Les autorités fédérales enquêtent pour déterminer si la Chine a dérobé des secrets nucléaires américains et s’en est servie pour améliorer son arsenal, ont révélé des responsables américains. «Il y a une enquête en cours pour déterminer s’il y a eu une conduite criminelle et nous continuons d’évaluer les implications pour la sécurité nationale», a déclaré David Leavy, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche. Selon d’autres sources au sein de l’administration, des agents fédéraux ont interrogé cette semaine un suspect qui pourrait avoir participé au vol de documents secrets au Laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, avant de les transmettre à Pékin. Le président Bill Clinton a été informé pour la première fois en 1997 de ce que des informations importantes avaient peut-être été dérobées au milieu des années 1980 par des agents chinois. «Informés de ces allégations, en 1997, nous avons pris différentes mesures pour améliorer la sécurité de manière systématique et complète», a dit David Leavy. Bien «qu’il ne puisse être exclu» que d’autres actes d’espionnage soient intervenus plus récemment, «nous avons pris de nombreuses mesures ces deux dernières années pour y mettre fin», a dit un responsable. Le New York Times écrit que la Chine s’est servie des secrets volés à Los Alamos pour mettre au point des ogives miniaturisées que l’on peut lancer sur des cibles multiples à partir d’un seul missile. Atteinte à la sécurité nationale La Chine a démenti dimanche ces allégations, jugeant l’article du quotidien «très irresponsable» et sans fondement. «J’ai remarqué que de tels articles sont récemment apparus, de temps à autre, aux États-Unis», a déclaré le chef de la diplomatie chinoise, Tang Jiaxuan. «Certaines personnes veulent empêcher les États-Unis de poursuivre les exportations de produits normaux de haute technologie vers la Chine. Je crois que cela ne sera pas bénéfique aux intérêts des États-Unis». L’ancien traqueur d’espions Paul Redmond, célèbre pour avoir démasqué l’espion soviétique Aldrich Ames, a déclaré au New York Times que le vol pourrait être lourd de conséquences. «C’est beaucoup plus grave pour la sécurité nationale qu’Aldrich Ames», a-t-il dit. L’espionnage n’a été détecté que lorsque la CIA a analysé les résultats d’essais nucléaires chinois et a relevé des similarités avec l’ogive miniature américaine la plus sophistiquée, la W-88, écrit encore le journal. En 1996, un suspect sino-américain a été identifié au laboratoire d’armes du département américain de l’Énergie à Los Alamos. Ce n’est que cette année qu’il a été soumis au détecteur de mensonge, un test auquel il a échoué, selon un responsable. Il n’a pas été arrêté. Des détracteurs de Bill Clinton cités par le New York Times ont affirmé que l’enquête avait traîné parce que les soupçons pesant sur les Chinois étaient apparus à un moment délicat pour la Maison-Blanche. En effet, le Congrès enquêtait alors sur le rôle de fonds étrangers dans la campagne présidentielle de 1996 et Pékin a été soupçonné d’avoir secrètement fait parvenir des fonds au Parti démocrate. Dans le même temps, l’administration Clinton s’efforçait de renforcer ses liens stratégiques et commerciaux avec la Chine. Selon le New York Times, un rapport secret d’une commission de la Chambre des représentants enquêtant sur une affaire distincte de transfert de technologie sensible à la Chine évoque cette affaire d’espionnage et il conclut que le vol de documents secrets a porté atteinte à la sécurité nationale. À la demande de la commission, présidée par le représentant républicain Christopher Cox, la CIA et d’autres agences ont ouvert une enquête approfondie pour évaluer ces dégâts, ajoute le journal.
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