Le dollar a beaucoup fluctué hier, à Beyrouth, malgré le statu quo apparent observé par la Banque du Liban (BDL) sur le marché libanais des changes. Celle-ci, en maintenant ainsi ses deux taux d’intervention entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Pourtant, les établissements de crédit ont procédé à la négociation du dollar à des cours supérieurs à ce taux moyen, tantôt entre 1 512,00 et 1 514,00 LL et tantôt entre 1 509,50 et 1 510,50 LL, passant par 1 510,00 et 1 512,00 LL, sans aucune intervention de la BDL, et ce au gré de l’évolution de quelques courants d’offres et de demandes, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, ces fluctuations ne se sont pas accompagnées d’un surcroît d’activité, avec un volume d’affaires toujours mince ne dépassant pas huit millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente. Dollar toujours vulnérable à l’étranger À l’étranger, l’euro a rebondi face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, repassant au-dessus de la barre de 1,10 dollar, après s’être complètement remis de la démission collective de la Commission européenne de Bruxelles la veille et en perspective de meilleurs chiffres économiques allemands aujourd’hui. Selon les cambistes, le marché a passé l’éponge sur la démission de la Commission et les investisseurs voient désormais ce changement comme un facteur positif pour l’euro à moyen terme. Rappelons que la devise européenne s’était repliée la veille jusqu’à 1,0825 dollar à l’annonce de la démission de la Commission de Bruxelles pour amorcer ensuite une reprise qui s’est prolongée jusqu’hier. Les experts attendent désormais avec optimisme la publication aujourd’hui du baromètre de l’Institut de conjoncture munichois IFO qui, selon des informations officieuses, devrait être meilleur que prévu. Cela étant, les cambistes tablent d’ores et déjà dans leur majorité sur un maintien en des taux d’intérêt dans la zone euro par la Banque centrale européenne (BCE) à l’issue de son conseil des gouverneurs aujourd’hui. De sont côté le yen a interrompu son mouvement ascensionnel face au billet vert, après des mises en garde des autorités japonaises contre une trop forte appréciation de la devise nippone qui ont fait craindre une intervention de la Banque du Japon. Quant au sterling, il s’est légèrement apprécié face au dollar, après la publication hier des derniers chiffres sur l’emploi au Royaume-Uni et sous l’effet de la publication des minutes de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. L’ensemble de toutes ces données ont conforté le sentiment que la Banque d’Angleterre ne devrait pas poursuivre sa politique d’assouplissement monétaire avant le mois de mai. Compte tenu de toutes ces considérations et eu égard à la publication du Livre beige de la Réserve fédérale (Fed) faisant état d’une croissance économique sans inflation aux États-Unis en janvier et février, excluant toute perspective de hausse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion du Comité de l’open market qui se tiendra le 30 mars, le dollar s’est négocié en baisse à New York, comme suit : – 1,10 pour un euro contre 1,0985, la veille. – 1,6305 pour un sterling contre 1,6285 – 1,7780 DM contre 1,7805 – 5,9635 FF contre 5,9700 – 1,4525 FS contre 1,4540 – 1760,25 lires contre 1763,65 – 118,20 yens contre 117,80 Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est davantage ressentie hier de la baisse des actions A de Solidere et de celles de la Banque européenne pour le Moyen-Orient (BEMO) dans une proportion plus grande que la hausse des actions des Ciments Libanais. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,31 % à 80,83 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a cédé 0,11 % à 190,38 points. Cette évolution s’est effectuée hier dans un marché dont l’activité a été nourrie par une application sur 100 000 actions de la Bank of Beirut, portant l’ensemble du volume des échanges à 248 046 actions d’une valeur globale de 1 714 252 dollars. Essoufflement de Wall Street Quant à Wall Street, elle s’est davantage éloignée hier du cap psychologique des 10 000 points franchi pour une brève minute la veille. De fait, il y avait hier plusieurs programmes de ventes prévus à l’approche de ce seuil comme cela se produit à chaque fois qu’on atteint des chiffres ronds. De plus, aucun élément statistique n’a été publié hier et les investisseurs n’ont guère été impressionnés par le Livre beige de la Fed qui a évoqué la poursuite d’une croissance économique sans inflation aux États-Unis déjà largement anticipée par le marché. Les opérateurs sont restés plutôt sensibilisés par les propos tenus la veille par le président de la Fed, Alan Greenspan, devant les banquiers de San Francisco, estimant qu’après huit ans d’expansion, «l’économie américaine semble écartelée dans plusieurs directions, ce qui implique des risques considérables dans un sens comme dans l’autre». En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles s’est affiché en préclôture sous les 9 900 points à 9 889,88 points, en baisse de 40,59 points sur la veille, après un plus haut à 9 960,71 points et un plus bas à 9 859,15 points. Le Bourses européennes succombent aux errements de Wall Street Les Bourses européennes ont presque toutes succombé mercredi aux errements de Wall Street au lendemain du franchissement de la barre historique des 10 000 points sur le Dow Jones. Mais à terme, elles devraient suivre Wall Street sur des territoires records cette année en dépit de l’incapacité de l’indice Dow Jones à se maintenir au-dessus de la barre fatidique des 10 000 points mardi, estiment les économistes. Wall Street a continué à faire la pluie et le beau temps partout, et notamment à la Bourse de Paris, qui a fini en légère baisse. «On ne sait pas bien où l’on veut aller. On n’a pas de grandes convictions et les clients non plus» résume, désabusé, un opérateur. Plusieurs statistiques américaines seront publiées aujourd’hui dont les prix à la consommation, la balance commerciale, le revenu des ménages et l’indice de la Fed de Philadelphie. Outre l’effet négatif de Wall Street, Londres a pour sa part subi des prises de bénéfices dans le secteur de la télécommunication et le compartiment bancaire. Londres a perdu 0,99 %, Paris 0,39 %, Francfort 0,56 %, Amsterdam 0,12 %, Bruxelles 0,17 %, Milan 0,22 % et Madrid 0,93 %, tandis que les valeurs suisses, seules en hausse, ont gagné 0,18 %. Parmi les indices européens, le DJ Euro Stoxx 50 a cédé 0,49 %, le FISE Eurotop 300 0,75 %, le DJ Stoxx 0,72 % et le MSCI Pan-Euro 0,84 %. Pressions sur les bancaires et les télécoms Aux banques, Dresdner a abandonné 4,4 % à Francfort sur des prises de bénéfices après avoir grimpé à la faveur de la double OPF de la BNP sur la Société Générale et Paribas. Celles-ci ont peu varié à Paris au lendemain de la recevabilité d’OPF de la BNP. À Milan, les bancaires sont restés sous pression avant le conseil d’administration de la Comit jeudi dont on anticipe l’annonce de sa fusion avec Banca di Roma. Un membre du conseil d’administration d’Unicradito a de son côté dit espérer une alliance avec la Comit. À Madrid, le compartiment bancaire a tiré l’ensemble du marché en baisse sur des prises de bénéfices après avoir récemment progressé dans l’espoir de fusions. Argentaria et BBV ont perdu respectivement 2,09 % et 2,08 % après avoir dit chacune mardi qu’elles n’étaient actuellement pas engagées dans des discussions avec une autre banque espagnole. Dans le secteur automobile, Renault a abandonné 6,16 % à Paris, pénalisé par la crainte qu’il ne paie trop cher son ticket d’entrée dans Nissan. BMW dont on attend les résultats mercredi a gagné 2,74 % à Francfort. Fiat, avec qui Mitsubishi a annoncé mardi discuter, parmi d’autres, sur d’éventuelles alliances technologiques, s’est adjugé 1,44 %, puis a fini en repli de 0,0320 euro à 2,9550. Aux télécommunications, France Télécom, qui a annoncé après la clôture un résultat très légèrement supérieur aux attentes à 15,1 milliards de FF contre un consensus de 14,65 milliards, a fini en repli de 1,42 % à 76,50 euros. Tokyo : au plus haut depuis juillet 98 La Bourse de Tokyo a connu mercredi une troisième séance consécutive de hausse, à la faveur d’achats à bon compte réalisés par des investisseurs non résidents après le record en séance atteint à Wall Street. Ces achats ont stimulé l’appétit des investisseurs nippons, ce qui a permis au marché de surmonter les prises de bénéfices qui l’avaient fait reculer le matin. L’indice Nikkei a gagné 195,29 points, soit 1,22 %, à 16 268,11, sa meilleure clôture depuis le 31 juillet 1998. Après un creux de 15 977,87 points le matin, il a fini à un cheveu de son plus haut du jour de 16 269,20 touché en fin de séance. Le contrat juin sur Nikkei s’est adjugé 280 points à 16 160. «La Bourse japonaise va encore aller de l’avant, même s’il lui faut en même temps digérer des prises de bénéfices», prévoyait Shigeharu Shiraishi, de SG Yamaichi Asset Management. Les investisseurs accroîtront probablement la part des actifs nippons dans leurs portefeuilles, car les actions japonaises paraissent bon marché au regard des marchés européens et surtout de Wall Street, où le Dow Jones a brièvement franchi mardi le cap des 10 000 points, a-t-il expliqué.
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