La demande du dollar s’est sensiblement contractée hier, à Beyrouth, laissant un certain excès d’offres sur le marché, dont la tendance est restée déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente de cette monnaie entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue à la faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Mais compte tenu de la contraction de la demande du dollar, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier pratiquement au-dessous du haut de la fourchette d’intervention de la BDL, pour la première fois cette année. Il a ainsi oscillé entre 1 510,00 et 1 512,00 LL, dans un volume d’affaires toujours mince, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, indique-t-on dans les milieux cambistes. L’euro et le yen en vedette A l’étranger, l’euro a accentué ses gains face au dollar sur les marchés des changes internationaux, à la fois en raison d’un rebond technique et d’un accès de faiblesse du billet vert vis-à-vis des autres principales devises, en particulier le yen. Bien qu’il n’y ait eu aucune nouvelle fondamentale, aucun changement de la situation économique européenne, aucune dégradation de la croissance américaine, la monnaie unique européenne a progressé sensiblement hier sur une vague importante de rachats de découvert qui pourraient prochainement la pousser au-dessus du seuil de 1,10 dollar, selon les analystes. Ceux-ci ont estimé aussi que l’euro est devenu injustement trop faible au goût des intervenants au lendemain de la publication des chiffres du chômage allemand meilleurs qu’attendu, ainsi que des chiffres de la confiance des ménages français. De plus, la devise européenne a profité d’un fléchissement du dollar par rapport aux autres grandes monnaies, fléchissement particulièrement marqué face au yen. Cette appréciation de la devise nippone est en partie fondée sur les bonnes performances du marché boursier de Tokyo, suggérant peut-être une amélioration de l’économie japonaise. La vigueur du yen face au billet vert est attribuée aussi au fait d’achats massifs de fonds d’investissement et d’importateurs japonais ainsi que des fonds spéculatifs américains (Hedge Funds). En outre, l’idée que la Banque du Japon serait très réticente à accroître de nouveau les liquidités sur le marché des capitaux a également agi en faveur du yen. Dans ce contexte, le sterling est parvenu aussi à grignoter du terrain face au dollar, soutenu par le budget britannique 1999/2000 présenté la veille par le chancelier de l’Échiquier, Gordon Brown, et fondé sur des prévisions de croissance. C’est ainsi que le dollar a dû renouer plus franchement avec la baisse hier, se négociant à New York comme suit : – 1,0945 pour un euro contre 1,0890, la veille – 1,6265 pour un sterling contre 1,6185 – 1,7870 DM contre 1,7960 – 5,9935 FF contre 6,0240 – 1,4590 FS contre 1,4670 – 1769,15 lires contre 1779,35 – 119,80 yens contre 121,00. Bourse de Beyrouth : nouvel accès de faiblesse des bancaires Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est davantage ressentie hier du nouvel accès de faiblesse des valeurs bancaires sous la conduite de la Banque Audi et de la BEMO (Banque européenne pour le Moyen-Orient), dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote, malgré le regain d’intérêt manifesté pour Solidere. En effet, l’indice général Lispi des valeurs libanaises cotées a reperdu hier 0,31 % à 81,08 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires, qui a cédé 0,43 % à 189,78 points. Quant au volume d’affaires de la journée d’hier, il s’est encore développé grâce aux échanges auxquels ont donné lieu les actions Solidere des deux catégories, avec 116 982 actions, dont 98 865 actions Solidere, d’une valeur globale de 942 342 dollars, dont 796 614 dollars sur Solidere. Wall Street : marché soutenu après un départ faible Quant à Wall Street, elle a été soutenue hier par les perspectives de maintien des taux d’intérêt aux États-Unis en l’état lors de la prochaine réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale fin mars, en raison de l’absence de pressions inflationnistes. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, qui avait présenté quelques signes d’essoufflement à l’ouverture, n’a pas tardé à renouer avec la hausse ensuite sur des rachats de couverture et des achats à bon compte, tenant compte hier des nouvelles positives sur la productivité américaine au dernier trimestre 1998, témoignant d’une croissance soutenue sans inflation. Il a bondi ainsi d’un plus bas à 9 675,72 points à un plus haut à 9 772,01 points, avant d’afficher en préclôture 9 760,08 points, en hausse de 66,32 points sur la veille. Les banques au secours des Bourses européennes La fermeté des banques, provoquée par l’offre publique d’échange (OPE) surprise de 37 milliards de dollars de la BNP sur Société Générale (SocGen) et Paribas, a permis aux marchés boursiers européens d’effacer une partie de leurs pertes mercredi. Cette reprise a également été facilitée par la bonne tenue de Wall Street qui gagnait environ 0,40 % à la clôture des Bourses européennes. La Bourse de Paris a clôturé en hausse de 0,06 %, comme celle de Londres, tandis que celle de Francfort finissait en baisse de 1,26 %, mais au-dessus de ses plus faibles niveaux. Société Générale et Paribas ont qualifié l’OPE de téméraire et d’hostile mais BNP dispose du soutien d’un gros actionnaire. «Cette transaction ne peut être qualifiée d’amicale. Cette triple alliance proposée par le président de BNP nous semble téméraire», ont estimé SocGen et Paribas dans un communiqué commun. Les transactions sur les trois titres ont été suspendues. Les valeurs financières, à l’image de la compagnie d’assurances AXA et de la banque CCF qui ont gagné près de 5 %, ont soutenu un marché parisien fragile. L’opération de la BNP augmente la possibilité que les banques allemandes se sentent obligées d’agir de même dans leur pays ou même avec des banques françaises pour renforcer leur position sur un marché pan-européen en croissance. «Certains Bourses étrangères se situent autour de leurs plus hauts historiques, mais l’environnement allemand est affecté par la politique, principalement la réforme fiscale», a déclaré un opérateur. Des entreprises allemandes ont menacé de transférer des filiales à l’étranger, en raison des contraintes exercées par le projet de réforme fiscale. Profitant du projet de mégafusion bancaire en France, la banque allemande Dresdner s’est adjugée 5,50 %. Des déclarations du président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, sur la faiblesse de l’inflation ont ramené le dollar sous les 120 yens et à un peu moins de 1,10 pour un euro. Alan Greenspan a estimé qu’il n’y avait aucun signe d’inflation et les investisseurs en ont conclu qu’un relèvement des taux d’intérêt n’était pas à l’ordre du jour. Tokyo : l’effet Sony tire la cote vers le haut La Bourse de Tokyo a de nouveau terminé en hausse de plus de 2 % mercredi, propulsée une fois de plus par l’effet Sony. «C’est l’effet Sony», a expliqué Shigemi Nonaka, gestionnaire de fonds de Sanyo Investment Trust Management Co. «On espère entendre d’autres annonces du même genre». L’indice Nikkei s’est adjugé 383,30 points, soit 2,54 %, à 15 480,00, son plus haut niveau depuis le 10 août 1998. Le contrat de mars a pris 350 points à 15 430. La relative stabilité du yen face au dollar a permis à plusieurs poids lourds du marché d’afficher de belles performances. Matsushita Electric Industrial a bondi de 6,13 % à 2 250 yens et TDK Corp 1,54 % à 9 260 yens. Sony s’est envolé à 11 850 yens, une hausse de 8,32 %. Sony a annoncé mardi un vaste plan de restructuration, qui prévoit la suppression de 17 000 emplois et la fermeture de plus de 20 sites de production d’ici mars 2003. Avec ses concurrents NEC, Toshiba et Hitachi, Sony est l’une des rares entreprises à mettre en place des mesures radicales pour rester compétitive et tenter de sortir du marasme économique. NEC a gagné 1,34 % à 1 287 yens, Toshiba 3,32 % à 840 yens et Hitachi 4,65 % à 848 yens. Les sociétés de courtage ont également terminé en forte hausse, encouragées par la progression actuelle du marché boursier, susceptible d’attirer davantage d’intervenants. Nikko Securities a bondi de 13,11 % à 440 yens et Daiwa Securities de 10,13 % à 598 yens. L’indice Topix de l’ensemble des valeurs de la première section a progressé de 24,96 points (2,15 %) à 1 187,47 et le Nikkei 300, de 5,34 points à 238,16. Le nombre de titres échangés a fortement augmenté par rapport à la veille à 982,76 millions contre 594,84 millions mardi.
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