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Actualités - Chronologie

Football - Championnat de France La descente aux enfers de l'OM

Cinq jours après son cinglant échec en Ligue des champions face au Feyenoord Rotterdam (0-3), l’Olympique de Marseille a poursuivi sa descente aux enfers en sombrant dimanche à Saint-Etienne (1-5). Au centre de la commanderie, une trentaine de jeunes supporters marseillais se sont retrouvés piégés par l’annulation, lundi en dernière minute, de l’entraînement des joueurs phocéens. «On aurait aimé leur dire nôtre façon de penser, leur expliquer la honte qui est aujourd’hui la notre», affirme l’un d’eux. «Mais ils n’ont même pas le courage de venir nous rencontrer. Joueurs et dirigeants sont tous à mettre dans le même sac. Ce sont des mercenaires qui ne méritent pas l’argent qu’ils empochent». Dans la tourmente soulevée par l’humiliation vécue en terre stéphanoise, l’entraîneur Bernard Casoni a tenté dimanche soir de prôner «une patience et une tolérance» qui ne trouvent aujourd’hui guère d’écho auprès du public marseillais. «On a rapidement été mis KO par deux buts évitables. Mentalement, les joueurs ne sont pas prêts à redresser une telle situation», a déclaré l’entraîneur, réclamant de “l’indulgence” pour un groupe qui a «du mal à digérer tout ce qui s’est passé depuis le début de la saison». Encaissant quatre buts en moins d’une demi-heure, la défense marseillaise a une nouvelle fois étalé les faiblesses et les lacunes entrevues depuis le début du championnat. «On ne peut décemment pas évoluer en D1 en étant en danger sur chaque ballon en profondeur. C’est clair, il y a un gros problème d’incompréhension défensive», a reconnu Sébastien Perez. Pour l’entraîneur comme pour les joueurs, il s’agit désormais de «limiter la casse» avant la trêve par une victoire samedi sur Lens au stade Vélodrome. «Ce succès est impératif avant de partir en vacances. Si nous sommes des hommes, nous devons le montrer devant Lens», a confié le défenseur Lilian Martin. « Il est impératif de vendre » Coïncidant avec l’ouverture du Mercato, le second marché des transferts, la trêve devrait également être l’occasion pour le club marseillais de procéder à de nombreux changements. Une demi-douzaine de joueurs sont ainsi susceptibles de changer de maillot avant la reprise du championnat. Le mouvement a été amorcé par le départ de Fabrizio Ravanelli à la Lazio de Rome pour un transfert «financièrement positif» selon le président de l’OM Yves Marchand. D’après une source proche de la direction du club, le retour en Italie de l’attaquant marseillais a également permis «d’alléger la masse salariale» en transférant «le plus gros salaire de l’OM». Confronté à l’ouverture d’une information judiciaire pour éclaircir les modalités d’une demi-douzaine de transferts qui auraient été accompagnés de commissions occultes pour 31 millions de FF durant la saison 1997-1998, l’OM présenterait aussi des pertes estimées à «80 millions pour la saison suivante». «Pour recruter notamment dans le secteur défensif, il est impératif de vendre», a-t-on précisé de même source. Convoité par des clubs espagnols (Celta Vigo, Betis Seville, Valence) et anglais (Leeds), l’attaquant Florian Maurice a finalement choisi de demeurer à Marseille pour «préparer au mieux l’Euro 2000» auquel il espère toujours participer. Son compagnon à la pointe de l’attaque phocéenne, Christophe Dugarry, a aussi indiqué son désir de rester à l’OM malgré l’offre de Tottenham. Peu enclin à renouveler une expérience à l’étranger après ses échecs au Milan AC et à Barcelone, l’international français n’aurait toutefois pas complètement fermé la porte à un possible retour à Bordeaux où il a conservé de solides attaches. Le capitaine et meneur de jeu Robert Pires aurait pour sa part été approché par Arsenal tandis que l’international ghanéen Arthur Moses devrait prochainement effectuer un essai à Nottingham Forest. Les défenseurs Pierre Issa et Sébastien Perez pourraient également être placés sur la liste des transférables, plusieurs clubs notamment français se montrant intéressés par leur venue. Il en est de même pour l’attaquant Ibrahima Bakayoko qui ne fait pas partie des «priorités» du coach marseillais. Au rayon des arrivées, les dirigeants marseillais auraient noué des contacts avec le défenseur Franck Dumas mais attendraient de connaître avec exactitude la gravité de la blessure au coude que s’est donnée le libéro de Newcastle en coupe UEFA devant l’AS Rome. Les supporteurs ont honte de leur OM Le défenseur russe du Lokomotiv Moscou, Igor Cherevchenko, pourrait pour sa part effectuer prochainement un essai à l’OM. Dans l’immédiat, le club tâchera d’abord de rassurer ses supporters. Le président Yves Marchand a décidé de les rencontrer. De mémoire de Marseillais, c’est du jamais vu : s’il fallait encore une preuve que l’OM est en pleine crise, le départ des supporteurs marseillais en plein match contre Saint-Etienne serait la plus incontestable. L’image fera date dans les annales marseillaises : les supporteurs ont quitté le stade Geoffroy-Guichard, proprement écoeurés par la performance de leur équipe menée 0-3 en moins de 20 minutes, 0-4 à la mi-temps et finalement battue 1-5. «La honte» titrait lundi matin le quotidien La Provence. L’OM a connu dimanche un véritable naufrage, qu’une deuxième mi-temps moins affligeante et un but pour l’honneur ne suffiront pas à faire oublier. Une première faute personnelle du gardien Porato annonçait une nouvelle dérive collective, plus terrible que cinq jours plus tôt contre Feyenoord en Ligue des champions (0-3). Le fond que touche l’Olympique de Marseille depuis plusieurs semaines paraît à chaque fois plus lointain. La victoire contre Le Havre (2-0), au cours de la précédente journée, était la première depuis celle contre Strasbourg (4-1) le 30 octobre. Ont suivi depuis le 30 octobre : quatre nuls et autant de défaites dans toutes les compétitions, mais aussi la démission d’un entraîneur (Rolland Courbis), l’ouverture d’une information judiciaire sur les comptes passés du club et le coup de gueule d’un nouvel entraîneur (Bernard Casoni) contre ses joueurs. « Atteints mentalement » Le changement d’entraîneur, qui se voulait salutaire, n’a pour l’instant rien fait à l’affaire. Et le président Yves Marchand comprenait «complètement» la réaction des supporteurs : «Ils avaient un sentiment de honte». Casoni, dont les propos, au soir de la défaite contre Feyenoord, n’ont pas provoqué le sursaut escompté, réclamait cette fois de la «patience»: «Ce groupe a du mal à digérer tout ce qui s’est passé depuis le début de la saison». «Ils sont trop atteints mentalement». Peut-être est-ce pour protéger l’effectif que l’OM est allé se réfugier dans un hôtel de la région stéphanoise après le match et que son programme a été chamboulé lundi, le décrassage public annulé, comme les entretiens d’Yves Marchand avec les journalistes sur un plan de développement pour le club. Yves Marchand a promis une grande discussion entre dirigeants et joueurs dès le retour à Marseille. Lui aussi cherchait l’apaisement tout en affirmant son soutien à Casoni : «Les problèmes ne se règleront pas par des coups de gueule. Le mal est profond et, depuis quelques années, on a trop essayé de les régler superficiellement». Mais aujourd’hui, cet OM qui devrait prétendre au titre est 8e à 13 points de Monaco et a grandement hypothéqué ses chances de disputer les quarts de finale de la Ligue des champions. Pas de quoi ramener les abonnés du Vélodrome à de meilleurs sentiments. Après Lyon, Monaco: Bastia joue les terreurs Après Lyon deux semaines auparavant (3-0), c’est aux dépens de Monaco que Bastia a confirmé (1-0) son invincibilité à domicile, en même temps que son statut de tombeur de prétendant au titre. Pourtant, à la différence des Lyonnais, les Monégasques ne se sont pas rendus sans combattre. Au contraire, avant que Camara ne fasse basculer la rencontre, Monaco avait largement justifié son rang de premier du championnat. Jamais en fait depuis le début de la saison, les Corses n’avaient été plus ballottés que par l’équipe de la Principauté. Forts d’une série de huit matches sans défaite (sept victoires, un nul), les Monégasques ont manoeuvré à leur guise durant la majeure partie de la rencontre, plus précisément pendant 85 minutes. Solide en défense où Marquez a fait une fois encore admirer l’étendue de ses qualités, l’équipe monégasque l’a été plus encore au milieu. Là, Gallardo a été l’indéfectible maître à jouer que l’on connaît. Dominateur aussi bien dans les domaines technique que collectif, le premier du classement a également répondu présent au défi physique que voulait imposer Bastia. Au bout du compte, c’est Monaco qui a perdu, contre le cours du jeu, Bastia bénéficiant en fin de partie d’un soupçon de réussite. Mais Monaco s’est aussi incliné parce que les Bastiais n’ont jamais abdiqué. Les Corses ont compensé des moyens indéniablement moindres par une formidable résistance. Cette pugnacité de tous les instants a fini par payer contre des adversaires qui ont eu les occasions de gagner, mais ne les ont pas concrétisées et qui accusaient peut-être les fatigues des luttes européennes. Monaco, qui a été privé pendant une bonne partie du match d’un de ses deux meilleurs buteurs, David Trezeguet, a en effet manqué de réalisme. Ses attaquants se sont cassé les dents sur un Durand auteur d’un sans-faute. Et c’est au moment où il semblait se satisfaire du match nul que le leader s’est fait contrer. Mais Monaco battu après avoir tenu son rang, voilà qui donnait encore plus de prix à la victoire corse. Quant aux Monégasques, ils n’en conservent pas moins la tête du championnat et la défaite de dimanche ne paraît pas de celles qui remettent en cause le travail effectué jusqu’alors.
Cinq jours après son cinglant échec en Ligue des champions face au Feyenoord Rotterdam (0-3), l’Olympique de Marseille a poursuivi sa descente aux enfers en sombrant dimanche à Saint-Etienne (1-5). Au centre de la commanderie, une trentaine de jeunes supporters marseillais se sont retrouvés piégés par l’annulation, lundi en dernière minute, de l’entraînement des joueurs phocéens. «On aurait aimé leur dire nôtre façon de penser, leur expliquer la honte qui est aujourd’hui la notre», affirme l’un d’eux. «Mais ils n’ont même pas le courage de venir nous rencontrer. Joueurs et dirigeants sont tous à mettre dans le même sac. Ce sont des mercenaires qui ne méritent pas l’argent qu’ils empochent». Dans la tourmente soulevée par l’humiliation vécue en terre stéphanoise, l’entraîneur Bernard Casoni a...