Russie Un attentat en Ossétie fait 60 morts et 101 blessés
le 20 mars 1999 à 00h00
Un des attentats les plus meurtriers de la Russie post-soviétique a fait au moins 60 morts et 101 blessés à une heure de grande affluence vendredi sur le marché central de Vladikavkaz, la capitale d’Ossétie du Nord, dans le Caucase. Le Caucase russe est une région très agitée, minée par les conflits ethniques et les conséquences de la guerre de Tchétchénie, mais aucune piste n’était privilégiée vendredi soir par les enquêteurs. Selon le responsable du FSB (service fédéral de sécurité, ex-KGB) dans la région Vladimir Bezouglov, la bombe de fabrication artisanale avait une puissance équivalente à 10 kilos de TNT. Elle était posée à l’entrée de la partie couverte du marché près des étals de pommes de terre. «Il s’agit d’un acte terroriste sans précédent», a déclaré le porte-parole du représentant de Boris Eltsine en Ossétie du Nord, Lev Dzougaïev. M. Eltsine a immédiatement ordonné au ministre de l’Intérieur Sergueï Stépachine et au chef du FSB Vladimir Poutine de se rendre sur place. Le chef de l’État a présenté ses condoléances aux familles des victimes et demandé au Premier ministre Evgueni Primakov «de prendre toutes les mesures pour enquêter» sur cet attentat. Le président de la petite république de 8 000 km2, Alexandre Dzassokhov, a estimé que «cet acte criminel visait à ébranler la situation dans le Caucase du Nord», sans donner d’autre précision. L’Ossétie du Nord fait partie des républiques du Caucase russe, région très instable, considérée comme la plus dangereuse du pays depuis la fin de la guerre entre Moscou et la Tchétchénie indépendantiste en août 1996. Comme ses voisines tchétchène, ingouche et daguestanaise, elle est tiraillée par les luttes de pouvoir, les mafias et la criminalité. La république de quelque 660 000 habitants en majorité orthodoxes garde par ailleurs des relations tendues avec l’Ingouchie (dont la population est musulmane et très proche des Tchétchènes) depuis une guerre en 1992 qui a fait plus de 500 morts. Les deux républiques se disputent le territoire de Prigorodny, ingouche jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, puis attribué par Staline à l’Ossétie du Nord. Jeudi, au moins 10 000 Ingouches s’étaient rassemblés à Nazran, leur capitale, pour réclamer la restitution du territoire que Moscou (traditionnellement proche de Vladikavkaz) envisage sérieusement d’accorder définitivement à l’Ossétie. Le président ingouche, Rouslan Aouchev, n’a pas exclu un attentat politique et a appelé tous les représentants du Caucase du Nord à se réunir «immédiatement» pour discuter de la situation.
Un des attentats les plus meurtriers de la Russie post-soviétique a fait au moins 60 morts et 101 blessés à une heure de grande affluence vendredi sur le marché central de Vladikavkaz, la capitale d’Ossétie du Nord, dans le Caucase. Le Caucase russe est une région très agitée, minée par les conflits ethniques et les conséquences de la guerre de Tchétchénie, mais aucune piste n’était privilégiée vendredi soir par les enquêteurs. Selon le responsable du FSB (service fédéral de sécurité, ex-KGB) dans la région Vladimir Bezouglov, la bombe de fabrication artisanale avait une puissance équivalente à 10 kilos de TNT. Elle était posée à l’entrée de la partie couverte du marché près des étals de pommes de terre. «Il s’agit d’un acte terroriste sans précédent», a déclaré le porte-parole du...
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