Le dollar s’est stabilisé hier, à Beyrouth, dans un marché calme et équilibré de lui-même, mais dont la tendance continuait à être déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ainsi ses deux taux d’intervention entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. De leur côté, les établissements de crédit ont négocié le dollar légèrement au-dessus de ce taux indicatif, tantôt entre 1 509,00 et 1 511,00 LL et tantôt entre 1 508,00 et 1 510,00 LL au gré de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande sur cette monnaie, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté très restreint, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place. Dollar toujours vulnérable À l’étranger, la démission en bloc de la Commission européenne n’a eu qu’un effet passager sur l’euro qui, après s’être replié dans la matinée pour frôler le seuil de 1,08 dollar, n’a pas tardé ensuite à recouvrer tout le terrain qu’il avait perdu et d’en gagner davantage en se rapprochant de la barre de 1,10 dollar. Les nouvelles selon lesquelles la Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir demain son taux principal, celui du refinancement, à 3 % sont venues annuler l’effet de cette démission et redonner plus d’actualité aux placements en euro. L’annonce de nouvelles statistiques aux États-Unis, excluant toute surchauffe de leur économie et écartant toute perspective de resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) a également contribué à vulnérabiliser le dollar. À cet égard, les marchés ont fait état hier de la diminution de 0,6 % des mises en chantier de logement le mois dernier contre une augmentation de 1,1 % en janvier et du maintien de la hausse de la production industrielle à 0,2 % pendant la même période alors que le taux d’utilisation des capacités industrielles aurait reculé de 80,40 % en janvier à 80,30 % en février. Eu égard à toutes ces considérations et compte tenu aussi de l’engouement manifesté pour les actifs japonais, le dollar est resté vulnérable face au yen, ne bénéficiant que très passagèrement d’un courant de prises de bénéfices sur la devise nippone qui s’était installé sur le marché dans la matinée. C’est ainsi qu’à New York, la billet vert s’est négocié sur un ton faible, comme suit : – 1,0998 pour un euro contre 1,0935, la veille – 1,6285 pour un sterling contre 1,6225 – 1,7780 DM contre 1,7885 – 5,9645 FF contre 5,9985 – 1,4545 FS contre 1,4625 – 1 760,50 lires contre 1 769,90 – 117,75 yens contre 117,80. Bourse de Beyrouth : en net repli Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a continué de battre en retraite hier, affectée par la baisse des actions «B» de Solidere et de celles de la Byblos Bank ainsi que des Ciments libanais, dans un climat très calme et marqué par un statu quo sur le restant de la cote libanaise. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs cotées a reperdu, hier, 0,34 % à 81,08 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,21 % à 190,59 points. Toutefois, le courant d’affaires est demeuré assez mince, totalisant 160 174 actions d’une valeur globale de 244 962 dollars, dont 143 264 actions d’une valeur de 89 540 dollars. Wall Street : réduction des gains après avoir franchi les 10 000 points Quant à Wall Street, elle a éprouvé beaucoup de difficultés de s’orienter dans un sens déterminé, après avoir brièvement franchi à la hausse le seuil psychologique des 10 000 points pour la première fois dans son histoire avant de s’effriter sous le poids de prises de bénéfices. De fait, la Bourse américaine paraissait dopée par plusieurs annonces de fusions et acquisitions et des perspectives de résultats en hausse de sociétés, mais aussi par de nouvelles statistiques économiques excluant tout prochain resserrement de la politique monétaire de la Fed. Mais, après une intervention du président de la Fed, Alan Greenspan, devant des banquiers de San Francisco hier, dans laquelle il estimait que l’économie américaine était écartelée dans plusieurs directions, entraînant des risques considérables tant de surchauffe que de contraction, nombre d’opérateurs ont jugé devoir prendre leurs gains sur plusieurs sociétés américaines surtout celles qui sont vulnérables à cause de la chute de leurs ventes en Asie. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, qui avait bondi d’un plus bas à 9 926,58 points à un plus haut historique de 10 001,78 points, a affiché en préclôture 9 974,09 points, en hausse de 15,32 points sur la veille. Les Bourses européennes suivent sans enthousiasme Wall Street Sur le marchés boursiers européens, la fermeté de Tokyo et de Wall Street ont donné le ton, mais les places européennes sont retombées en voyant que le Dow ne parvenait pas à se maintenir au-dessus des 10 000 points. «Les investisseurs internationaux observent le marché américain et craignent qu’il soit surévalué par rapport au marché obligataire», a expliqué Gary Dugan (JP Morgan). «Certains ne croient pas que le marché américain puisse entraîner ses homologues européens beaucoup plus haut, d’autant qu’il risque plus de faire baisser les valeurs européennes que de les faire monter», a-t-il ajouté. Selon cet analyste, seule une série de statistiques économiques positives pourrait aider les valeurs européennes à aller de l’avant. À Paris, la Bourse a de nouveau buté sur le seuil des 4 200 points et finit quasi stable, les baisses des deux poids lourds que sont France Télécom et Pinault-Printemps Redoute ayant été compensées par la forte progression d’Axa. Le CAC 40 termine ainsi sur une très légère hausse (+0,03 %) à 4 186,35 points après un plus haut de 4 212,48 pts en séance. Le volume des transactions totalise 2,6 mds d’euros dont 2,1 mds pour les seules valeurs du CAC. «Ce marché est mou, sans punch. Il y a un manque de liquidités», souligne un market maker. France Télécom a reculé de 1,77 % à 77,60 euros à la veille de la publication de ses résultats 1998, victime de l’anticipation d’une stabilité de son bénéfice et de la faible valorisation retenue dans le cadre de la cession par l’allemand Veba de sa participation dans Cable & Wireless. Pinault-Printemps-La Redoute a perdu 3,72 % à 150,2 euros, la perte de Brylane réveillant les craintes du marché relatives à l’activité vente par correspondance du groupe. Axa a gagné 3,35 % à 126,5 euros avant la publication, jeudi, de ses résultats 1998 attendus en nette hausse par rapport à l’exercice précédent. Les banques se distinguent À Francfort, le Xetra Dax a gagné 1,21 % à et le Dax 1,30 % à l’issue d’une séance calme, mais les intervenants estiment que le marché est bloqué faute de nouvelles importantes. Trois titres se sont distingués : Lufthansa, qui enregistre la plus forte progression avec un gain de 5,61 % à 20,71 euros après avoir été désigné par le gouvernement thaïlandais comme l’une des trois sociétés encore en lice pour une prise de participation dans Thaï Airways International. Preussag a gagné 5,15 % à 492 euros après avoir annoncé qu’elle avait obtenu la feu vert pour vendre 50 % de sa filiale de construction navale au groupe de construction mécanique Deutsche Babcock AG. Hoehcst a reculé après avoir annoncé que la fusion avec le français Rhône-Poulenc pourrait avoir lieu plus tôt que prévu, le marché doutant des conséquences de cette décision sur le groupe allemand. À Londres, la tendance a été plus irrégulière et le FTSE 100 a fini en repli de 0,08 % à 6 201,9 dans un marché où les reculs l’ont emporté sur les avances dans une proportion de six pour quatre. British Telecom et Smithkline Beecham ont reculé faisant perdre à l’indice 13 points. Bonne tenue de la Bourse de Madrid, où l’Ibex-35 a progressé de 0,92 % à 10 213,9 points dans un marché peu étoffé où les banques se sont distinguées dans l’espoir de nouvelles fusions après le rapprochement de Santander et BCH, annoncé en janvier. Argentaria et Bankinter, les deux établissements les plus fréquemment cités, ont progressé de respectivement 2,89 % et 2,49 %. Par contre, les valeurs italiennes ont reculé dans un marché où les bancaires ont également tenu la vedette. L’indice Mib 30 a terminé sur un repli de 0,71 % à 36 806 points après avoir évolué entre +0,65 % et -0,71 %. Tokyo : le Nikkei repasse les 16 000 points La Bourse de Tokyo a gagné 1,86 % mardi pour signer sa première clôture au-dessus des 16 000 points depuis le mois d’août dernier. Le marché a bénéficié de la hausse du yen face au dollar, qui renforce les espoirs de redressement de l’économie japonaise après cinq trimestres consécutifs de croissance négative. Ces espoirs et le raffermissement du yen ont suscité des achats à bon compte de la part d’investisseurs non-résidents. L’indice Nikkei, qui avait déjà progressé de 290,74 points ou 1,88 % lundi, a encore pris 293,22 points à 16 072,82. Le contrat juin sur Nikkei a gagné 110 points à 15 880. «Le marché est porté non pas par des facteurs fondamentaux mais par le sentiment, de la part de non-résidents, qu’il y a un risque croissant à ne pas détenir d’actions japonaises dans leur portefeuille», a expliqué Kiyoshi Kimura, de Société Générale Securities. Pour Shigeru Yoshida, de Wako Securites, il y a un réel regain d’optimisme sur l’économie japonaise. «Les gens voient dans le raffermissement du yen la preuve que l’économie nippone sort de l’ornière», a-t-il dit. Le yen est monté mardi jusqu’à 117,28 pour un dollar, au plus haut depuis le 16 février. En fin de journée, il s’échangeait à 117,64/71 contre 117,55/60 lundi à New York, et, face à l’euro touché de plein fouet par la démission de la Commission européenne, il s’appréciait à 127,32/49 contre 128,65. L’optimisme retrouvé du marché boursier a été renforcé par des prises de positions d’analystes influents comme Alexander Kinmont, stratège de Morgan Stanley Dean Witter pour le Japon.
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