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Actualités - Reportages

(SPECIAL) Le crédit-auto : zoom sur les conditions et les coûts

Avec l’émergence sur le marché libanais, au début des années 90, du crédit à la consommation institutionnalisé, c’est surtout la formule crédit-auto qui a été très bien accueillie par les consommateurs, mais aussi par les concessionnaires qui ont reporté le risque qu’ils supportaient jusqu’alors sur la banque. Pourtant, si tout le monde s’accorde pour dire que l’achat à crédit est une aubaine, ceux qui savent exactement ce qu’ils payent et combien ils le payent ne sont pas nombreux. Une dizaine de banques du marché proposent aujourd’hui une formule de crédit-auto. Six de ces banques accaparent pourtant la plus grande part du marché: ABN Amro, Banque libanaise pour le commerce (récemment acquise par la Byblos Bank), British Bank, Byblos Bank, Banque Saradar, et Société Générale libano-européenne de banque. La plupart de ces banques ne vous accordent le crédit que pour l’achat d’un véhicule neuf, mais certaines acceptent de financer l’achat d’une voiture usagée, les conditions du crédit devenant, bien entendu, plus strictes. De manière simplifiée, la formule consiste à choisir votre voiture, choisir la banque auprès de laquelle vous voudriez obtenir un crédit, et présenter une demande de crédit via le concessionnaire. Une fois le dossier accepté, vous signerez une série de traites qu’il s’agira de rembourser auprès de la banque sous forme de mensualités. Le choix de la banque Contrairement à ce que pourraient vous affirmer les «salesmen» toujours trop anxieux de vendre, les conditions du crédit varient d’une banque à une autre et c’est au consommateur d’effectuer le bon choix après s’être renseigné auprès des banques du marché. En effet, les vendeurs auprès des concessionnaires de voitures prennent rarement la peine d’aider le client à choisir la banque qui lui accorderait un crédit-auto, sous prétexte que toutes se valent puisque, sous la pression d’une concurrence acharnée, elles proposent le plus souvent le même taux d’intérêt. Effectivement, le choix de la banque importe peu au concessionnaire qui, de toute manière, encaissera la totalité du prix de la voiture «cash», partiellement grâce à votre premier versement, et le reste via la banque qui accordera le crédit à l’acheteur. Une fois que les clés de votre voiture vous sont remises, le concessionnaire n’est plus concerné par l’opération de financement, que celle-ci se déroule bien ou mal. Bien entendu, il est généralement préférable de traiter avec votre banque habituelle, mais il arrive que celle-ci ne propose pas de crédit-auto. Le choix repose alors sur les conditions imposées par les banques qui le font. C’est là qu’il s’agit d’ouvrir grand les yeux. Les conditions du crédit et la procédure de A à Z L’âge de la voiture La plupart des banques proposant une formule de crédit-auto ne financent que l’achat de voitures neuves. Quelques-unes offrent une formule pour voitures usagées, notamment celles vendues par les concessionnaires et que ces derniers auraient «en reprise». Les conditions du crédit-auto usagée sont différentes. En général, les banques acceptent de financer l’achat de voitures dont le modèle date de 1990 ou plus. La durée de l’échelonnement Il dépend bien entendu de la volonté du client. Les formules proposées vont de 12 à 60 mois, selon les banques, pour les voitures neuves. Dans le cas d’une voiture usagée, la durée de l’échelonnement du paiement est inférieure et varie inversement à l’âge du véhicule; la majorité des banques proposent jusqu’à 36 mois de crédit pour les voitures «second hand». Le premier versement Pour les véhicules neufs, les banques exigent généralement que soit effectué un premier versement équivalent à 15% (parfois même 20%) du prix de la voiture, augmenté du montant de l’assurance sur la durée de l’échelonnement, et parfois même du coût de l’enregistrement du véhicule. Ce premier paiement se fait au concessionnaire. Certaines banques vont même jusqu’à proposer une formule de crédit sans premier versement, mais il semblerait que la formule n’ait pas été un succès parce qu’à un taux d’intérêt de deux points supérieur (généralement de 8,5%). Pour les véhicules usagés, le premier versement varierait entre 15% et 40% du prix de la voiture (augmenté de l’assurance et, éventuellement, des frais d’enregistrement). Les banques acceptent généralement de maintenir les 15% en premier versement sur des modèles allant de 1995 à 1999. Cette proportion peut aller jusqu’à 40% pour des modèles de 1990 ou 1991. Les frais d’enregistrement Jusque-là ils devaient être payés au comptant auprès du concessionnaire. Pourtant de plus en plus de banques et de concessionnaires acceptent d’intégrer les frais d’enregistrement au crédit. Ainsi, au lieu de débourser directement et entièrement le montant de l’enregistrement (à part un premier versement équivalent à 15% du prix du véhicule neuf augmenté du coût de l’assurance) il devient de plus en plus courant de l’ajouter au prix de la voiture et de l’assurance, avant de déduire les 15% représentant le premier versement. Notons que les procédures d’enregistrement sont généralement prises en charge par le concessionnaire pour éviter au client les méandres des services publics. Les concessionnaires embauchent d’ailleurs souvent une personne qui se charge des formalités d’enregistrement et de la «mécanique». Quant au coût d’enregistrement avancé au client, il comprend pratiquement toujours au moins une centaine de milliers de livres de trop, et qui auront servi à «accélérer» la procédure... Même les pots-de-vin se retrouvent donc ajoutés aux montants du crédit! L’hypothèque Imposée par toutes les banques du marché, elle est impérative et incontournable. Tout achat à crédit d’une automobile passe d’abord par une hypothèque du véhicule en faveur de la banque qui vous fait crédit. En effet, l’hypothèque est une garantie pour la banque en cas de non remboursement des traites. Par ailleurs, l’exécution des hypothèques est plus ou moins rapide (un à deux mois) et permet donc à la banque de récupérer ses fonds en minimisant ses pertes. Le coût de l’hypothèque est aux alentours de 11 pour mille du prix de la voiture. Il est généralement ajouté aux frais d’enregistrement et, par conséquent, soit entièrement payé cash, soit intégré au crédit, selon les banques. Quant à l’annulation de l’hypothèque, elle est possible une fois le crédit entièrement remboursé et que le propriétaire de la voiture obtient une quittance de sa banque. Le coût de l’annulation tourne aux environs de LL. 100000. Le taux d’intérêt Concernant les véhicules neufs, la concurrence sur le marché est telle que toutes les banques proposent le même taux d’intérêt («flat»): 6,5% annuels. Pour les voitures usagées, le taux d’intérêt varie entre 7,5% et 8,5%, selon les banques. Ces taux incluent les frais du dossier de crédit. En outre, le taux d’intérêt s’applique à tout montant dont le remboursement sera échelonné. Il n’est donc pas uniquement appliqué au prix de la voiture tel que celui-ci est affiché chez le concessionnaire, mais aussi au montant de l’assurance et, éventuellement, à celui de l’enregistrement et de l’hypothèque. Il est intéressant de noter que les formules de crédit-auto proposées par les banques du marché se basent sur des intérêts simples et non composés. Cela revient à dire que l’ensemble des intérêts dus sur la période de l’échelonnement est calculé d’avance et intégré aux mensualités stipulées sur les traites. En somme, les intérêts que vous payez ne diminuent pas au fur et à mesure que vous remboursez vos traites. Les documents exigés Ils ne sont généralement pas nombreux, et varient selon les banques. Dans tous les cas, les dossiers de crédit sont étudiés au cas par cas. Une copie de carte d’identité ou d’état civil figure toujours en tête de liste des documents exigés. En effet, certaines banques ne vous accordent un crédit que si vous appartenez à une tranche d’âge spécifique, par exemple celle de 18 à 55 ans. On vous demandera aussi, sûrement, une attestation de revenus. Certaines banques exigeront aussi de vous la certification, par une banque, de cette attestation. D’autres pourraient aussi exiger une preuve de domicile, à savoir une quittance d’électricité ou encore une attestation de la municipalité. Effectivement, certaines banques du marché ne sont prêtes à vous accorder un crédit que si vous habitez la région du Grand-Beyrouth. Il arrive aussi qu’on exige de vous l’ajout au dossier d’un garant, notamment si le montant de la mensualité dépasse le tiers de votre revenu déclaré. L’assurance-auto Pour l’écrasante majorité des banques, l’assurance-auto est une condition sine qua non pour le crédit-auto neuve. Par contre, toutes les banques proposant un crédit-auto usagée exigent une assurance. Dans ce dernier cas, il s’agit généralement d’une assurance tous risques ou perte totale. Que ce soit pour les voitures neuves ou usagées, il arrive très souvent que la banque impose le type d’assurance aussi bien que l’assureur. Ainsi, la majorité des banques exigent que les véhicules neufs soient assurés tous risques auprès d’une compagnie d’assurance du marché de leur choix. Mais cela ne va généralement pas à l’encontre des intérêts de l’acheteur, puisque celui-ci à toutes les chances d’obtenir, via sa banque, un taux d’assurance qu’il n’aurait pu obtenir individuellement. En effet, avec les «packages» qu’ils offrent aux assureurs, les banques obtiennent pour leurs clients des taux relativement favorables. Par contre, les contrats d’assurance proposés par les banques exigent un peu plus de vigilance de la part de l’acheteur que les taux d’intérêt qui sont particulièrement uniformisés sur le marché. En effet, les taux d’assurance et les franchises peuvent varier significativement d’une banque à une autre. Pour les assurances tous risques des voitures neuves, les contrats d’assurance proposés par les banques stipulent le plus souvent des franchises allant de $100 à $350. Les taux d’assurance proposés varient, bien évidemment, selon les compagnies d’assurance, mais aussi selon le montant de la franchise et la durée de l’échelonnement. Une moyenne indicative des taux pratiqués en ville pour une franchise de $150 serait la suivante: 3% du prix de la voiture pour un crédit d’un an, 5,3% pour 2 ans, 6,5% pour 3 ans, 7,9% pour 4 ans, et 9,2% pour 5 ans. Notons que le prix de la voiture pris en compte pour les calculs d’assurance est le prix affiché chez le concessionnaire, et non celui que le client a réellement payé suite à un rabais qui lui a été fait. Le remboursement prématuré Le taux d’intérêt appliqué au crédit étant simple, calculé à l’avance et intégré au montant des mensualités (toutes égales), le remboursement prématuré des traites engendre une «pénalité» pour le client. Ainsi, il ne lui sera pas possible de récupérer l’ensemble des intérêts qu’il aurait dû payer sur les traites remboursées prématurément, mais uniquement une partie de ces intérêts. Le principe derrière cette «pénalité» est celui de l’actualisation, qui signifierait qu’en fait, malgré les mensualités égales, l’intérêt payé sur la première traite est supérieur à l’intérêt payé sur les dernières traites. C’est pourquoi il existe très peu de cas de remboursements prématurés, surtout sur les traites à montant faible ou moyen (voitures moyen de gamme). Ainsi, selon l’exemple illustratif, une personne désirant acheter, à crédit, une voiture de prix nominal $21000, finira par payer environ 27% de plus que ce prix-là en échelonnant le paiement sur 4 ans, aux conditions actuelles du marché. Traduit au taux annuel effectif, le taux flat de 6,5% serait d’un peu plus de 13%. Coût de financement d’une voiture neuve: illustration Coûts Montants en $ Prix affiché de la voiture 21000 Prix obtenu 20500 Enregistrement + hypothèque 2000 22500 Assurance (7,9%, franchise $150) 1817 24317 Premier versement (15%) -3648 20669 Intérêts (6,5% l’an) sur 4 ans 5374 Total 26043 Mensualité 543 Durée de l’échelonnement: 48 mois; enregistrement inclus dans crédit.
Avec l’émergence sur le marché libanais, au début des années 90, du crédit à la consommation institutionnalisé, c’est surtout la formule crédit-auto qui a été très bien accueillie par les consommateurs, mais aussi par les concessionnaires qui ont reporté le risque qu’ils supportaient jusqu’alors sur la banque. Pourtant, si tout le monde s’accorde pour dire que l’achat à crédit est une aubaine, ceux qui savent exactement ce qu’ils payent et combien ils le payent ne sont pas nombreux. Une dizaine de banques du marché proposent aujourd’hui une formule de crédit-auto. Six de ces banques accaparent pourtant la plus grande part du marché: ABN Amro, Banque libanaise pour le commerce (récemment acquise par la Byblos Bank), British Bank, Byblos Bank, Banque Saradar, et Société Générale libano-européenne de...