lus en détail». L’intérêt marqué du président syrien pour les négociations qui s’annoncent doit cependant s’accommoder de son état de santé déclinant. Malade depuis de nombreuses années, selon diverses sources, Hafez el-Assad a presque 70 ans, dont trente au pouvoir. «Il ne peut plus, comme dans le passé, travailler cinq ou six heures sans interruption», a affirmé un diplomate. Mais si son rythme de travail a changé, et si ses voyages se font encore plus rares qu’avant, le chef de l’État syrien continue avec une étonnante ténacité à recevoir des émissaires étrangers qui se sont multipliés depuis six mois dans la perspective d’une reprise des pourparlers de paix.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En dépit d’un état de santé déclinant, le président syrien Hafez el-Assad est comme à son habitude omniprésent, mais de loin, aux pourparlers de paix avec Israël. «Le deus ex machina de la négociation, côté syrien, est Assad», qui a chargé son ministre des Affaires étrangères Farouk el-Chareh de le représenter à Washington lors de la reprise des négociations, aux côtés du Premier ministre israélien Ehud Barak, a indiqué le journaliste britannique Patrick Seale, biographe du président syrien. À un journaliste qui demandait à Bill Clinton ce qui empêchait M. Assad – en tant que véritable chef de l’exécutif – de se rendre personnellement dans la capitale américaine, le président a répondu que cela ne voulait pas dire une absence de motivation de sa part. Hafez el-Assad est «très impliqué...