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Actualités - Chronologie

Israël Les ultraorthodoxes partent en guerre contre l'immigration des goy

Exaspérés par la proportion grandissante de non-juifs parmi les immigrants de l’ex-URSS, les ultraorthodoxes ont engagé une campagne pour «préserver le caractère juif» d’Israël. «Des dizaines de milliers de goy (non-juifs) ont immigré en Israël et menacent le caractère juif du pays», titrait ainsi le dernier numéro de l’hebdomadaire Yom Le Yom, du puissant parti ultraorthodoxe Shass (17 députés sur 120 à la Knesset) membre de la coalition gouvernementale. Selon le ministère de l’Intérieur, sur un total de quelque 800 000 immigrants de l’ex-URSS venus s’installer en Israël durant les dix dernières années, 208 000 n’étaient pas juifs. De plus, cette proportion ne cesse de s’accroître, puisqu’elle serait maintenant de la moitié, selon le ministère. Les ultraorthodoxes s’en alarment et réclament une révision de la loi du Retour. Aux yeux de la loi israélienne, est considérée comme juive toute personne de religion juive ou de mère juive. Mais la loi du Retour accorde la nationalité israélienne non seulement à des juifs, mais aussi à leurs conjoints ou proches parents non juifs. L’enjeu est considérable. Pour les ultraorthodoxes, les non-juifs qui viennent s’installer en Israël – même les travailleurs étrangers, estimés à 250 000, qui y vivent temporairement – renforcent, en effet, la laïcisation du pays, un phénomène qu’ils combattent. Le débat lancé par les partis religieux a suscité dimanche un véritable esclandre lors d’une réunion du Conseil des ministres. «Theodor Herzl (le fondateur du sionisme) se retournerait dans sa tombe s’il apprenait que 50 % des immigrants venant s’installer dans l’État juif sont des non-juifs», a lancé le ministre de la Santé, le rabbin Shlomo Beniziri, membre du Shass, qui a proposé une révision de la loi du Retour. «Je ne permettrai pas qu’on touche à la loi du Retour. C’est le fondement de l’État. Aussi longtemps que je serai Premier ministre, il n’en sera pas question», a répliqué Ehud Barak en tapant du poing sur la table, selon les médias. La campagne contre l’immigration des non-juifs s’accompagne de prises de positions xénophobes. Le député Shmuel Halpert, de la Liste unifiée de la torah (LUT), a-t-il récemment soutenu que «des centaines de milliers d’immigrants non juifs risquent de devenir une cinquième colonne», provoquant des protestations indignées. Un rabbin du Shass est revenu un peu plus tard à la charge en dénonçant publiquement «la luxure et la dépravation de l’immigration» russe, suscitant un nouveau tollé. Il s’exprimait lors d’une manifestation publique contre la vente du porc, aliment interdit par la religion juive mais apprécié des immigrants d’ex-URSS, juifs ou non. «De tels propos sont carrément racistes», a déclaré le député Roman Bronfman, apparenté travailliste et lui-même originaire de l’ex-URSS. «Le fait que 50 % des immigrants ne soient pas juifs au regard de la religion et de l’État provient du fait que dans l’ex-URSS comme en Occident, il y a 50 % de mariages mixtes. Mais un État qui veut une immigration juive ne peut pas renoncer à eux», souligne-t-il. «Il est absurde que des gens qui n’ont qu’un grand-père juif et n’ont aucun autre lien avec le judaïsme puissent bénéficier de la loi du Retour», réplique le rabbin Abraham Ravitz, député de la LUT. Il a proposé de modifier la loi sur ce point précis, tout en se démarquant des attaques contre l’immigration de l’ex-URSS. Le juriste Claude Klein défend le même point de vue: «Tôt ou tard, il va falloir modifier la loi du Retour en amendant le paragraphe qui permet à des personnes qui n’ont qu’un grand-père juif d’en profiter».
Exaspérés par la proportion grandissante de non-juifs parmi les immigrants de l’ex-URSS, les ultraorthodoxes ont engagé une campagne pour «préserver le caractère juif» d’Israël. «Des dizaines de milliers de goy (non-juifs) ont immigré en Israël et menacent le caractère juif du pays», titrait ainsi le dernier numéro de l’hebdomadaire Yom Le Yom, du puissant parti ultraorthodoxe Shass (17 députés sur 120 à la Knesset) membre de la coalition gouvernementale. Selon le ministère de l’Intérieur, sur un total de quelque 800 000 immigrants de l’ex-URSS venus s’installer en Israël durant les dix dernières années, 208 000 n’étaient pas juifs. De plus, cette proportion ne cesse de s’accroître, puisqu’elle serait maintenant de la moitié, selon le ministère. Les ultraorthodoxes s’en alarment et réclament...