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Actualités - Chronologie

Cinéma - Choix d'auteurs et commerce Les français tournent en anglais

De plus en plus de réalisateurs français, à l’instar de Michel Blanc ou Arnaud Desplechin, tournent leurs films à Londres, avec des acteurs anglais et en anglais, démarche inédite qui pourrait ouvrir plus grandes les portes des marchés anglo-saxons au cinéma français. Loin des superproductions hollywoodiennes du pionnier Luc Besson, Blanc comme Desplechin revendiquent leur volonté de tourner à Londres comme dictée par leur seul choix d’auteurs, sans considérations commerciales. La distribution de leurs films en Grande-Bretagne est néanmoins déjà assurée et ils ont de bonnes chances de bénéficier à leur tour de la relative popularité des films français au Royaume-Uni. 170 000 spectateurs ont vu «Ridicule» de Patrice Leconte, et les productions françaises occupent 2,2% de parts du marché britannique. Chiffre très bas en apparence, mais en progression régulière, et supérieur à celui de l’ensemble des autres films étrangers (à peine 1%). Les films français sont en troisième position, derrière le cinéma américain qui écrase le marché, avec 73% des entrées, et le film britannique qui réussit péniblement à préserver un quart de son marché. Michel Blanc vient d’achever à Londres le tournage de «The Wrong Blonde». «L’histoire d’un Français, un professeur de 45 ans, qui décide de changer de vie et de venir écrire un roman à Londres où il lui arrive pleins d’aventures», raconte Annabel Karouby, productrice exécutive. Pas de triche possible Daniel Auteuil, héros et seul Français du film, donne la réplique, en anglais, à l’Écossais Peter Mullan, prix d’interprétation masculine au festival de Cannes 1998, pour son rôle dans «My Name is Joe» de Ken Loach. «Le choix de s’expatrier était évident. Il s’agit d’un Français à Londres», explique Annabel Karouby. Coproduction entre Pathé Production UK et Renn, la société de production de Claude Berry, le film, d’un budget de 14 millions de dollars (15,8 millions d’euros), pourrait sortir à l’automne prochain. La diffusion en Grande-Bretagne devrait suivre rapidement. Mais selon la productrice, «rien n’est encore signé dans les autres pays», qui attendront le premier test de la sortie en France. Emballé par «Esther Khan», nouvelle d’Arthur Symons, poète et critique anglais mort en 1945, Arnaud Desplechin a choisi pour sa part de tourner en costumes une histoire qui se déroule dans le milieu du théâtre populaire londonien du début du XXe siècle. Le casting (70 acteurs, 2 000 figurants) ne réunit pratiquement que des anglophones, comme l’Américaine Summer Phoenix (sœur de River, mort en 1983). «On ne pouvait tourner qu’à Londres et en anglais, il n’y avait pas de triche possible. Ça se passe dans le milieu du théâtre populaire anglais, véritable institution anglaise pas vraiment connue en France», raconte Pascal Cocheteux, producteur du film (Why Not Production) avec l’Anglais Chris Curling, de Zephir Production. Le tournage, qui coûtera 7 millions de livres (11,5 millions de dollars, 10 millions d’euros), devrait s’achever d’ici la fin février et le film pourrait sortir sur les écrans à la fin de l’année. Patrice Chéreau s’est lui aussi déclaré intéressé par la perspective de tourner en Angleterre. Il travaille dans ce sens à l’écriture d’un scénario, mais le projet n’en est qu’à l’ébauche.
De plus en plus de réalisateurs français, à l’instar de Michel Blanc ou Arnaud Desplechin, tournent leurs films à Londres, avec des acteurs anglais et en anglais, démarche inédite qui pourrait ouvrir plus grandes les portes des marchés anglo-saxons au cinéma français. Loin des superproductions hollywoodiennes du pionnier Luc Besson, Blanc comme Desplechin revendiquent leur volonté de tourner à Londres comme dictée par leur seul choix d’auteurs, sans considérations commerciales. La distribution de leurs films en Grande-Bretagne est néanmoins déjà assurée et ils ont de bonnes chances de bénéficier à leur tour de la relative popularité des films français au Royaume-Uni. 170 000 spectateurs ont vu «Ridicule» de Patrice Leconte, et les productions françaises occupent 2,2% de parts du marché britannique....