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Actualités - Communiques Et Declarations

Un rapport honteux, s'insurge Santer(photo)

Le président démissionnaire de la Commission européenne Jacques Santer s’est déclaré «choqué» par «la tonalité des conclusions» du rapport des sages sur les fraudes, tonalité qu’il «récuse», a-t-il dit mardi en conférence de presse. Il ne conteste pas l’examen fait par le comité de six cas d’irrégularités et du «favoritisme» reproché à l’ancien Premier ministre français Edith Cresson, dont il sort «blanchi». «Cela me donne la crédibilité nécessaire et la dignité pour achever mon mandat jusqu’à mon remplacement», a-t-il estimé. «Je suis choqué par la tonalité des conclusions du rapport que je récuse», a dit Jacques Santer qui est apparu combatif quelques heures après la démission collective de la Commission, mise en cause dans le rapport du comité des sages chargé d’enquêter sur les fraudes à l’exécutif bruxellois. Selon lui, le rapport donne de la Commission «et de ses fonctionnaires une image d’irresponsabilité généralisée, cette image est fausse». «J’aurais accepté des conclusions sur des cas d’espèces», a-t-il dit, estimant que celles du rapport «sont injustifiées dans leur forme rédactionnelle». «Nous n’acceptons pas que la Commission en tant que collège doive porter la responsabilité de fraudes, irrégularités et mauvaise gestion. Aucun de mes collègues ne peut l’accepter», selon M. Santer. «Affirmer à partir de quelques cas qu’il n’y a pas de gens responsables dans cette maison, c’est honteux», a-t-il affirmé. «Le rapport est déséquilibré et ses conclusions ne cadrent pas avec le corps» du texte, a affirmé M. Santer. «Je n’accepte pas qu’un bilan de quatre ans de travail soit ramené à six cas d’irrégularités dont quatre remontent à avant 1995» (date d’entrée en fonction de la Commission Santer), a-t-il ajouté. «J’aurais espéré que le comité apprécie à leur juste mesure les réformes très substantielles introduites par cette Commission depuis 1995 et le programme ambitieux» de lutte antifraude présenté en janvier par la Commission au Parlement européen, a dit M. Santer. La démission collective est «un acte politique», selon M. Santer. Comme elle s’y était engagée, la Commission «a pris ses responsabilités, même si elle juge le rapport déséquilibré». Toutefois, a estimé le président démissionnaire, une «crise peut être salutaire et j’espère qu’elle contribuera à rétablir un fonctionnement harmonieux des institutions». La rancœur de Jacques Santer a été partagée par deux autres commissaires, Karel Van Miert, chargé de la concurrence, et Yves-Thibault de Silguy, chargé de la monnaie unique. «Nous avons été pris au piège», a dit M. Van Miert, tandis que pour M. de Silguy, «ce qui est critiquable, c’est la généralisation et l’amalgame concernant la gestion de la Commission sur dix ans à partir de quelques cas individuels». «L’aspect fraude est bien moindre que ce que l’on voit dans bon nombre de pays membres de l’Union européenne. On ne peut pas couvrir d’opprobre l’ensemble des fonctionnaires européens», a-t-il ajouté.
Le président démissionnaire de la Commission européenne Jacques Santer s’est déclaré «choqué» par «la tonalité des conclusions» du rapport des sages sur les fraudes, tonalité qu’il «récuse», a-t-il dit mardi en conférence de presse. Il ne conteste pas l’examen fait par le comité de six cas d’irrégularités et du «favoritisme» reproché à l’ancien Premier ministre français Edith Cresson, dont il sort «blanchi». «Cela me donne la crédibilité nécessaire et la dignité pour achever mon mandat jusqu’à mon remplacement», a-t-il estimé. «Je suis choqué par la tonalité des conclusions du rapport que je récuse», a dit Jacques Santer qui est apparu combatif quelques heures après la démission collective de la Commission, mise en cause dans le rapport du comité des sages chargé d’enquêter...