Un bouquet de notes aux fragrances de la nuit. Rien que des nocturnes et cette pianiste au talent si sûr. Voilà un récital de rêve où la grâce de la musique balaie les tracas du quotidien. Avec Ewa Poblocka, l’auditorium du Bustan était ce soir-là sous le charme d’une atmosphère nimbée de rêverie. La public a savouré avec recueillement un programme où ont voltigé les «nocturnes» de John Field, Chopin et Fauré. Hommage à une forme de narration musicale, mais aussi pleine lumière sur un genre du répertoire pianistique abordé sous des angles différents. De John Field (1782-1837), pianiste virtuose, auteur pionnier de 12 «nocturnes» et qui est resté près de vingt ans à la cour de Russie, Ewa Poblocka a choisi d’interpréter cinq pièces (N5, 1, 13, 11 et 12), comme pour montrer la source même de cette narration pianistique qui a atteint ensuite son apogée avec Chopin. D’une texture fluide mais intense, d’une gravité souvent dramatique, ces «nocturnes» reflètent bien l’univers un peu sombre d’un homme rongé par l’alcoolisme et la maladie. Avec de liquescents chromatismes à la fraîcheur d’une eau de source. Des dix-neufs «nocturnes» de Chopin, Poblocka a sélectionné sept (op 72 n1, op 15 n3, op 48 n1, op 37 n2 et op 27 n1-2) qu’elle a interprétés avant et après l’entracte, intercalant entre eux la voix de Fauré. Un des sommets de la littérature pour piano, les nocturnes du prince du clavier sont bâtis sur une seule phrase agrémentée parfois d’idées accessoires ou d’une partie centrale différente. Ce sont des pièces libres, de forme et d’allure. Longue rêverie diaphane où les notes scintillent parfois comme des lucioles dans le velours de la nuit. Avec Ewa Poblocka, ce récital a été bien plus qu’une vivante et cloquante illustration des «nocturnes». On y a trouvé en effet, côté nocturnes, une dimension insoupçonnée, à la fois grave, dramatique, vaporeuse, impérieuse, nimbée d’irréel qui émeut et bouleverse. Seules une parfaite maîtrise du clavier et une sensibilité à fleur de peau contenue peuvent donner cette liberté, cette luminescence.
Un bouquet de notes aux fragrances de la nuit. Rien que des nocturnes et cette pianiste au talent si sûr. Voilà un récital de rêve où la grâce de la musique balaie les tracas du quotidien. Avec Ewa Poblocka, l’auditorium du Bustan était ce soir-là sous le charme d’une atmosphère nimbée de rêverie. La public a savouré avec recueillement un programme où ont voltigé les «nocturnes» de John Field, Chopin et Fauré. Hommage à une forme de narration musicale, mais aussi pleine lumière sur un genre du répertoire pianistique abordé sous des angles différents. De John Field (1782-1837), pianiste virtuose, auteur pionnier de 12 «nocturnes» et qui est resté près de vingt ans à la cour de Russie, Ewa Poblocka a choisi d’interpréter cinq pièces (N5, 1, 13, 11 et 12), comme pour montrer la source même de cette...
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