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Actualités - Chronologie

Syrie Dialogues par mégaphones sur le Golan pour la fête des mères

Embrasser sa mère est impossible pour les étudiants originaires du Golan occupé par Israël. Lui souhaiter bonne fête est difficile : il faut se munir d’un mégaphone puisque quelque 300 mètres séparent les deux collines qui marquent la «frontière» entre la Syrie et Israël. Pour la fête des mères, qui tombe chaque année le premier jour du printemps et est un jour férié au Moyen-Orient, des dizaines d’étudiants accompagnés de leurs camarades sont venus à Aïn Tiné voir leurs mères restées de l’autre côté, dans cinq villages du plateau occupé par Israël depuis 1967. Sous une pluie battante, et par un froid vif, Ata Farhat, 26 ans, a attendu une heure que le brouillard se lève pour pouvoir apercevoir sa mère. Étudiant en littérature, il a patienté cinq ans avant d’être autorisé par les autorités israéliennes à partir pour Damas poursuivre ses études. Il éprouve un sentiment difficile à décrire. «Ma mère est près de moi mais je ne peux pas la prendre dans mes bras, c’est une consolation de lui parler», dit-il pourtant. Ata a vécu 22 ans à Bakaata (dans le Golan occupé) sans pouvoir rendre visite à sa famille en Syrie. «Cela fait quatre ans que je n’ai pas revu ma mère», assure-t-il. «À 16 ans, je suis resté une semaine en prison en Israël parce que j’avais brûlé le drapeau israélien», se souvient Ata. Mlle Ichtiak Ali, étudiante en psychologie, essuie ses larmes après une conversation par haut-parleurs avec sa mère. «Je n’ai rien à dire, je ne peux parler (normalement), elle me manque, c’est tout». Ichtiak est venue à Damas car «suivre des études en Syrie revient moins cher qu’en Israël». Amine Abou Jabal, étudiant en médecine, originaire de Majdal-Chams, principale localité du Golan, éprouve un mélange de joie et de tristesse : «Je suis près de mon village, je foule le sol du Golan et en même temps je ne peux pas offrir de cadeau à ma mère, lui embrasser la main, je n’entends que sa voix lointaine», se plaint-il. Madhat Saleh Saleh, 31 ans, originaire de Majdal-Chams, est devenu député au Conseil du peuple (Parlement) syrien. Il a passé 12 ans dans les geôles israéliennes (de 1985 à 1997). En avril 1998, «je me suis enfui en Syrie au risque de ma vie», affirme-t-il. Pour lui, l’occupation du Golan «est une véritable tragédie». Quelque 15 000 Syriens vivent dans le Golan occupé. Malgré l’annexion du plateau par Israël en 1981, ils ont refusé de prendre la nationalité israélienne.
Embrasser sa mère est impossible pour les étudiants originaires du Golan occupé par Israël. Lui souhaiter bonne fête est difficile : il faut se munir d’un mégaphone puisque quelque 300 mètres séparent les deux collines qui marquent la «frontière» entre la Syrie et Israël. Pour la fête des mères, qui tombe chaque année le premier jour du printemps et est un jour férié au Moyen-Orient, des dizaines d’étudiants accompagnés de leurs camarades sont venus à Aïn Tiné voir leurs mères restées de l’autre côté, dans cinq villages du plateau occupé par Israël depuis 1967. Sous une pluie battante, et par un froid vif, Ata Farhat, 26 ans, a attendu une heure que le brouillard se lève pour pouvoir apercevoir sa mère. Étudiant en littérature, il a patienté cinq ans avant d’être autorisé par les autorités...